Belgrade a soumis un projet de partition - L'OTAN place le nord du Kosovo sous sa férule
Mots clés : Violence, OTAN, Serbie (pays), Kosovo

Photo: Agence Reuters
Les policiers de l'ONU ayant déjà quitté les lieux, des soldats français, belges et espagnols sont seuls pour faire respecter l'ordre public dans la partie nord du Kosovo, où la population est dominée par des Serbes opposés à l'indépendance proclamée le 17 février par la majorité de souche albanaise.
«La KFOR a placé le nord [serbe] de Mitrovica sous "régime militaire"», a dit un représentant de la sécurité kosovare qui a requis l'anonymat.
«Nous n'avons pas organisé la loi martiale», a précisé le général Xavier Bout de Marnhac, commandant de la KFOR, lors d'une conférence de presse à Pristina. «Ce n'est pas dans notre intention, à ma connaissance, pour le moment», a-t-il ajouté. Il a toutefois prévenu que les émeutes de lundi avaient marqué le franchissement d'une ligne rouge inacceptable. «Nous n'allons pas tolérer cela. Ne nous mettez pas en position de le démontrer à nouveau», a-t-il dit.
Une colonne de militaires américains, certains en tenue anti-émeute, s'est déployée hier dans la partie sud de Mitrovica pour prêter main-forte, selon un soldat interrogé. Elle était stationnée dans le sud-est du Kosovo.
Au commissariat principal de Mitrovica, une trentaine de policiers serbes portant fourre-tout et gilets pare-balles sont passés devant des blindés belges surveillant les abords d'un parking.
«À la suite des événements d'hier [lundi], la KFOR a endossé la responsabilité du nord de Mitrovica et occupe le commissariat du secteur nord», a dit le capitaine Milija Milosevic.
Des véhicules de transport de troupes ont pris position aux points stratégiques de Mitrovica. Le pont principal de la rivière Ibar, qui sépare le secteur serbe (nord) du secteur albanais (sud), était barré par des barbelés et des conteneurs à ordures renversés.
Un policier ukrainien de l'ONU a succombé à ses blessures après les accrochages de lundi, qui ont fait suite à une opération de l'ONU et de l'OTAN visant à reprendre le contrôle du tribunal de Mitrovica, occupé depuis vendredi par des Serbes. Selon un responsable de l'ONU, l'Ukrainien avait reçu des éclats de grenade.
Des policiers polonais, français et ukrainiens ont aussi été blessés, certains grièvement.
Les violences de lundi ont mis en évidence les risques liés au projet de déploiement d'une mission européenne de police et de justice dans les deux prochains mois au Kosovo.
Un policier ukrainien de l'ONU a succombé à ses blessures après les accrochages de lundi, qui ont fait suite à une opération de l'ONU et de l'OTAN visant à reprendre le contrôle du tribunal de Mitrovica, occupé depuis vendredi par des Serbes. Selon un responsable de l'ONU, l'Ukrainien avait reçu des éclats de grenade.
Des policiers polonais, français et ukrainiens ont aussi été blessés, certains grièvement. Mais la KFOR, qui compte 16 000 hommes, a exclu d'assumer des tâches de police dans le nouvel État, fonction que les Nations unies sont censées déléguer à l'Union européenne.
Selon des sources diplomatiques, la Serbie a proposé ce week-end d'administrer les zones à majorité serbe du Kosovo, un plan qui conduirait à une partition de facto du nouvel État indépendant autoproclamé. La proposition a été présentée par le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, mais elle a été rejetée par les administrateurs des Nations unies.
Le chef adjoint de la MINUK, Larry Rossin, a confirmé hier que Samardzic, qu'il a rencontré ce week-end, avait présenté un document visant à établir un schéma de relations globales entre la Serbie et la MINUK. Mais il n'a rien dévoilé du contenu.

