Parler le créole québécois ?
Mots clés : PQ, Langue, Enseignement, Québec (province)

Photo: Jacques Grenier
- Langue «écrite». J'imagine qu'on veut ici désigner les ajouts souvent intéressants que le Québec a apportés au français: courriel, clavardage, baladeur, qui d'ailleurs ont été généralement acceptés dans les dictionnaires, même s'ils ne sont pas utilisés de manière importante en France. Mais dans la langue «parlée» ici, on dit plutôt «chat», «walkman», «iPod». Je ne connais aucun adolescent qui se livre à du clavardage mais j'en connais plusieurs qui «chattent». Qu'allons-nous enseigner selon le PQ? «Chat» ou clavardage? Et s'il faut enseigner la langue standard québécoise écrite, faudra-t-il enseigner l'absence d'accord des participes passés, l'orthographe sonore, l'inutilité de la syntaxe?
- Langue québécoise standard «parlée». Voilà une proposition encore plus surréaliste. Un Marocain ou un Sénégalais vous dirait qu'il ne comprend pas pourquoi il devrait, pour devenir Québécois, mal parler le français.
Et quel est le «standard» de la langue québécoise parlée? Ce n'est même pas la médiocrité du français qu'on entend à Tout le monde en parle, ce qui serait déjà horrible, c'est la langue parlée au Loft ou à Occupation double, dans la télé-réalité qui, au chapitre du langage, est malheureusement bien réelle.
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J'essaie d'imaginer ce qui surviendrait en Suisse ou en Belgique si on proposait d'y enseigner le belge français standard ou le suisse français standard. Ce serait la convulsion générale. Pourtant, les Belges et les Suisses possèdent autant que nous des particularismes, des accents, des expressions qui vivent dans leur français quotidien. Mais de ces différences réelles et sonores, ils n'en font pas une langue, une différence telle qu'il faille enseigner le belge ou le suisse standard parlé. Et pour parler d'autres langues, enseigne-t-on le mexicain ou l'espagnol au Mexique?
Pour paraphraser je ne sais pas quel politicien qui parlait du fédéralisme, une langue n'est pas une cafétéria où on choisit ce qu'on veut. Une langue, c'est un repas complet, une table d'hôte. Entrée, plat principal, dessert. Tout est compris. Vocabulaire, orthographe, syntaxe.
Au moment où la ministre de l'Éducation réintroduit dans les écoles les fondamentaux, comme disent les économistes, la lecture et la dictée, le Parti québécois veut nous enseigner l'ignorance et la complaisance langagière. Il y a là une contradiction qui me paraît troublante.
Le mouvement indépendantiste souffre d'une ambiguïté coupable à l'égard de la langue française. Il a toujours fondé son action sur la menace contre la survie du français et il l'a fait avec raison. Mais aujourd'hui, dépourvu d'objectifs mobilisateurs, il se rabat sur tout ce qui est identitaire, prenant le risque de nous précipiter dans la médiocrité et l'isolement linguistique.
Si nous sommes si isolés linguistiquement, comme le disent les péquistes, pourquoi devrions-nous nous isoler encore plus en enseignant une sorte de créole québécois, une langue qui n'existe pas?
Je comprends Pierre Curzi, qui aime sa langue, le français, d'être complètement bouleversé par cette proposition de son conseil exécutif national, par cette régression intellectuelle qui nous ramène au début des années 1970, quand dire «christ» et «tabarnak» constituait une forme d'affirmation identitaire.
Cette semaine, on a fêté Gilles Vigneault à Paris. De grands poètes et de grands artistes étaient présents. Guy Béart, Hughes Aufray, Julos Beaucarne, Luc Plamondon, Marie-Paule Belle, Anne Sylvestre. Ils célébraient le plus grand des chanteurs québécois, le plus profondément québécois des auteurs-compositeurs. Vigneault, à 80 ans, tourne en France et ailleurs où on parle et comprend le français. De ses chansons, dans ces pays étrangers, on entend le Québec, on le comprend, on l'imagine, on l'invente, on le souhaite. Vigneault, ce n'est pas «la langue standard québécoise écrite et parlée» du PQ, Vigneault, c'est le français avec le Québec qui se glisse sans problème dans une langue universelle.
Vigneault a toujours été un indépendantiste convaincu, grand défenseur du français, refusant la créolisation du langage et l'isolement. Je me demande ce qu'il pense de cette «langue standard québécoise écrite et parlée» qu'il n'a jamais écrite ni chantée.
