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Il y a ''frileux'' et frileux!

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Jean Le May
Envoyé Le dimanche 16 mars 2008 08:00



Je m'imagine être un touriste d'ailleurs et, à l'aéroport, tomber sur cet article du cyber-journal et surtout sur les commentaires qui suivent: quelle désolation et quelle pitié!

Personnellement j'érigerais de grands pans de l'article de madame Bombardier au rang d'hymne national car elle sait dire notre rapetissement collectif pour tenter de nous reconnecter à des racines qui nous redonneraient vie. Pouvons-nous comprendre entre les lignes et nous regarder vivre collectivement: on y verrait comment un peuple qui se veut grand devient assez frileux dans sa vie quotidienne pour passer ses dimanches au centre commercial et se contenter d'être spectateur de l'opinion préfabriquée par les sondages et les émissions d'affaires publiques entre deux parties de hockey.
Peut-on se voir rapetissé sans tirer sur le messager ? Peut-on se voir grand sans que ce soit nos gourous qui nous le fassent croire? Quand comprendrons-nous que si nous n'avons pas de pays, c'est que nous ne sommes pas collectivement le peuple qu'il faut pour en bâtir un? Quand comprendrons-nous que s'il y a enlisement intellectuel, c'est que nous parlons trop souvent sans rien dire--- sans penser surtout---et sur des sujets de plus en plus désincarnés.
Nous sommes frileux de la vie qui bat en nous et c'est chacun pour soi à la course aux idées fast-food rivés devant le téléviseur qui nous empêche de voir la vraie vie juste là, dehors.
J'ai honte de certains commentaires liés à cet article: ils font la preuve par l'absurde que '' mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver'', c'est l'hiver mental, là ou les idées gèlent et les lèvres gercent à force de parler pour ne rien dire et critiquer ceux et celles qui sortent trop du rang. On n'est pas sorti de l'auberge, croyez-moi.

Jean Le May,
Saint-Jean-sur-Richelieu

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