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@ Citoyen Montoya, si loin et pourtant si proche

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François Caron
Envoyé Le dimanche 16 mars 2008 12:00



Cher Citoyen Montoya, je vous remercie infiniment de partager avec nous et de nous relater en tant que témoin de première main le genre de printemps que j'aimerais vivre une fois dans ma vie, ici au Québec.

À mon âge, moi qui n'ai que frôlé la période de la Révolution Tranquille, elle-même qualifiée a postériori par nos intellectuels historiens ayant constaté les bienfaits (ou les dégâts) idéologiques, c'est donc la seule mesure bien imparfaite à laquelle je puisse comparer ce Printemps de la libération des consciences (de certains, en tout cas).

Au Québec on a les Révolutions qu'on peut, dans la mesure où nos maigres moyens historiques et intellectuels nous le permettent, et elles prennent un temps fou à se réaliser.

Je suis de l'école où l'on disait (encore en 1979, première année de CÉGEP pour moi):

Méfiez-vous de tout un chacun qui a plus de trente ans (je paraphrase, mon souvenir livresque de Mai '68 étant très embrûmé);

et l'histoire et l'adage se sont avérés, et comment donc !, car le conformisme d'aujourd'hui est mesuré à l'aune de la réussite darwinienne de la survie à la violence économique expérimentée dans le bocal des requins turbo-capitalistes, de leurs chevaux-vapeurs délirants, de leurs monster homes aux proportions homériques, de leurs assiettées de mangeurs de steaks de boeuf Angus ça d'épais, de leurs barils de pétrole gaspillés dans les sables bitumineux pour en produire un seul, de leur contrôle économique grandissant sur les denrées nécessaires à l'épanouissement de la Vie sur Terre, de leurs guerres justes pour garder pauvres les pauvres et pour diminuer la classe moyenne à une peau de chagrin.

Et dois-je vous dire que je préfère de loin la compagnie de gens qui ont la mi-cinquantaine à la mi-soixantaine, des gens d'une rare qualité culturelle car ils ont contribué à changer les choses dans les années soixante et soixante-dix, car tout le monde ne sait pas encore que le temps s'est irrémédiablement pétrifié sociologiquement depuis le 21 mai 1980 dans le confort et l'indifférence, au Québec du moins.

À l'usure, ma bientôt longue expérience me mène à vous dévoiler on crédo néo-soixante-huitard (oui, ça se peut, je me réclame de cet héritage, bein que vous puissiez en douter à me lire parfois) qui est maintenant (depuis une vigtaine d'années):

Méfiez-vous de tout quidam qui porte une cravate, peu importe l'âge.

Et ce d'autant plus si ce quidam porte un tailleur, car dans son cas la cravate se porte dans la tête...

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