L'aventure immobilière de l'UQAM coûtera 200 millions aux Québécois

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Kathleen Lévesque
Édition du vendredi 14 mars 2008

Mots clés : UQAM, Budget, Université, Québec (province)

Le dérapage financier de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) dans le projet de l'îlot Voyageur coûtera quelque 200 millions de dollars à l'ensemble des contribuables québécois, prévoit le gouvernement.

Dans les prévisions budgétaires déposées hier, Québec a créé une réserve de 200 millions afin d'éponger une partie de la dette liée à l'aventure immobilière de l'UQAM. Jusqu'à maintenant, 269 millions ont été dépensés dans ce projet par l'émission d'obligations par l'UQAM. Selon des hypothèses conservatrices, la valeur de l'îlot Voyageur laissé en plan ne serait donc plus que de 69 millions sur le marché immobilier.

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, estime qu'il ne faut pas s'en étonner. «De toute façon, pour l'instant, ça ne vaut plus rien puisque le projet est arrêté. Mais c'est un site formidable pour un développement», a dit au Devoir la ministre.

La provision de 200 millions est un ordre de grandeur puisque le dossier est loin d'être réglé. L'UQAM et le promoteur Busac, propriétaire des terrains de l'îlot Voyageur, sont toujours en négociations afin de revoir les termes du contrat les liant. Toutefois, la Société immobilière Trans-Québec (SITQ), une filiale de la Caisse de dépôt et placement, analyse depuis quelques mois la possibilité de mettre la main sur l'îlot Voyageur, comme le révélait hier Le Devoir.

«Henri-Paul Rousseau [le p.-d.g. de la Caisse] savait qu'on était mal pris et la Caisse est la mieux placée pour s'intéresser à ce dossier», a ajouté Monique Jérôme-Forget.

Selon les informations recueillies par Le Devoir, les travaux de la SITQ sont très avancés. La société étudie sur une base d'affaires le dossier en collaboration avec des partenaires privés pour redévelopper l'îlot Voyageur. Des discussions sont également en cours avec de «gros locataires». De source sûre, on indique que, si le montage financier du projet de l'UQAM a été mal ficelé, cela n'enlève rien au potentiel réel du site. Les avantages y sont nombreux, souligne-t-on: centre-ville, accès au réseau souterrain de métro et situé en face de la Grande Bibliothèque.

D'ailleurs, entre les mains de la SITQ et de ses partenaires, il ne restera plus rien du projet initial de l'UQAM. Le projet qui est en discussion considère la construction complétée de la gare d'autobus et des stationnements souterrains mais exclut l'idée d'ériger un pavillon universitaire, une tour à bureaux et des résidences étudiantes. Dans ce dernier cas, la structure est déjà en place. Elle pourrait toutefois être transformée et avoir une nouvelle vocation. Chose certaine, l'îlot Voyageur tel qu'envisagé afin de répondre au déficit d'espace de l'UQAM est mort, assure-t-on.

À l'origine, l'îlot Voyageur devait s'autofinancer grâce notamment aux stationnements et aux espaces de bureaux. Or il y a eu surévaluation des revenus et sous-évaluation des investissements. S'est ajouté à cette situation un problème de gouvernance puisque la haute direction de l'université tenait une double comptabilité du projet: les membres du conseil d'administration n'avaient pas accès aux informations qui auraient dû sonner l'alerte.

L'îlot Voyageur ainsi que le Complexe des sciences ont à eux deux creusé un trou gigantesque dans les finances de l'UQAM. Le problème pourrait atteindre le demi-milliard de dollars d'ici 2012 si rien n'est fait.

En septembre dernier, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a toutefois annoncé l'intention du gouvernement de récupérer l'îlot Voyageur et ses répercussions financières. L'UQAM réclame toutefois que le gouvernement prenne également sous son aile le Complexe des sciences, ce que refuse catégoriquement Québec jusqu'à maintenant. Pour le gouvernement, l'îlot Voyageur apparaît comme le véritable noeud du problème. L'intérêt de la Caisse de dépôt et placement pour le dossier s'inscrit dans cette perspective.


Vos réactions


Bravo...! - par Luc Boivin
Le vendredi 14 mars 2008 14:00

Une autre aventure - par Simon Garneau
Le vendredi 14 mars 2008 11:00

Un piédestal à l'inconscience ! - par Valdor Lagacé-Gallant
Le vendredi 14 mars 2008 09:00

Poursuivre les responsables - par andré michaud
Le vendredi 14 mars 2008 08:00

Hé bé... - par Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Le vendredi 14 mars 2008 07:00

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