Élections municipales en France - Les Français envoient un avertissement à Sarkozy

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AFP , AP
Édition du lundi 10 mars 2008

Mots clés : Nicolas Sarkozy, Élections municipales, Parti politique, France (pays)

Des electeurs quittent un bureau de vote, à Nantes, à l'occasion du premier tour des élections municipales qui a eu lieu, hier, en France.

Photo: Agence Reuters

Paris -- Les Français ont adressé hier un premier avertissement à Nicolas Sarkozy. Son parti de droite a enregistré des revers significatifs au premier tour des élections municipales en France, présentées par l'opposition socialiste comme l'occasion de sanctionner le chef de l'État après dix mois de pouvoir.

La gauche est arrivée en tête sur le plan national. Les listes soutenues par le Parti socialiste, le Parti communiste, les Verts et divers gauche ont obtenu 47,5 % des voix dans les villes de plus de 3500 habitants, et les listes UMP et divers droite 40 %, selon un sondage CSA. Mais près des deux tiers des Français, 64 % selon le même sondage, ont voté en fonction de considérations locales, et seulement 25 % pour sanctionner Nicolas Sarkozy.

Le Parti socialiste l'a emporté notamment dès le premier tour à Rouen, capitale historique de la Normandie au détriment du maire sortant soutenu par l'UMP (Union pour un mouvement populaire, droite). L'opposition de gauche était bien partie pour faire basculer d'autres bastions de droite, comme Caen ou Strasbourg, ville qu'elle a placée parmi ses principaux objectifs, lors du second tour le 16 mars. Les maires sortants de gauche étaient largement favoris pour conserver Paris, Lyon et Lille.

Les résultats s'annoncent serrés dimanche prochain à Marseille, deuxième ville du pays, et à Toulouse, deux autres métropoles de droite briguées par la gauche. À droite, l'ancien premier ministre Alain Juppé a réussi à garder dès le premier tour la mairie de Bordeaux.

Le chef du Parti socialiste, François Hollande, a estimé que ce vote constituait un «avertissement» au chef de l'État, en particulier sur la question du pouvoir d'achat.

Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle largement battue en mai par M. Sarkozy, a évoqué un «vote sanction» et a appelé les électeurs de gauche à rester mobilisés pour le second tour.

De son côté, le premier ministre François Fillon a jugé le résultat «plus équilibré qu'annoncé». Reprochant aux socialistes de «mélanger les enjeux locaux et ceux de la Nation», il a lui aussi appelé son camp à la mobilisation.

Ce vote représentait le premier test électoral pour Nicolas Sarkozy depuis son élection, mais il est intervenu à un mauvais moment pour lui: en chute libre dans l'opinion depuis le début de l'année, il ne bénéficie plus du soutien que d'un Français sur trois environ. Un sur deux estimait que si l'UMP perdait «plusieurs grandes villes», il s'agirait d'une «défaite personnelle» pour M. Sarkozy, selon un récent sondage.

Les Français lui reprochent un manque de résultat sur le pouvoir d'achat, devenu leur préoccupation numéro un, et l'étalage de sa vie privée, marquée par un divorce retentissant suivi d'un remariage éclair avec l'ancien mannequin vedette et chanteuse Carla Bruni.

Réformes

Anticipant l'échec annoncé de son camp, M. Sarkozy avait assuré cette semaine qu'il ne se laisserait pas «distraire par les péripéties» et que le rendez-vous de son bilan n'aurait lieu qu'à la fin de son mandat, en 2012. Il a promis de poursuivre le rythme des réformes.

La mobilisation des 44 millions d'électeurs Français a en tout cas été forte hier pour ce type de scrutin, avec un taux de participation estimé à près de 70 %.

Le leader du parti centriste Modem, François Bayrou, a parlé lui aussi hier de «vote d'avertissement», tout en estimant qu'il ne s'agissait pas d'un «vote d'adhésion» pour les socialistes, qui restent en panne de projet et en proie à une crise de leadership.

Troisième homme de la présidentielle, M. Bayrou se présentait à Pau (sud-ouest) où il devra affronter un second tour, après avoir été devancé par le candidat socialiste. Quant au Front national (extrême droite), saigné financièrement par ses récentes défaites électorales, il ne présentait qu'un nombre réduit de listes.

Le scrutin visait également à renouveler la moitié des conseillers généraux, qui siègent dans les assemblées départementales. Le PS, qui dirige déjà une majorité de départements depuis 2004, espérait encore progresser.

Un des candidats de ces cantonales était suivi avec une attention particulière: Jean Sarkozy, 21 ans, a été élu conseiller général à Neuilly-sur-Seine, l'ancien fief de son père, situé près de Paris.


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