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Moé je kin à mon frança!

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Robert Mayrand
Envoyé Le samedi 15 mars 2008 16:00



Intéressant ce débat sur la langue en usage au Québec. Ça nous ramène à Léandre Bergeron et à la langue dite de Radio-Canada parlé par son frère Henri. Les Québécois expriment leur réalité par le biais d'un outil de communication qui a évolué du français ancien, des dialectes bretons et normands, etc. et, qui, par la suite, fut influencé par l'anglais. Le Français n'a jamais été la langue des Québécois. D'ailleurs, le français dit de France ne rend pas bien compte de la réalité québécoise. Par exemple, si je circule en luge des neiges dans un sentier bordé de congères où les élans d'Amérique ont laissé des traces et du crottin, c'est très français, mais est-ce un message clair pour un Québécois de la Haute-Mauricie. Mais pour un Québécois de souche, il comprend très bien quand on lui dit que la tank de son windshield washer est craqué su le top. Pour un Français, c'est du chinois. Il ne faut pas confondre langue et religion. C'est la tentation des puristes et des notalgiques du subjonctif imparfait.
Le latin a donné naissance au français, à l'espagnol, au portugais, au roumain, etc. L'anglais britannique a donné naissance à l'américain et le portugais au brésilien. Une langue doit évoluer au rythme de son environnement. L'académie française a voulu figé le français dans le temps. Résultat : ce n'est plus la langue que c'était pour rendre compte du monde moderne. Bizarrement, il n'y a que la France qui a encore la prétention d'imposer sa norme linguistique à ses anciennes colonies.
Le français a connu ses heures de gloire depuis François 1er, mais les temps ont changé. Les forces de diversité ont mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire (merci Victor) et les Vaugelas à la mâchoire d'âne ont été confondus. Il est temps qu'on se fasse une belle petite commission sur les accommodements linguistiques. Rien de mieux pour amuser le peuple qu'un défouloir collectif. Comme disait le vieux monsieur à bretelles dans la commission sur les accommodements raisonnables : Ta ben compris là; touche pas à mon frança! Moé je kin à mon frança, pis touche s'y pâ!

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