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L'heure est grave, ne négligeons aucune piste!

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Pierre Langlois
Envoyé Le mercredi 12 mars 2008 15:00



Je voudrais répondre à Madame Élyse Desjardins, dont je comprend très bien la réaction.

Pour ceux et celles qui ont une bonne connaissance des moteurs thermiques, le système Gillier-Pantone apparaît comme une hérésie, et avec raison! Après tout, on utilise bien un radiateur pour refroidir l'air comprimée par un turbo avant qu'il entre dans le moteur. Pourquoi? Simplement parce que de l'air plus froid contient plus de molécules d'oxygène pour un même volume, et on a intérêt à ce qu'il y en ait le plus possible pour augmenter la puissance des moteurs et/ou réduire la grosseur de ceux-ci. Alors, envoyer de la vapeur à 400°C dans les pistons ça va à l'encontre du bon sens!

Par ailleurs, Madame Desjardins a raison en mentionnant que l'injection d'eau dans les moteurs d'avions de chasse avait pour but principal de leurs permettre de fonctionner à plus haute puissance sans qu'ils se désagrègent. On a d'ailleurs utilisé l'injection d'eau dans certaines voitures de course des années 1980, pour les mêmes raisons. C'est interdit aujourd'hui car les moteurs étaient trop puissants.

Mais, lorsque des centaines de personnes témoignent qu'elles ont obtenu des améliorations de consommation avec un système Gillier-Pantone, et que leurs témoignages sont disponibles sur Internet, alors je me dis qu'il y a peut-être quelque chose qu'on n'a pas compris et qu'il faudrait vérifier, à tout le moins. Surtout que l'histoire des sciences et des technologies est remplie d'exemples d'inventions qui ont été ridiculisées dans un premier temps, et souvent par des personnages éminents. Il suffit de rappeler l'exemple de l'avion des frères Wright dont la plupart des scientifiques de l'époque disaient qu'il était impossible qu'un «plus lourd que l'air» vole. C'est ce qui a fait que la presse ne s'est même pas dérangé pour aller les voir effectuer leur premier vol en 1903.

Maintenant, revenons au réacteur Gillier-Pantone et essayons de voir comment il pourrait bien fonctionner.

L'hydrogène semble une piste intéressante, car les chercheurs du MIT ont effectivement démontré qu'en en ajoutant 2% à 3% au mélange air-carburant on pouvait diminuer de façon importante la consommation de carburant (jusqu'à 30%). Ce n'est pas l'énergie de l'hydrogène lui même qui diminue la consommation (il y en a trop peu), mais plutôt le fait que l'hydrogène favorise une meilleure combustion du carburant, en raison de la plus grande vitesse de propagation de sa flamme. Ceux qui voudraient en savoir plus à ce sujet peuvent aller voir le site du Pasma Science and Fusion Center du MIT consacre une page au Plasmatron qu'ils ont développé. Vous pouvez y télécharger un document pdf d'une conférence donnée en 2004, en cliquant sur «More about the Plasmatron». Allez à

http://www.psfc.mit.edu/research/plasma_tech/pt_plasmatron.html

Par ailleurs, les conditions de température et de pression qui règnent dans les cylindres d'un moteur diesel robuste (T = 2200 °C, P = 70 Bars) sont semblables à celles qu'on retrouve dans les usines de fabrication de l'hydrogène à partir des carburants fossiles. De plus, dans ces usines, on utilise la vapeur d'eau qui réagit avec le monoxyde de carbone (CO) pour donner du CO2 et de l'hydrogène (H2). C'est la fameuse réaction «water gas shift» bien connue de l'industrie pétrolière.

Il est donc possible que la vapeur d'eau injectée dans les cylindres soit décomposée par une réaction semblable. Mais, pour que cette réaction se produise, il faut fournir de l'énergie, ce que le moteur diesel fait en comprimant les gaz dans les cylindres. Or, avec un réacteur Gillier-Pantone l'énergie thermique des molécules d'eau n'est pas uniquement fournie par la poussée des pistons, mais également par le réchauffement très important de la vapeur par les gaz d'échappement, qui sortent du moteur à 800°C environ. Par contre, lorsque l'eau serait décomposée dans les cylindres, elle libérerait alors toute l'énergie qu'on a fourni pour la décomposer, Y COMPRIS LA CHALEUR RÉCUPÉRÉE DANS LE TUYAU D'ÉCHAPPEMENT. En fait tout se passerait comme si le système Gillier-Pantone agissait comme une pompe à chaleur récupérant une partie de la chaleur normalement perdue dans les gaz d'échappement, pour la redonner aux pistons qui font tourner le moteur. L'autre possibilité c'est que la combustion du carburant soit améliorée due à la formation d'une petite quantité d'hydrogène, comme le Plasmatron du MIT. Peut-être que ce sont les deux phénomènes simultanément.

Bien sûr, il est important de valider tout ça par une étude détaillée dans un laboratoire bien équipé où travaillent des scientifiques compétents. MAIS IL FAUT LE FAIRE, la situation actuelle de la planète, et le déclin imminent de la production de pétrole, ne nous autorisent pas à prendre à la légère quelque piste que ce soit, surtout lorsque plusieurs centaines de fermiers ont transformé leurs tracteurs et en ont constaté les bienfaits.

En terminant, j'aimerais souligner le COURAGE de Louis-Gilles Francoeur qui met sa tête sur le billot en publiant un article comme celui d'aujourd'hui, dans le but de mieux faire connaître au grand jour des faits qu'on aurait tout intérêt à regarder de plus près.

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