Victoires en demi-teinte pour Dion
Mots clés : Bob Rae, Bob Rae, Ontario, Canada (Pays)
Vainqueurs prévisibles à Toronto, les libéraux ont eu des sueurs froides à Vancouver et ont été défaits en Saskatchewan

Photo: Agence Reuters
«Le leadership, c’est de savoir qu’on ne peut pas réussir seul, a ajouté M. Dion. On doit faire équipe avec les Canadiens. Je suis un joueur d’équipe et je suis un bâtisseur d’équipe. Et ce soir, c’est clair que j’ai une bien meilleure équipe que Stephen Harper.»
Bob Rae a ensuite livré un discours enflammé, au cours duquel les larmes lui ont même enroué la voix. «Les électeurs ont ce soir rejeté la politique de la peur et de la négativité de certains de nos opposants», a -t-il dit. Toronto Centre, a-t-il expliqué, «inclut les plus riches et le plus pauvres de ce pays, ceux qui sont ici depuis des générations et ceux qui sont arrivés la semaine dernière, les hétéros et les gais, les Noirs, les Bruns, les Jaunes, les Rouges, les Blancs, les professionnels et les ouvriers». Et cette victoire, a-t-il conclu, est la concrétisation d’une «coalition progressiste de partout au Canada de gens qui veulent rejeter la politique de la polarisation et de la division».
Avec 242 des 275 boîtes de scrutin dépouillées au moment de mettre sous presse, M. Rae avait 59 % des voix, tandis que le NPD en avait 13,9 %, le Parti vert 13,8 % et le Parti conservateur, 12,5 %.
Pour sa part, Martha Hall Findlay se réjouissait d’enfin rentrer à la Chambre des communes, par la porte de Willowdale. Elle n’en était pas à sa première tentative électorale. Mme Hall Findlay avait raté sa chance par quelque 600 voix en 2004 contre une certaine conservatrice nommée Belinda Stronach, dans une autre circonscription de la banlieue torontoise. Elle avait l’année suivante dû céder sa place à cette même Belinda Stronach devenue libérale. Puis, elle a échoué dans la course au leadership de 2006. Cette fois, c’est la bonne.
Avec 260 des 270 boîtes de scrutin ouvertes, elle avait engrangé hier soir 59,4 % des voix, contre 30 % pour la candidate conservatrice Maureen Harquall.
La partie a été plus serrée dans Vancouver Quadra, un siège d’ordinaire sûr pour le Parti libéral, mais que la candidate Joyce Murray a remporté par environ 1000 voix contre son adversaire conservatrice Deborah Meredith (36,9 à 31,6 %). Les libéraux détiennent ce siège d’ordinaire confortable depuis 1984.
Quant à la circonscription de Saskatchewan, Desnethé-Missinippi-Rivière Churchill, Stéphane Dion l’a perdue et risque d’ailleurs d’être fortement critiqué au sein de son parti à ce sujet au cours des prochains jours. Il avait insisté pour imposer une candidate, une député néo-démocrate provinciale, malgré la volonté des militants. Joan Beatty a perdu avec un écart important. Avec la quasi totalité des boîtes de scrutin dépouillées, le conservateur Rob Clarke l’a remporté avec 47,8 % des voix contre 31,4 % pour la libérale.
Le NPD s’écrase
Une donnée de ce scrutin jette par ailleurs un nouvel éclairage sur la récente animosité néo-démocrate envers les libéraux de Stéphane Dion. Le NPD a fait piètre figure dans les deux circonscriptions torontoises, arrivant coude-à-coude avec la Parti vert. Ainsi, dans Willowdale, le NPD a obtenu à peine 4,7 % contre 5,9 % pour le PV tandis que dans Toronto Centre, ce ne sont que 28 voix qui permettent au NPD de dire qu’il a devancé les verts (13,9 % des voix contre 13,8%). Ces chiffres confirment les données des récents sondages ontariens. Si le NPD se fait ainsi attaquer par les verts, ce sont plusieurs sièges ontariens qui pourraient être en jeu.
Dans Vancouver Quadra aussi, le NPD s’est fait chauffer les arrières par les verts: 16,2 % des voix contre 14,9%. Cet étonnant score de la formation d’Elizabeth May peut d’ailleurs expliquer celui, décevant, des libéraux: les Verts ont obtenu 10 points de plus que lors de l’élection générale de 2006, alors que les libéraux en ont perdu à peu près autant. Les conservateurs ont très légèrement amélioré leur performance.
Malgré tout, le parti de Stephen Harper faisait bonne figure hier soir. «Ce soir n’est pas victoire pour les libéraux», a lancé en entrevue téléphonique avec Le Devoir le ministre des Finances, Jim Flaherty.
Le taux de participation à ces élections partielles a été très bas: environ 24 %. Avec les résultats d’hier, les conservateurs ont désormais 127 députés à la Chambre des communes et les libéraux, 97, dont le président de la Chambre. Les néo-démocrates restent à 30 et le Bloc québécois, à 48 depuis le départ officialisé la semaine dernière de Maka Kotto, qui tentera sa chance sur la scène provinciale. Il y a quatre députés indépendants.
Il reste, après l’élection d’hier soir, deux sièges vacants, tous deux au Québec: celui de M. Kotto (Saint-Lambert) et celui de Lucienne Robillard (Westmount-Ville-Marie), partie officiellement en janvier dernier.
Vos réactions
@ Jacques Noel - par andré michaud
Le mardi 18 mars 2008 15:00
Toronto-Centre ethnique, Monsieur Noel? - par Loraine King
Le mardi 18 mars 2008 12:00
La politique canadienne intéresse-t-elle vraiment les électeurs ? - par Bernard Gervais
Le mardi 18 mars 2008 12:00
Les Libéraux ne peuvent pas perdre - par jacques noel
Le mardi 18 mars 2008 12:00
Félicitations - par andré michaud
Le mardi 18 mars 2008 08:00
La carte électorale du Canada a de gros problèmes... - par jacques noel
Le mardi 18 mars 2008 08:00
Ils ont voté pour la guerre en Afghanistan - par Gilles Bousquet
Le mardi 18 mars 2008 07:00
Le vote ethnique dans les ROC - par jacques noel
Le mardi 18 mars 2008 07:00

