Outre les propos hétéronormatifs habituels de M. Pageau, il est vrai que Mai 68 et les autres mouvements contestataires ont créés une sorte de totalitarisme qui parfois dénaturalise l'essence même de la contestation. En France, où je vis et fréquente un milieu dit libertaire, on sent un manque de souffle et de compréhension face au passé revendicateur. Soit on ne le comprend pas parce que trop jeune on ne l'a pas vécu, soit on ne voit plus vraiment d'issu et on reproduit les mêmes méthodes pour contester: la grève qui paralyse et qui réagit afin de garder des acquis insoutenable pour l'état et la société. De l'autre côté, on est enfermé dans une société encore sexiste et raciste. Alors que dans les années 1970-80 il était compréhensible que le mouvement féministe montre la capacité des femmes à s'organiser de manière autonome et sans les hommes, cette méthode perd aujourd'hui son sens en Amérique. Le contexte actuel veut plutôt un nouvel apprentissage de l'autre afin de vivre ensemble. Or en France, nous sommes loin, très loin, de cette étape. Il y a encore des écarts énormes entre les sexes dans un pays ou il est indispensable pour les femmes de préciser si on doit les appeller Madame ou Mademoiselle.
L'héritage de Mai 68, en France, a fait place a un cynisme destructeur où le piétinement l'emporte sur le changement. On veut changer et on ne veut pas à la fois.