Séance d'écoute du prochain album d'Arthur H - L'Homme du monde, fin de chantier

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Sylvain Cormier
Édition du vendredi 14 mars 2008

Mots clés : Patro Vys, Arthur H, Musique, Québec (province)

Arthur H a écrit plusieurs titres de son prochain album sous le soleil de la Grèce. Mais il était sous la neige pour en faire l'écoute.

Photo: Pedro Ruiz

Le Patro Vys, avenue du Mont-Royal, angle Drolet. Milieu d'après-midi, lundi. Quelques collègues et moi nous retrouvons là, à l'invitation d'Arthur H et de son pote réalisateur Jean Massicotte, par l'entremise de la succursale locale d'Universal: on va écouter des chansons pas encore définitivement mixées, pas encore matricées, du prochain album. Prochain avec un grand H. Titre de travail: L'Homme du monde. Arthur débouche de l'escalier, hissant avec sa compagne le landau de bébé. Salutations. Un peu de mise en contexte avant de commencer: l'album, dont on découvrira dix des treize titres, a été enregistré à Paris à l'automne et mixé à Montréal le mois dernier. «Commerce équitable», résume Arthur en riant de son rire époumoné de fumeur invétéré qui ne fume même pas. Le rire est un peu nerveux. Au programme, annonce-t-il, «40-45 minutes de musique, qu'on va écouter en deux parties». Entre les deux parties, propose-t-il, «on boit plein d'alcool. La fin risque d'être grandiose». Rigolade. «Je suis très ému, ajoute l'intéressé, parce que c'est le p'tit bébé.» À ne pas confondre avec le joli joufflu dans le landau. Un disque aussi, ça s'enfante. «Ça fait six mois qu'on bosse dessus comme des fous. Et là, c'est la première fois que je l'écoute avec des gens. Des humains.»

Ça démarre. Les haut-parleurs sont au fond de la petite salle, flanquant une scène vide. Les auditeurs, disséminés, regardent le vide et ouvrent grand les oreilles. Arthur est derrière, nous regarde ne rien regarder, nous regarde écouter. D'emblée, des constats sont griffonnés dans les blocs-notes: ça se danse plus que jamais, du Arthur H. Coussin basse-batterie très soul, saupoudrage électro, riffs de guitare acoustique, l'inimitable voix d'outre-tombe. La deuxième chanson flirte sans ambages avec le disco, des choeurs font «woo woo». J'écris: Arthur et ses Arthurettes. Le troisième titre, The Lady Is Back, renvoie à The Lady Of Shanghai, un titre d'Adieu tristesse, l'album précédent. Soul et mystère. Le groove se densifie, la tension monte, et puis nous voilà en apesanteur: le cinquième titre, planant et pinkfloydien (vers la fin), est une histoire de cosmonautes. Une histoire de famille, en vérité: «Papa est cosmonaute / Un très bel astronaute / Moi je suis resté à la maison / Comme un bon petit garçon / Pour protéger ma mère / Pendant qu'mon père s'envoie en l'air.» Plus loin, c'est Arthur lui-même qui est cosmonaute. On n'échappe pas à son destin.

Fin de la première partie. Applaudissements gênés. On n'est pas au spectacle. Timides d'abord, hardis ensuite, les commentaires fusent, enthousiastes. Les strummings de guitare acoustique ne sont pas passés inaperçus. Arthur retrace la genèse de l'oeuvre: «J'ai tout composé à la guitare. Je suis sorti du piano. Ça devait être le fantasme Leonard Cohen. Je suis allé en Grèce, avec ma compagne et mon bébé. Et là, j'ai commencé à composer plein de chansons au soleil.» Adieu tristesse, bonjour Galarneau. «Nicolas Repac a refait toutes mes guitares», précise-t-il. «Bien jouées.» Et le disco là-dedans? «Je ne suis pas nostalgique, mais c'est bien de prendre le meilleur des époques. On prend plein de trucs à droite et à gauche et on fait notre propre sauce. Le côté soul et relaxe des années 70, le côté joyeux du disco, faut prendre. Sans refaire de la musique seventies.»

Le disque, explique-t-il, est une expérience sensorielle. Un voyage. «J'ai voulu un voyage qui soit joyeux, léger, des fois trippant, mais qui ait cette notion de déplacement dans l'imaginaire, dans l'espace. Je trouve que ça fait du bien au cerveau. Quand tu regardes un bon film et que tu es happé dans le truc, ton cerveau est plus léger, tu flottes, et quand tu reviens dans la réalité, ça t'a nourri. Énergisé. Je pense que c'est le but de la musique. Lancer des étincelles, donner de l'énergie, procurer du plaisir.»

Allez, c'est reparti. Toujours dansant, en plus pop. «Le soleil nous éclabousse du sang de pamplemousse», chante-t-il en boucle dans Naissance d'un soleil. Danser, oui, mais en pleine clarté. On passe sans pause à la suivante, Si tu m'aimes. Belle phrase équivoque attrapée au vol: «Aime-toi comme Jean Cocteau aime Jean Marais.» Ça se termine sur Adieu Goodbye, plus funky, plus électrique: Arthur y chante en falsetto, tel Jagger au temps d'Emotional Rescue. Applaudissements plus nourris. Au revoir et merci. Sortie prévue en avril. Astiquez vos souliers de danse, la piste est presque prête.

Collaborateur du Devoir


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com