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Sur la cause de ce recul.

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claude poulin (poulin.claude@videotron.ca)
Envoyé Le mardi 11 mars 2008 20:00



Cette nouvelle concernant le recul des cours d'histoire du Québec n'est pas surprenante pour ceux(très peu nombreux) qui connaissent l'évolution des programmes pré-universitaires de cégeps en particulier celui des sciences humaines. Au point de départ, il faut savoir que l'histoire a malheureusement a toujours été le parent pauvre des programmes de cégeps. En privilégiant la littérature et la philosophe comme cours visant à assurer les connaissances et la formation de tous les élèves, les cégeps ont fait un choix qui m'est toujours apparu discutable. L'histoire, ç'est connu, est une discipline de formation incontournable que reconnaissent en privé, les professeurs de philosophie de littérature de même que les professeur de sciences. Ils ont à y référer en tout temps. De plus, on sait que l'histoire est une discipline qui a plus d'attrait et qui atteint ses meilleurs objectifs lorsqu'elle s'adresse à des jeunes qui ont atteint un certain niveau de maturité intellectuelle et sociale. Soit celui qui correspond globalement à l'âge de ces élèves. Or, malgré cette réalité, toutes les tentatives pour promouvoir l'enseignement de l'histoire et lui attribuer une place dans les cours communs (obligatoires pour tous) ont échoué.

Voici quelques explications de cet échec. D'abord, la co-gestion et les intérêts corporatifs qui marquent depuis le début l'évolution des programmes ont été ici, comme pour d'autres cas semblables, une cause importante de cet échec. La co-gestion des programmes que l'on continue de pratiquer dans ce milieu entraîne à tout coup les pires effets dont le plus évident réside dans ces luttes où s'affrontent les professeurs de diverses disciplines. La réforme de 1995 a été à cet égard le point culminant de cette situation. En vertu des principes de cette réforme, il a fallu appliquer les nouvelles règles de programmes axés sur la pédagogie des compétences. Pour le seul programme de sciences humaines (baptisé pré-universitaire), il y avait dans mon cégep plus de dix disciplines représentées par une trentaine de professeurs. L'histoire n'était qu'une discipline parmi d'autres et les professeurs d'histoire en patit nombre. Le but du nouveau programme était de préparer les élèves à des études supérieures et de leur offrir les compétences nécessaires pour y réussir. L'élève inscrit dans ce programme devait pouvoir développer ces compétences dans l'un des trois domaines suivants : l'individu, la société et le monde. Les professeurs en assemblée avaient donc le mandat de mettre en place les cours pour chacun de ces trois champs., établir ensuite les compétences requises et rédiger des plans détaillés des cours dans cet esprit. Un laborieux plan de négociation a alors été mis en place.

Déjà minoritaires dans un large groupe de professeurs de sciences humaines dont toutes sortes d'autres intérêts étaient aussi présents (ancienneté, tâche, etc., il était évident que les professeurs d'histoire allaient être perdants. Et comme semble le suggérer Gilles Laporte, les professeurs d'histoire n'ont pas été assez habiles à définir leur champs de compétence et donc à défendre leurs cours.
Voilà un aspect majeur du recul de l'enseignement de l'histoire au cégep et donc de celui de l'histoire du Québec. En introduisant l'approche par compétences dans le renouvellement de ce programme, en laissant aux groupes d'intérêt le soin de s'organiser avec les contenus de cours, le MEQ a sans doute respecté le principe de l'autonomie cher à ce milieu mais il s'est fermé les yeux sur les résultats. On voit par cet exemple que jamais dans cette réforme le besoin des élèves a été pris en compte. Ce qui a la cote au cégep depuis cette réforme, ce sont les compétences qu'on applique dans le silence et sans résistance. Voilà un problème certainement plus grave que la baisse de l'intérêt pour le Québec chez les cégépiens.
Claude Poulin professeur d'histoire retraité de l'enseignement collégial.

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