Vos réactions
De l'homme extrême à la femme juste à point
Il est vrai, en effet, que si les hommes sont plus forts physiquement, ce sont les femmes qui le sont le plus biologiquement. Vrai aussi qu'en général, il est plus d'extrêmes au masculin et plus de modération au féminin (In medio stat virtus ?). Vrai également qu'hommes et femmes n'évaluent pas suivant un même ordre de priorités (valeurs) la plupart de leurs choix les plus significatifs. Etc.
Faudrait-il « s'en plaindre », faudrait-il déplorer qu'au féminin on soit plus axée sur des valeurs à connotation davantage humanitaire que guerrière ? ll semble que non. Si les femmes sont celles faisant le plus de courses, la course, elle, le «race-ism», typiquement, c'est de la gent masculine qu'il en émane le plus. Pas étonnant, considérant que ce "race-ism", l'homme le porte en lui au niveau des spermatozoïdes.
LA Question reste de savoir si ce 'modèle' - spermatozoïdal - vaut plus ou mieux que le 'modèle' ovulaire. Car tout, ultimement, est question de valeur(s). De valeur prééminente attribuée à ceci plutôt qu'à cela, à celui-ci plus qu'à celle-là. Mais si on avait erré : si l'ordre des valeurs pouvait se voir, lui aussi, coperniciennement révolutionnairement renversé ?
Qui peut prouver, en effet, que la course folle, effrénée, que la compétition féroce des uns contre les autres, «vaut» plus ou mieux que « The best thing about being a woman is the prerogative to have a little fun » ? QUI peut démontrer cela ? (Zarathoustra, bien sûr, dirait privilégier cela plutôt que ceci, mais n'en devrait pas moins reconnaître que, ça aussi, ce pourrait être une simple question de goût). La lucidité (les «lucides», on se souvient?) pourrait fort bien s'arrimer mieux à la ludicité qu'à la lucricité.
Belle leçon ici, aussi, relativement à la différenciation. Sexuée. Sexuelle. Où identité, sexuelle, dans la mesure même où il y a différence en jeu, ne saurait équivaloir à ou impliquer identicité. De traitement(s). Lorsqu'il y a différence en jeu, pour qu'il y ait égalité (de chances) ou équité, cette différence doit être prise en compte. À identité(s) distincte(s), donc, non-identicité requise.
Il ne saurait s'agir, certes, de justifier, empiriquement, des traitements sexuellement différenciés s'avérant incontestablement injustes, tels viols, porno, 'and the like'. Ce genre de traitement, aussi bien sexuellement qu'humainement et socialement injuste, ne saurait trouver quelque «validation», «excuse» ou justification que ce soit, ni a priori ni a posteriori. Par ailleurs, qu'on gagne ($$) séculairement, 'all in all', moins au féminin qu'au masculin, cela doit-il être considéré terrible, épouvantable, consternant ? Et si l'«argent», tiens, lui, ne 'valait' pas tant que ça ?... QUI, en effet, encore, peut démontrer « hors de tout doute raisonnable » que l'argent est LA Valeur, L'Étalon suprêmes, à l'aune desquels tout et tous devront, toujours et encore, se voir évalués pour le restant de l'éternité ? Et s'il y avait 'autre chose' - dans la vie - autre chose que l'argent ? Car, on le sait, à l'aune de l'argent, depuis des millénaires les femmes «valent» moins. On voyait cela, déjà, dans le Pentateuque, où (en l'appendice du Lv concernant tarifs et évaluations), relativement à « la valeur d'une personne, un homme entre vingt et soixante ans sera estimé à 50 sicles d'argent - [...] - pour une femme l'estimation sera de 30 sicles ». Rien de nouveau sous le soleil, donc, concernant la 'valeur' monétaire différentielle des sexes. Mais il se trouve qu'il n'y a PAS QUE 'ça' - l'argent. Sur Terre comme au ciel. En effet, « à l'origine », les fils de(s) dieux même auraient choisi, parmi les filles des hommes, les plus belles. La beauté pourrait valoir plus que l'argent, donc, lorsqu'on est femme tout au moins. Et ce interplanétairement. Ce qui n'est pas rien. Rien moins que rien ou que peu, a fortiori s'il était vrai que ce sera[it] «cela» - « la beauté - [qui] sauvera le monde »...
Bref, il s'agirait d'oser questionner l'ordre des valeurs. Une privilégiation d'emploi à « but humanitaire » ne serait pas censée 'valoir' moins, aujourd'hui, ou pour l'avenir, que l'antique pognon+++ d'origine ou d'évocation australopithèque. Une prise en compte judicieuse et rationnelle, assortie d'actualisation de la Différence, ne devrait pas 'valoir' moins que l'uniformisation, qu'une négation de différences renvoyant en partie non seulement à la culture mais aussi à la nature. Laquelle, si l'on veut faire preuve d'intelligence, ne saurait être ignorée, puisqu'«On ne commande à la nature qu'en obéissant à ses lois». Certes, la pauvreté matérielle, lorsqu'elle est extrême, «exagérée», obstrue l'accès au Bien-être. Mais il semble qu'il s'avérerait possible d'être relativement sinon considérablement heureux, assez indépendamment d'avoirs matériels (comme viendrait de le constater à son tour un Patrick Lagacé fraîchement revenu d'Haïti).
Il est intéressant de constater que les aires au sujet desquelles on dit qu'elles sont ce qu'il y aurait de plus important (Santé, Éducation, savoirs) -- et qui sont des 'fiefs' à prédominance féminine -- n'en laissent pas moins subsister un moindre revenu ($$) global-général-au-total des femmes par rapport aux hommes. En serait-ce une indication, cela, qu'il n'y aurait pas que l'argent dans la vie ? Ou même que l'argent ne la serait pas LA Valeur ou mesure suprême ultime - de la valeur (des êtres ou des choses) ? Susan Pinker a donc «raison», enfin, de souhaiter que les femmes -- qui s'y connaissent tellement, elles, en reproduction -- ne se bornent pas à reproduire de l'homme au monde ! Qu'elles osent aussi plutôt le signer, fémininement, tout autant d'elles-mêmes, de l'apport propre qu'elles peuvent lui instiller ou lui inspirer, au chapitre notamment de cette modération évoquée ci-dessus. Qui incarnerait, "live", le sage précepte antique du juste milieu. Qui n'est pas l'apanage du masculin, en lequel on retrouve, certes, le plus d'excellence-extrême (e.g. génies), mais au sein duquel défile aussi le plus de délinquance-extrême. Peut-être un tel monde serait-il moins 'excitant', mais il serait assurément moins 'excité', moins exténuant, plus r'posant...
