Sale fric
Mots clés : Parti québécois, Parti libéral du Québec, Action démocratique du Québec, Congrès, Parti politique, Québec (province)
À l'ADQ, le souvenir du congrès d'octobre 2002, à Drummondville, hante encore les esprits. Quelle mouche avait bien pu piquer le grand argentier du parti, Marcel Dutil, qui avait dénoncé haut et fort la proposition d'instaurer un taux d'imposition uniforme? C'est ce jour-là qu'avait commencé la descente aux enfers qui s'était terminée par le désastre électoral du 14 avril 2003.
Mardi dernier, personne n'avait été très surpris d'apprendre que le PLQ versait secrètement une somme de 75 000 $ par année à Jean Charest depuis dix ans. Bien des gens croient plutôt qu'il s'agit de la partie visible de l'iceberg.
Deux jours plus tard, alors que le budget présenté par Monique Jérôme-Forget monopolisait toute l'attention, le PQ a profité de la période de questions à l'Assemblée nationale pour insinuer que quelqu'un d'autre que M. Charest a pu payer sa maison de Westmount, comme le veut une rumeur persistante.
Au moins, le premier ministre n'a jamais prétendu assainir les moeurs politiques québécoises. Il a toujours assumé pleinement son statut de chef d'un parti qui traîne son lot de traditions et de mauvaises habitudes. Mario Dumont, lui, se faisait fort d'incarner une autre façon de faire de la politique. Aux cachotteries et aux entourloupettes des «vieux partis», l'ADQ allait substituer la transparence et l'intégrité.
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À entendre les explications ambiguës et contradictoires que les dirigeants adéquistes ont multipliées pendant deux jours, on peut se demander ce qui changerait. Selon ce que M. Dumont a lui-même déclaré à Radio-Canada, la décision de lui verser 50 000 $ a été prise par l'exécutif du parti, mais aucun de ses membres interrogés par les journalistes, en commençant par le président du parti, n'en avait entendu parler.
Risquant une autre explication, le directeur général de l'ADQ, Jean-Simon Venne, a déclaré au Journal de Montréal qu'il avait lui-même négocié son salaire avec M. Dumont, comme il le fait avec n'importe quel employé du parti. En voilà un changement: il appartiendrait à un subalterne de décider du salaire de son patron!
À une allocation de dépenses non imposable, M. Dumont dit avoir préféré une somme de 50 000 $ entièrement déclarée comme revenu. Quand Brian Mulroney a avancé une explication comme celle-là devant la Chambre des Communes, personne ne l'a cru.
Cette affaire n'a pas entamé la confiance des militants adéquistes dans leur chef, comme en témoigne l'appui qu'il a reçu de 94,8 % des délégués. Dans leur esprit, tout cela était clairement le résultat de la malveillance des journalistes.
L'important est cependant ce que la population en retiendra. Maintenant que l'ADQ a atteint sa maturité et qu'elle constitue une véritable solution de rechange au pouvoir, «la qualité du message» devient primordiale, déclarait hier matin le président de l'association de Groulx, Alain Longval.
On peut être en désaccord avec certains de ses éléments, notamment sur la question de l'immigration, mais l'ébauche de plateforme adoptée par les délégués est sans doute la plus réfléchie et la plus crédible depuis la fondation de l'ADQ. Malheureusement, à distance, le VIIe congrès a semblé se résumer à une sombre histoire de fric.
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Samedi soir, à Saint-Hyacinthe, il fallait voir les militants péquistes se bidonner devant les écrans de télévision qui transmettaient des images du congrès de l'ADQ. Pour une fois, ils pouvaient rire des malheurs des autres.
Pendant des années, ils ont goûté à la même médecine. Il suffisait qu'une poignée de «purs et durs» se manifestent à l'occasion d'un conseil national pour que les médias fassent état de profondes divisions au sein du parti.
Le premier conseil national de Pauline Marois en qualité de chef s'est déroulé sans la moindre anicroche. Son «duel» de samedi avec le président du SPQ Libre, Marc Laviolette, à propos du référendum d'initiative populaire, semblait presque arrangé avec le gars des vues. Dans les ateliers, les députés péquistes ont veillé à empêcher tout débordement intempestif de générosité sociale-démocrate avant l'assemblée plénière d'hier.
Le PQ est cependant un animal imprévisible. Mme Marois semble maintenant avoir les coudées franches, mais on disait la même chose d'André Boisclair à l'issue de son premier conseil national. Maintenant qu'il n'y a plus d'échéance référendaire à l'horizon, le défi sera d'éviter l'écueil que signalait M. Laviolette. La chef ne voulait pas d'un nouveau débat sur la mécanique référendaire, mais un débat sur la «mécanique du flou» pourrait être tout aussi dommageable.
mdavid@ledevoir.com
Vos réactions
Parlez-nous donc du « PI »... si vous voulez être constuctif! - par Jean-Renaud Dubois
Le mardi 18 mars 2008 14:00
A monsieur Dubois - par Nestor TURCOTTE
Le lundi 17 mars 2008 21:00
A monsieur Bousquet - par Nestor TURCOTTE
Le lundi 17 mars 2008 21:00
Vous avez dit bizarre hum comme c.... - par Delerin Patrick (patrick_56_1950@hotmail.com)
Le lundi 17 mars 2008 16:00
ce n'est pas d'hier... - par Fernande Trottier
Le lundi 17 mars 2008 13:00
L'éteignoir national de Matane - par Jean-Renaud Dubois
Le lundi 17 mars 2008 12:00
M. Nestor et l'Union - par Raymond Saint-Arnaud
Le lundi 17 mars 2008 11:00
Conservatisme orthodoxe! - par Pierre François Gagnon
Le lundi 17 mars 2008 11:00
Vieux parti - par Paul Verreault
Le lundi 17 mars 2008 10:00
@ M. Nestor Turcotte - par Gilles Bousquet
Le lundi 17 mars 2008 09:00
Rien de neuf sous le soleil! - par Pierre Samuel
Le lundi 17 mars 2008 09:00
Union nationale II - par Nestor TURCOTTE
Le lundi 17 mars 2008 09:00
1+0=1 - par Claude Stordeur
Le lundi 17 mars 2008 08:00
Sale hyprocrisie - par Jacques Gagnon
Le lundi 17 mars 2008 08:00
Charest....ton rapport d'impot? - par jacques noel
Le lundi 17 mars 2008 07:00
Dumont comme Charest - par Claude Dumoulin
Le lundi 17 mars 2008 02:00
La mécanique du flou? - par Jean-Renaud Dubois
Le dimanche 16 mars 2008 23:00

