Immobilier - À la défense du logement des déshérités

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AFP
Édition du jeudi 13 mars 2008

Mots clés : Global Housing Foundation, Immobilier, Habitation, France (pays)

Une favela brésilienne. Global Housing Foundation propose des solutions pour construire des maisons pour les travailleurs pauvres obligés de vivre dans des bidonvilles.

Photo: Agence France-Presse

Cannes -- Le logement des plus déshérités a brièvement éclipsé les programmes de prestige, mercredi au MIPIM, le Marché international des professionnels de l'immobilier à Cannes, où la Global Housing Foundation (GHF, Fondation mondiale pour le logement) a présenté ses projets.

Les responsables de la fondation, une ONG partenaire des Nations unies, ont plaidé, lors d'une conférence de presse, pour le développement de logements pour les 1,2 milliard de mal-logés dans le monde, alors que des programmes immobiliers gigantesques mobilisent des millions de dollars pour des projets luxueux, parfois de mauvais goût.

Des maisons pour les travailleurs pauvres

Créée en 1999 par des professionnels de l'immobilier, GHF propose des solutions pour construire des maisons pour les travailleurs pauvres obligés de vivre dans des bidonvilles, voire des boîtes en carton, ou de payer des loyers exorbitants à des marchands de sommeil pour des habitats dégradés.

Instituteurs, chauffeurs de taxi ou dirigeants d'une microentreprise familiale (restauration, alimentation, bazar, etc.), environ 350 millions de personnes dans le monde répondent à ces critères, estime la fondation.

«Il s'agit d'offrir des conditions de logement décentes à des familles qui travaillent, ont des revenus et peuvent en consacrer une partie à leur habitation», a expliqué Tim Wilkens, l'un de ses responsables.

Il leur est proposé d'acheter une maison d'environ 50 m2, avec l'eau courante, l'électricité, une cuisine, une salle d'eau, une pièce à vivre, une fosse septique et des chambres séparées, sur la base d'un micro-crédit accordé par une banque locale.

La fondation se charge de trouver les architectes, les bâtisseurs et les banques pour réaliser les projets. Les prix des maisons varient de 4000 à 15 000 $US, selon les pays. Les remboursements sont établis en fonction des revenus familiaux.

Les prêts sont sécurisés auprès des banques locales par la banque internationale Merrill Lynch -- au sein de GHF --, qui les rachètent au bout d'un an de remboursements par les acquéreurs, permettant ainsi aux établissements bancaires de proposer de nouveaux prêts.

«Nous apportons une aide sur la base de nos compétences dans des pays développés», précise M. Wilkens, comme pour le traitement des eaux ou une meilleure utilisation des matériaux de construction.

Mais, a-t-il expliqué, «nous travaillons avec les entreprises et les associations locales», créant ainsi de très nombreux emplois et des conditions de vie plus stables pour les familles nouvellement propriétaires.

«Notre but n'est pas de travailler dans les bidonvilles déjà existants», a expliqué M. Wilkens. Car, lorsque c'est le cas, «l'expérience montre qu'une fois les ONG parties, il ne faut pas plus de neuf mois pour que les gens reviennent à leur état initial».

«Nous préférons construire sur des terrains vierges où nous pouvons avoir aussi une réelle action d'urbanisme [...] en association avec d'autres projets pour des écoles, des centres de formation ou encore des dispensaires», a dit M. Wilkens.

Déjà bien installée en Amérique centrale -- où 26 000 maisons seront construites en trois ans -- et en Amérique du Sud, GHF a entrepris des démarches en Afrique, en Extrême-Orient et, d'ici la fin de l'année, en Europe de l'Est.

Au MIPIM, GHF est à la recherche de nouveaux commanditaires, mais en limitant le nombre à cinquante. «Les professionnels de l'immobilier ont de l'argent à consacrer à des activités caritatives» et «ils apprécient notre action, à la fois concrète et efficace», affirme Tim Wilkens.


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