Un milliard pour un nouveau «Pacte de l'emploi»

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Éric Desrosiers
Édition du vendredi 14 mars 2008

Mots clés : aide sociale, Pacte de l'emploi, Budget, Québec (province)

Le gouvernement Charest dévoilera bientôt un nouveau «Pacte pour l'emploi» qui disposera d'un milliard de fonds publics et privés et dont l'objectif sera de replacer sur le marché du travail 50 000 prestataires de l'aide sociale d'ici trois ans.

La nouvelle a été annoncée hier par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, lors du dévoilement de son budget. Une somme de 196 millions en cinq ans a été allouée à la nouvelle politique. Ces montants devraient servir notamment à renforcer les incitatifs financiers au travail sous forme de supplément à la prime au travail déjà existante, à une nouvelle prime pour les personnes présentant des contraintes sévères à l'emploi ou encore à la pleine indexation des déductions pour les travailleurs.

Le «Pacte», que dévoilera d'ici une semaine ou deux le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale Sam Hamad, «mettra de l'avant une série d'actions concrètes entraînant des investissements publics et privés de près de 1 milliard de dollars sur trois ans», a-t-on fait savoir. Il visera notamment à «promouvoir la formation et le développement du capital humain des travailleurs, ainsi qu'à reconnaître leurs compétences et leurs acquis». Il s'adressera notamment aux jeunes de moins de 25 ans en s'attaquant au décrochage scolaire et en facilitant l'accès à des stages en entreprises.

Le gouvernement espère ainsi réduire de 50 000 le nombre de prestataires de l'aide sociale et offrir une formation à 250 000 travailleurs de plus. Plus de 4800 entreprises pourront bénéficier d'un accompagnement accru pour la formation de leurs travailleurs.

Il y avait un total de 544 000 personnes bénéficiant de l'aide sociale en 2003. Ce nombre est aujourd'hui d'environ 370 000, dont 230 000 jugées aptes au travail. C'est principalement à ce dernier groupe de prestataires que le «Pacte» est censé venir en aide.

L'idée n'a pas eu l'heur de plaire aux porte-parole des principaux intéressés. «Pour le gouvernement, la lutte contre la pauvreté passe uniquement par l'incitation à l'emploi, l'emploi mal payé», a déclaré le Collectif pour un Québec sans pauvreté. Le regroupement de 32 organisations communautaires, syndicales et populaires a dit qu'il aurait été préférable d'augmenter le salaire minimum. Il a aussi noté que seulement 10 % des personnes jugées par la loi aptes à l'emploi ont la capacité et le niveau de formation pour retourner rapidement sur le marché du travail.

Reprenant cet argument, Nicole Jetté, porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ), en déduit que les sommes annoncées hier ne corrigeront pas le problème. «Le gouvernement lui-même reconnaît qu'une faible portion des assistés sociaux qui sont sans contrainte à l'emploi ont tout ce qu'il faut pour réintégrer le marché du travail. Les autres, la très grande majorité, ont besoin d'aide et de ressources pour revenir sur le marché. C'est à ce niveau qu'il faut agir, en offrant un meilleur soutien.»


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Et le goût lui? - par Patrick Lépine
Le vendredi 14 mars 2008 20:00

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