Le SARM est présent dans du porc en épicerie

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La Presse canadienne
Édition du jeudi 20 mars 2008

Mots clés : porc, SARM, santé, Alimentation, Québec (province)

Une cuisson adéquate détruit la bactérie, assurent les chercheurs

Toronto -- Des chercheurs canadiens ont découvert la présence d'une bactérie résistante aux antibiotiques dans du porc acheté dans différentes épiceries au pays -- une découverte qui suscite des questions sur la façon dont cette contamination a pu se produire, à quelle fréquence elle survient et si cela a des implications pour la santé humaine.

Près de 10 % des échantillons de côtelettes de porc et de viande de porc hachée, achetés dans quatre provinces, contenaient le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), rapportait hier le docteur Scott Weese, dans une présentation à une conférence internationale sur les maladies infectieuses émergentes, à Atlanta, aux États-Unis. Il s'agit du premier cas confirmé de présence de SARM dans de la viande vendue au détail en Amérique du Nord. On n'a signalé qu'un très petit nombre de cas ailleurs dans le monde.

Une cuisson adéquate détruit la bactérie, aussi les experts ne craignent-ils pas l'empoisonnement par le microbe du staphylocoque doré, a dit le Dr Weese, un expert des zoonoses. Mais il se demande si les personnes qui manipulent des pièces de viande porteuses de la bactérie en surface ne pourraient pas, par inadvertance, se «coloniser» elles-mêmes. Les individus porteurs de la bactérie, que ce soit sur la peau ou dans les narines, courent un risque accru de développer une infection au staphylocoque doré. Cela va du furoncle difficile à guérir à la pneumonie et à la septicémie, qui peut être mortelle.

Le Dr Weese, un vétérinaire de Guelph, en Ontario, pense que si ceux qui manipulent la viande le font correctement, il ne devrait y avoir aucun danger. Mais le font-ils? Si quelqu'un touche à la surface d'une côtelette de porc puis se touche le nez, pourrait-il transmettre la bactérie de la côtelette à son nez?

Alors que les infections au SARM se propageaient auparavant uniquement à l'hôpital, on a noté, ces dernières années, des taux croissants d'infections chez des gens n'ayant pas été hospitalisés ou n'ayant pas pris d'antibiotiques.

L'augmentation substantielle des infections «acquises dans la collectivité», aux États-Unis -- une tendance qui s'observe aussi dans certaines parties du Canada -- pousse les scientifiques à chercher des explications à ce changement du mode d'infection. Mais il est encore trop tôt, selon le Dr Weese, pour conclure que la présence du SARM dans la viande pourrait jouer un rôle.

Il souligne qu'il n'est pas question pour lui d'arrêter de consommer du porc. «Je vais continuer à me laver les mains et à faire attention à la façon dont je manipule la viande. Et je pense que c'est tout ce qu'il faut faire.»


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