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Quid de l'exigence d'une psychothérapie personnelle préalable pour le psy?
Faudrait-il croire qu'en matière d'aide face à la souffrance psychique, seules les études confèrent la compétence et que les professionnels seraient exempts, au motif qu'ils ont un diplôme, de tous troubles, manque ou souffrance? Devient-on psy parce qu'on est totalement équilibré?
Peut-être faudrait-il informer le public du constat d'Alice Miller (Alice Miller, (2002), L'avenir du drame de l'enfant doué, Le fil rouge, puf, p21-22). Selon elle, "il y aurait en tout psychothérapeute, une sensibilité, une capacité d'intuition, des «antennes» particulièrement développées qui «indiquent qu'enfant il a été utilisé - sinon abusivement exploité - par des êtres en état de besoin. (...) de fait les besoins inconscients, profondément refoulés, du thérapeute le pousseraient à chercher auprès d'un être plus faible la disponibilité que ne lui ont pas montrée ses parents», transférant ainsi sur la personne qui consulte la situation, restée inconsciente, de sa propre enfance.
Dès lors, n'est-il pas plus dangereux de se confier à un professionnel qui ignore ses propres manques, blessures voire qui les nie plutôt qu'à un professionnel qui en est conscient?
