Afrique du Sud - Zuma en appelle à la Cour constitutionnelle
Mots clés : corruption, perquisitions, Cour constitutionnelle, Justice, Afrique du sud (Pays)
Johannesburg -- Le chef du parti au pouvoir en Afrique du Sud, Jacob Zuma, a contesté hier devant la Cour constitutionnelle la légalité de perquisitions qui avaient permis de saisir des documents clés pour l'accusation avant son procès pour corruption en août.
En conséquence, le 28 décembre le procureur général a inculpé Zuma pour fraude, corruption, blanchiment d'argent, racket et évasion fiscale, dans le cadre d'une enquête tentaculaire impliquant le groupe d'armement français Thales.
Hier, Jacob Zuma, 65 ans, a fait une entrée discrète dans la salle d'audience à Johannesburg, où il s'est assis à côté de Pierre Moynot, le directeur exécutif de Thint, la succursale sud-africaine de Thales.
Il a écouté avec attention les arguments de son avocat Kemp J. Kemp, et les questions, parfois incisives, des 11 juges de la Cour constitutionnelle.
Les débats devaient se poursuivre jusqu'à ce soir. Les juges mettront alors leur décision en délibéré.
Même si, à terme, la justice donne raison à Jacob Zuma, cela n'empêchera pas forcément la tenue de son procès, prévu pour août, après des années d'enquête et de procédure.
En 2005, il avait été limogé de la vice-présidence du pays après la condamnation à 15 ans de prison de son conseiller financier Schabir Shaik.
Il avait alors été inculpé une première fois, mais les poursuites avaient dû être suspendues faute de preuves.
Jacob Zuma est soupçonné d'avoir sollicité, par le biais de Shaik, des pots-de-vin d'un montant de 500 000 rands (aujourd'hui environ 60 000 $) par an auprès de Thint, pour empêcher que l'entreprise soit inquiétée dans une enquête sur un contrat d'armement.
Parmi les documents saisis sur l'île Maurice en 2001 figure notamment l'agenda du directeur de Thint de l'époque, Alain Thétard, qui ferait mention d'une rencontre en 2000 avec Shaik.
Zuma, qui devrait être le candidat de l'ultramajoritaire ANC aux élections de 2009, a toujours clamé son innocence.
En 2006, il avait été jugé sous l'accusation de viol. Il avait assuré que la plaignante était consentante et avait été acquitté faute de preuves.

