La crise financière aux États-Unis - Vent d'inquiétude sur les places boursières

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François Desjardins
Édition du mardi 18 mars 2008

Mots clés : crise financière, Réserve fédérale américaine, JPMorgan Chase, États-Unis (pays)

L'intervention-surprise de la Réserve fédérale américaine pour aider JPMorgan Chase à mettre la main sur Bear Stearns a soufflé un nouveau vent d'inquiétude hier sur les places boursières, où les banques et les compagnies du secteur énergétique ont subi d'importantes baisses des deux côtés du 45e parallèle.

Précédés par des Bourses asiatiques et européennes en recul de 3 % à 5 %, les parquets nord-américains ont été incapables de faire autrement, frappés par des interrogations de plus en plus lourdes au sujet du ralentissement américain et des conséquences sur le reste de la planète. Le Fonds monétaire international a estimé que la crise américaine était en train de s'étendre.

«On pourrait faire la démonstration qu'en dépit de l'état lamentable des choses, on est peut-être seulement à mi-chemin de ce marché baissier, à la fois pour les marchés financiers et pour les dépenses de consommation», a écrit l'économiste David Rosenberg, de la firme Merrill Lynch, dans une note aux clients.

Après avoir affiché un recul de plus de 450 points en milieu de journée, la Bourse de Toronto, peuplée de matières premières et de services financiers, a trouvé le moyen de limiter les dégâts à 300 points pour une baisse de 2,2 %. Depuis six mois, le TSX a perdu 8 %, de sorte qu'il se trouve au même point que l'an dernier à pareille date, lorsqu'il continuait à grimper.

À Wall Street, le S&P500, meilleur baromètre des marchés, car il ratisse large, a affiché un recul de 1 %. L'indice Dow Jones, qui ne comprend que 30 compagnies, a lui aussi joué du yo-yo, mais a franchi le fil d'arrivée en meilleure forme, se permettant un léger gain de 0,2 %. Le Nasdaq, carrefour boursier des hautes technologies, a baissé de 1,6 %.

Les marchés devraient à nouveau réagir demain: le comité de politique monétaire de la Fed se réunit, et bon nombre d'analystes prévoient une baisse de son taux d'intérêt directeur pour fouetter l'économie et tenter d'éviter que le ralentissement ne prenne la forme d'une récession.

Greenspan en rajoute

«La crise financière qui touche les États-Unis va être vraisemblablement jugée comme la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale», a laissé tomber l'ex-président de la Fed, Alan Greenspan, dans un texte publié par le Financial Times. «Elle prendra fin quand le prix des biens immobiliers se stabilisera et, avec eux, le prix des produits financiers adossés à des prêts hypothécaires», a-t-il ajouté.

Selon M. Greenspan, qui a dirigé la Fed de 1987 à 2007, «le système d'évaluation des risques actuellement en place sera particulièrement touché».

À Toronto, les banques ont été lourdement affectées hier par la baisse de confiance qui continue de contaminer les marchés. La Banque Nationale a perdu 3 % à 44,39 $, la Banque CIBC a reculé de 5 % à 56,94 $ et la Banque de Montréal a trébuché de 2,5 % à 39,15 %.

«La crise actuelle découle de plusieurs années d'imprudence, d'insouciance et d'excès tant de la part des prêteurs, des emprunteurs que des investisseurs», a écrit le Mouvement Desjardins en faisant référence au marché hypothécaire américain. «Il faudra encore plusieurs mois, voire trimestres, pour que la correction immobilière se termine aux États-Unis et que les grandes institutions financières de la planète finissent d'absorber leurs énormes pertes, réussissent à assainir leur bilan et rebâtissent leur capital.»

Matières premières: pire journée en 52 ans

Outre les services financiers, il y a l'énergie. Le sous-indice des compagnies de ce secteur, à Toronto, a lui aussi eu la vie dure, terminant la journée sur un recul de près de 3 %. Le mouvement est attribuable directement au cours du baril de pétrole, qui a chuté de 4 $US. Par conséquent, la Pétrolière Impériale a laissé filer 3,3 % alors que Suncor, très active dans les sables bitumineux, a cédé 2,5 % à 101,53 $.

De nombreuses matières premières ont été touchées par la tourmente financière. L'indice CRB Reuters/Jefferies, qui recense 19 matières premières, a plongé de 5 hier. Il s'agit de sa plus forte baisse quotidienne depuis 1956, année où le Canadien de Montréal a vaincu les Red Wings en finale de la Coupe Stanley pour venger la suspension de Maurice Richard vécue un an plus tôt.

Le recul des prix des matières premières au Chicago Board of Trade, en fait, était tel que plusieurs d'entre elles ont bénéficié du mécanisme limitant les pertes. Bien qu'il soit très demandé à cause de l'éthanol, le maïs, par exemple, a glissé du maximum permis, soit 20 ¢ ou 3,6 %. Par ailleurs, le blé a trébuché de 60 ¢ et le cacao a subi sa plus grosse dégringolade en un an. En fin de journée hier, une tonne métrique de cacao se négociait 2730 $US, en baisse de 174 $US ou 6 %.

Quelques jours après avoir livré un étrange discours dans lequel il faisait une lecture pour le moins alternative de l'actuelle crise économique, le président américain a continué d'affirmer hier que l'heure est aux défis mais que tout devrait rentrer dans l'ordre à terme.

«Une chose est sûre, c'est que nous connaissons des temps difficiles, mais une autre chose est sûre, c'est que nous avons agi de manière forte et résolue», a dit M. Bush. «Vous avez montré au pays et au monde que les États-Unis maîtrisent la situation», a-t-il dit à l'intention de son secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Ce dernier a participé aux négociations conduisant à l'acquisition de Bear Stearns.

L'administration Bush a répété hier que sa politique est celle d'un dollar fort. Entre-temps, le dollar est en chute libre: selon un indice calculé par la Fed, depuis deux ans et demi, il a plongé de 19 % par rapport à un panier de grandes devises.


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Il faudra accuser devant la Cour de Justice les autorités qui nous menti. - par margarita farias
Le mardi 18 mars 2008 11:00

Description, description - par Marc-André Morency
Le mardi 18 mars 2008 10:00

Une fausse valeur déboulonnée ! - par André Chamberland (andre.cham@sympatico.ca)
Le mardi 18 mars 2008 10:00

Pas de panique! - par J. Maurice Arbour
Le mardi 18 mars 2008 08:00

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