Message électoral

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Manon Cornellier
Édition du mercredi 19 mars 2008

Mots clés : Élection, Stéphane Dion, Parti libéral du Canada, Canada (Pays)

Tous les yeux étaient tournés vers le chef libéral Stéphane Dion lundi soir, au moment où les résultats des quatre élections complémentaires déboulaient sur les écrans d'Élections Canada. Tous les sièges lui appartenaient et il ne pouvait pas se permettre d'en perdre sans provoquer de nouvelles questions sur son leadership.

Il en a finalement perdu un, le moins sûr des quatre, celui le plus porté à changer de camp d'un scrutin à l'autre. Il a gagné sans aucune difficulté les deux circonscriptions torontoises en jeu mais a conservé par un cheveu le château fort de Vancouver Quadra. M. Dion n'est cependant pas le seul à devoir décoder le message contenu dans ses résultats. Le chef néo-démocrate Jack Layton, qui a vu son parti reculer au profit des verts dans trois circonscriptions et piétiner dans la quatrième, sera forcé de faire le même exercice.

Pour Stéphane Dion, la perte de Desnethé-Missinippi-Rivière-Churchill, en Saskatchewan, n'aurait pas vraiment fait de vagues s'il n'avait pas imposé sa candidate, l'ancienne ministre néo-démocrate provinciale Joan Beatty, aux dépens des aspirants locaux, dont David Orchard, qui croyait l'affaire dans le sac. La division qui a marqué la campagne libérale a permis aux conservateurs de reprendre un siège perdu en 2006. Le résultat n'aurait peut-être pas été différent avec l'un ou l'autre des candidats potentiels, mais en s'en mêlant M. Dion a permis qu'on lui fasse porter le blâme pour la défaite. Il doit aujourd'hui assumer sa part de responsabilité, comme il a dû le faire dans Outremont où, là encore, il avait imposé son candidat.

***

La dynamique en Saskatchewan était unique et très locale. Difficile d'en tirer des leçons pour le reste du pays. Le résultat dans Vancouver Quadra, par contre, équivaut à un avertissement pour les libéraux en ce qui a trait à la suite des choses en Colombie-Britannique. Rien ne peut être tenu pour acquis dans cette province pour le Parti libéral du Canada (PLC). La côte Ouest est reconnue pour ses courses à trois. Or le fléchissement libéral a beaucoup profité aux verts. Ils ont vu leur part du vote passer de 5,1 à 13,5 % alors que celle du NPD a chuté de 16,1 à 14,4 %. Voilà qui démontre qu'il y aura maintenant beaucoup de courses à quatre. De quoi brouiller totalement les cartes en plus de diviser davantage le centre-gauche de l'échiquier politique.

Les victoires torontoises confirment pour leur part la force des libéraux en Ontario, en particulier dans les villes, une force confirmée par deux sondages publiés hier. L'arrivée de Bob Rae et de Martha Hall Findlay permet en plus d'ajouter du muscle à l'équipe parlementaire de M. Dion. Les libéraux tiennent d'ailleurs beaucoup à opposer leur équipe «forte» à celle de Stephen Harper.

Cette carte a l'avantage de compenser pour l'image de faiblesse du chef. Mais pour que l'impression de force s'impose, il faut que tous les anciens aspirants à la direction du PLC évitent de donner prise aux rumeurs de grenouillage en vue de déloger Stéphane Dion. Le défi de ce dernier, d'ici les prochaines élections générales, sera de maintenir l'unité de son équipe et de s'assurer de la loyauté de ses puissants seconds.

Le bilan de ces élections complémentaires est donc mi-figue mi-raisin pour les libéraux, mais il n'est pas aussi dévastateur que certains le prédisaient. Dans quelques mois, on ne se souviendra que d'une chose, à savoir que les libéraux ont remporté trois courses sur quatre.

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En fait, si quelqu'un doit s'inquiéter, c'est davantage le chef du NPD, Jack Layton. Il a perdu du terrain dans trois circonscriptions et n'a gagné que des miettes en Saskatchewan. Dans Vancouver Quadra, il a reculé de deux points pour se retrouver avec moins d'un point d'avance sur les verts. Pis, il a dû céder le troisième rang aux verts dans Willowdale. Et c'est par la peau des dents qu'il a ravi le deuxième rang aux verts dans Toronto-Centre. Le NPD y a perdu cinq points alors que les verts en ont gagné 8,4.

Lors d'élections complémentaires, le vote de protestation contre les partis traditionnels est monnaie courante. Traditionnellement, le NPD engrange ce vote, comme on l'a vu dans Outremont l'automne dernier. Or les résultats de lundi laissent croire que les verts sont sur le point de supplanter le NPD comme véhicule pour exprimer ce rejet du statu quo.

Ce n'est pas de bon augure pour le NPD ni pour Jack Layton. Il s'agit d'un rejet de la stratégie adoptée depuis 2006, qui consiste à attaquer et à embarrasser les libéraux presque davantage que les conservateurs.

Les vrais gagnants de ces complémentaires sont, en un mot, les verts. Les conservateurs, eux, ont remporté un siège, mais deux sondages leur sont tombés dessus comme une douche froide hier. Réalisé pour la Presse canadienne, le sondage Harris-Decima met les deux principaux partis à égalité mais constate le recul des conservateurs au Québec et en Ontario. Publié par le Globe and Mail, le sondage de Strategic Counsel donne, quant à lui, une avance au PC mais constate son glissement au Québec et en Ontario. Or c'est dans ces deux provinces que les conservateurs doivent faire des gains pour rêver d'une majorité.

Cette nouvelle donne calmera-t-elle les ardeurs électorales des députés libéraux, qui en ont assez de s'abstenir, ou des néo-démocrates, plus prompts à voter contre le gouvernement? Ça reste à voir, mais ils ont intérêt à profiter du congé pascal pour se faire une idée, car les conservateurs ne leur laisseront pas grand temps pour y réfléchir. Comme s'ils rêvaient d'en découdre au plus tôt, les conservateurs ont indirectement mis leurs adversaires au défi de les défaire en annonçant, vendredi dernier, que les trois premières journées de travaux parlementaires qui suivront le congé pascal seront des journées d'opposition. Chaque parti aura la sienne. Or, selon le règlement, chacun peut forcer un vote sur la motion de son choix, y compris pour retirer au gouvernement la confiance du Parlement.

mcornellier@ledevoir.com


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"@ Yves Poitras de Lorraine Dubé - par Lorraine Dubé
Le mercredi 19 mars 2008 13:00

Ils ne peuvent pas perdre - par jacques noel
Le mercredi 19 mars 2008 09:00

Que le plus vert se lève! - par Yves Poitras
Le mercredi 19 mars 2008 07:00

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