Les républicains brandissent le spectre de l'impeachment - Le gouverneur de l'État de New York sous pression pour démissionner
Mots clés : Eliot Spitzer, impeachment, républicains, États-Unis (pays)

Photo: Agence Reuters
Les parlementaires républicains de l'État de New York ont sommé le gouverneur de démissionner dans les 48 heures, faute de quoi il s'exposerait à une procédure de destitution. L'association des gouverneurs républicains avait publié dès lundi un communiqué exigeant le départ du gouverneur. La plupart des commentateurs estimaient hier cette démission inévitable.
Selon un magistrat, parlant au New York Times sous couvert d'anonymat, les avocats du gouverneur devaient prochainement rencontrer le procureur pour voir quelles pourraient être les charges retenues contre leur client. Il a indiqué que les risques portaient sur la façon dont la prostituée avait été payée: en cas de tentatives de dissimulation de l'origine et des motifs des virements, il s'agirait de fraude, une accusation qui peut valoir jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.
Selon le New York Times, les enquêteurs avaient été alertés par des banques sur des mouvements financiers suspects concernant notamment le gouverneur de New York, avec des retraits en espèces qui finissaient sur des comptes de sociétés fantômes.
L'enquête a permis de remonter jusqu'à un réseau de prostitution de luxe, avec qui M. Spitzer était en contact régulier. Il aurait été piégé par le FBI à au moins six reprises en train d'organiser des rendez-vous avec une prostituée dans un hôtel de Washington.
Ce réseau international, qui fonctionnait sur l'Internet sous le nom d'Emperor's Club VIP, a été démantelé récemment et quatre responsables ont été arrêtés la semaine dernière à New York.
Selon le New York Times, des enquêteurs du FBI, après avoir obtenu l'accord du ministre de la Justice des États-Unis, ont notamment eu recours à une informatrice ayant précédemment travaillé comme prostituée à l'Emperor's Club VIP.
Des micros ont été placés dans les téléphones portables de certaines personnes soupçonnées d'avoir recours au réseau, qui employait une cinquantaine de prostituées à New York, Paris, Londres, Miami et Washington, pour des tarifs pouvant aller jusqu'à 5500 $ de l'heure.
Selon des documents de l'enquête, les enquêteurs ont consigné les contenus des enregistrements, et notamment une conversation dans laquelle Eliot Spitzer, dit «client nû 9 », organise les détails d'une rencontre avec une prostituée le 13 février, dans le prestigieux hôtel Mayflower de Washington.
La déclaration ne comporte pas le nom du gouverneur, ni celui de dix autres hommes ayant également eu recours aux services des prostituées, mais attribue des numéros aux clients.
Le rendez-vous de M. Spitzer avec la prostituée est relaté dans cinq pages qui rapportent une demi-douzaine de coups de téléphone entre le «client nû 9» et la personne chargée des réservations.
Les enquêteurs ont enregistré au total plus de 5000 appels téléphoniques, saisi plus de 6000 courriels, ainsi que des reçus bancaires, des notes d'hôtels et des billets d'avion et de train.
L'affaire embarrasse le camp démocrate. La candidate Hillary Clinton, que M. Spitzer soutient, a été très laconique hier, se contentant d'envoyer «ses respects» à la famille.
Le président républicain, George W. Bush, a quant à lui estimé que «c'était une situation triste», selon la Maison-Blanche.
Si le gouverneur Spitzer, ancien ministre de la Justice de l'État, démissionne, son successeur sera son adjoint actuel, David Paterson, 53 ans.
Noir et non-voyant, M. Paterson deviendrait le premier gouverneur noir de New York et le premier gouverneur non voyant aux États-Unis.

