GES: Transat ne veut pas voir ses taxes augmenter
Mots clés : Jean-Marc Eustache, Transat, GES, Transport aérien, Québec (province)

Photo: Jacques Nadeau
En conférence de presse, le président du secteur de la distribution de Transat, Philippe Sureau, a rappelé que les frais d'atterrissage à l'aéroport Pearson de Toronto -- 11 000 $ -- étaient les plus élevés au monde. Il a aussi noté que les montants recueillis auprès des passagers au titre de la sûreté aérienne dépassaient largement les dépenses du gouvernement dans ce domaine.
M. Sureau a même accusé le gouvernement fédéral de se comporter en «mauvais propriétaire» des aéroports canadiens en y investissant peu lui-même et en faisant porter les coûts des travaux d'amélioration aux passagers.
Le gouvernement conservateur n'a pas l'intention, pour l'instant, d'instaurer une taxe sur le carbone. De plus, l'industrie aérienne n'est actuellement soumise à aucune cible de réduction précise.
Transat se prépare néanmoins à acquitter une taxe sur les émissions de GES qui pourrait être appliquée en Europe dès 2012. Depuis 2003, le transporteur du groupe, Air Transat, dit avoir réduit ses émissions de GES de 5,5 %. Comme ses avions volent plus remplis que ceux des transporteurs nationaux comme Air Canada, Air France ou Lufthansa, sa consommation de carburant par passager est plus faible.
Résultats
Au premier trimestre terminé le 31 janvier, Transat a enregistré une perte nette de 10,1 millions de dollars (30 ¢ par action), comparativement à un bénéfice net de deux millions (6 ¢ par action) pour la même période de l'année dernière.
La vive concurrence, qui a entraîné un resserrement des marges, a nuit aux résultats, tout comme l'inscription d'une dévaluation additionnelle de 14 millions (10,1 millions après impôts) de ses actifs détenus dans du papier commercial adossé à des actifs (PCAA), de même que l'entrée en vigueur de nouvelles normes sur la comptabilité de couverture (perte de deux millions ou 1,2 million après impôts).
Les revenus du groupe se sont établis à 787,4 millions au premier trimestre, en hausse de 10,5 %. Le nombre de passagers au Canada et en Europe s'est accru dans la même proportion.
«Tandis que les voyagistes se disputent les parts du marché et répondent à la vigueur de la demande en augmentant la capacité, les prix de vente subissent des pressions, tout comme nos marges d'ailleurs», a expliqué M. Eustache.
Transat a affiché une marge de 15,9 millions au premier trimestre, en baisse de 39,1 % par rapport à la marge de 26,2 millions en 2007.
Face à ces mauvais résultats, le titre de Transat a plongé de 8 % à la Bourse de Toronto, hier, clôturant à 23,96 $ et touchant à un moment un creux des 52 dernières semaines.
Prix en baisse
En raison de la concurrence et de la vigueur du dollar canadien, les prix des forfaits ont reculé de 8 % par rapport à la saison hivernale 2006-07.
Dans le but d'accroître ses parts de marchés en Ontario, qui totalisent actuellement autour de 30 %, Transat reconnaît elle-même avoir créé de la surcapacité sur ce territoire. Le but est de devenir le leader en Ontario et de pouvoir ainsi y augmenter légèrement ses marges bénéficiaires.
Il reste à voir si les résultats seront au rendez-vous. Jean-Marc Eustache a raconté hier qu'un voyagiste britannique avait offert 135 000 sièges sur le marché transatlantique l'année dernière, mais que devant l'insuffisance de la demande, il a dû réduire de 50 % son offre cette année. Les marges de tous les transporteurs ont souffert de cette situation.
Pour l'été qui vient, Transat indique que les réservations sont généralement en avance sur celles de 2007, surtout chez les filiales européennes. «En 2008, nous pensons que la situation sera meilleure», a dit le grand patron aux actionnaires.
Transat se croit à l'abri d'une éventuelle récession. Dans de telles circonstances, les touristes réduisent d'un cran leurs exigences de confort, mais continuent à voyager, a noté Jean-Marc Eustache.
Après avoir tenté en vain, ces dernières années, de procéder à une acquisition d'envergure aux États-Unis, Transat change maintenant de stratégie et vise de petits joueurs actifs dans la vente directe et sur Internet.
Les dirigeants de Transat ont réitéré hier que l'entreprise n'était pas à vendre et que la dernière tentative d'acquisition remontait à 1995. Elle avait été pilotée par le fondateur de la défunte Jetsgo, Michel Leblanc.
Dans l'espoir de profiter de l'affluence attendue à Québec pour les célébrations du 400e anniversaire de la ville, Transat a ajouté une troisième liaison hebdomadaire avec Paris. Pour l'instant, l'engouement ne se fait pas encore sentir, a indiqué M. Eustache.

