Allocution de Jacques Daoust - Investissement Québec rappelle «l'urgence» d'accroître la productivité
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Photo: Jacques Nadeau
M. Daoust, qui est en contact constant avec une grande variété d'entreprises, constate qu'il y a un travail de pédagogie à faire au sujet de la productivité, que les travailleurs interprètent souvent comme une demande d'efforts exagérés de leur part. «Il n'y a rien de moins productif qu'un travailleur blessé ou en "burn-out"», rectifie-t-il, en expliquant que la productivité implique un ensemble de facteurs, comme une meilleure organisation du travail, ce qui est autant à l'avantage des travailleurs que de l'entreprise, des équipements plus modernes et des employés mieux formés. La productivité implique nécessairement que l'entreprise soit rentable. «Quand tout le monde embarque dans la vague, ça fait une économie plus prospère et une société plus riche», ajoute M. Daoust.
Or, selon les données du ministère des Finances, en 2006 le PIB par heure travaillée au Québec était de 44,41 $ au Québec, en comparaison de 48,50 $ en Ontario et de 57,40 $ aux États-Unis. En somme, une heure de travail génère une valeur plus grande de 10 % en Ontario et de 30 % aux États-Unis, ce qui veut dire qu'avec un dollar à parité, le Québec n'est plus concurrentiel.
Comment s'en sortir? «On s'en sort par des investissements et par une stratégie de croissance adaptée à son secteur. On verra comment le budget va faciliter ces investissements stratégiques, mais peu importe les outils qui vous seront offerts, les entreprises qui vont réussir à grandir dans ce nouveau contexte économique sont celles qui ont un appétit pour la réussite», répond M. Daoust, pour qui les leviers pour relever le défi de la productivité sont la fabrication, l'approvisionnement, l'innovation et le marketing.
En fabrication, au lieu de se laisser inonder par les produits de masse d'un concurrent chinois, il est préférable de miser sur des produits ciblés, quitte à importer des pièces de la Chine. L'important étant de réduire les coûts et de livrer plus rapidement une plus grande variété de produits. Certaines entreprises jouent sur les deux tableaux, en resserrant leurs liens avec leurs fournisseurs et clients pour une chaîne d'approvisionnement à la fine pointe de la technologie et en ouvrant une usine en Chine pour les produits à faible valeur ajoutée. Par ailleurs, le Québec fait bien en matière d'innovation, mais il faut valoriser davantage l'innovation, transformer plus rapidement une découverte scientifique en produits commerciables. Il n'y a pas de temps à perdre parce que l'Asie est désormais dans cette course à l'innovation. Un sondage mené auprès des multinationales indiquait récemment que 75 % des nouveaux bureaux en recherche et développement seraient implantés en Chine et en Inde. Enfin, le marketing est un pilier nécessaire pour vendre, non seulement un produit, mais aussi une personnalité ou un code culturel.
En tant que président d'Investissement Québec, M. Daoust avoue avoir un problème: «Investissement Québec est un secret trop bien gardé.» Ce bras financier du gouvernement offre aux entreprises différents produits financiers et injecte environ un milliard par année dans plus de 1000 entreprises. En 10 ans, cette société a fait plus de 10 000 interventions pour des financements autorisés de près de neuf milliards, lesquels ont servi de levier à des investissements globaux de plus de 44 milliards. Elle a aussi facilité la réalisation au Québec de 360 investissements étrangers totalisant 7,3 milliards de dollars. M. Daoust a noté que toutes ces interventions représentaient 145 000 nouveaux emplois.
À la fois institution financière et agence de développement, Investissement Québec est une société d'État qui jouit d'une certaine latitude dans l'exercice de ses fonctions, mais il lui arrive aussi de recevoir des mandats gouvernementaux, ce qui est l'exception, souligne M. Daoust. Le rôle d'Investissement Québec est alors de remplir ce mandat qui lui vient du gouvernement. Ce fut par exemple le cas récemment avec Alcoa, qui a reçu un prêt sans intérêt pendant 30 ans de 228 millions pour le projet de modernisation de l'aluminerie à Baie-Comeau. Investissement Québec effectue le prêt, mais l'argent lui est remboursé généralement par le fonds consolidé du gouvernement.
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Investissement Québec a raison - par Raymond Saint-Arnaud
Le jeudi 13 mars 2008 18:00