Vos réactions
Tout pour éviter l'effort ?? - par andré michaud
Le jeudi 15 mai 2008 15:00
Gil Courtemanche, fédérâleux - par Philippe Champagne
Le lundi 17 mars 2008 02:00
Pau : Quel Mépris et méchanceté derrière cette diatribe.. - par Jean-Renaud Dubois
Le dimanche 16 mars 2008 23:00
@ Robert Mayrand : vous confondez langues et dialectes - par Marc Lavallée
Le dimanche 16 mars 2008 20:00
Créole comme processus - par Eric Shannon
Le dimanche 16 mars 2008 13:00
@ Didier Saint-Victor : pourquoi le terme "créolisation"? - par Marc Lavallée
Le dimanche 16 mars 2008 12:00
Imposture - par claude poulin
Le dimanche 16 mars 2008 11:00
Non au créole - par Henri-Bernard Boivin
Le dimanche 16 mars 2008 10:00
La qualité de la langue - par Paul Lafrance
Le dimanche 16 mars 2008 08:00
C'est l'attitude un peu servile d'un peuple en mal d'assimiler fièrement ses origines. - par Jacques Morissette
Le dimanche 16 mars 2008 08:00
Pourquoi pas? - par María Teresa Pérez-Hudon
Le dimanche 16 mars 2008 00:00
Nivellement (correction) - par Guy Fafard
Le samedi 15 mars 2008 23:00
comment peut-on être francophone? - par henri gabrysz
Le samedi 15 mars 2008 19:00
Derrière l'indépendance... - par Pierre-Yves Pau
Le samedi 15 mars 2008 18:00
Que c`est beau¡¡ Moisés-Efraín Rosales - par Rosales Moisés efraín
Le samedi 15 mars 2008 18:00
Niveaux de langage - par Marie Lauzier
Le samedi 15 mars 2008 17:00
corruption du latin - par henri gabrysz
Le samedi 15 mars 2008 17:00
Moé je kin à mon frança! - par Robert Mayrand
Le samedi 15 mars 2008 16:00
Créolisation? - par Didier Saint-Victor
Le samedi 15 mars 2008 14:00
Bravo! (bis) - par Marc A. Vallée
Le samedi 15 mars 2008 14:00
Faisons-nous pitié? - par André Loiseau (andreloiselet@videotron.ca)
Le samedi 15 mars 2008 14:00
Le Québécois... - par Jean-Paul Gosselin
Le samedi 15 mars 2008 14:00
ce que je dis - par richard desrochers
Le samedi 15 mars 2008 13:00
Nivellement - par Guy Fafard
Le samedi 15 mars 2008 13:00
Ti-Gil et ses suiveux! - par Réjean Grenier (rgrenier@questzones.com)
Le samedi 15 mars 2008 13:00
Le relâchement comme creuset identitaire - par Marc Lavallée
Le samedi 15 mars 2008 12:00
La langue comme le hockey... - par Clément Loubert (loubercm@nbnet.nb.ca)
Le samedi 15 mars 2008 12:00
sacré vin dieu ......!!! - par Delerin Patrick (patrick_56_1950@hotmail.com)
Le samedi 15 mars 2008 12:00
La piètre qualité de la langue prônée par le PQ - par Raymonde Chouinard
Le samedi 15 mars 2008 11:00
Le standard de l'ambiguité - par Denis Simard (denis.simard@cgocable.ca)
Le samedi 15 mars 2008 11:00
Moé sé pas - par ghislaine fortin
Le samedi 15 mars 2008 11:00
Langue. - par Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Le samedi 15 mars 2008 11:00
Bravo! - par Max Roujeon (maxroujeon@videotron.ca)
Le samedi 15 mars 2008 10:00
Tartiste... - par michel chayer
Le samedi 15 mars 2008 10:00
Le créole - par Brigitte Des Rosiers
Le samedi 15 mars 2008 09:00
Est-ce que les Terre-Neuviens parlenty anglais? - par jacques noel
Le samedi 15 mars 2008 09:00
Quelle tristesse... - par william morris
Le samedi 15 mars 2008 08:00
Le québécois standard - par mireille langevin (can.mimi@hotmail.com)
Le samedi 15 mars 2008 08:00
Mais, il faut bien faire quelquechose en attendant... - par Georges Paquet (georgespaquet@sympatico.ca)
Le samedi 15 mars 2008 02:00
Misère! - par Robert Dumont (robertdumont@sympatico.ca)
Le vendredi 14 mars 2008 23:00

