Sondage Ipsos - La déferlante Facebook n'a pas épargné le Québec

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Fabien Deglise
Édition du lundi 10 mars 2008

Mots clés : Facebook, réseau social, sondage, Québec (province)

61,3 % des 18-24 ans disent en effet avoir pignon sur pixel dans le plus populaire des sites de socialisation

Profil sur Facebook de Mark Zuckerberg, un des deux cofondateurs du plus populaire des réseaux sociaux sur le Web.

Photo: Agence France-Presse

La déferlante Facebook n'a pas épargné le Québec. En février dernier, environ deux millions de Québécois âgés de 18 ans et plus disaient en effet se promener dans ce vaste réseau social ouvert sur le Web, et ce, après y avoir affiché leur binette pour la première fois dans les cinq derniers mois. En moyenne.

Les jeunes filles semblent d'ailleurs y être particulièrement réceptives, surtout lorsqu'elles habitent à Montréal et dans sa proche région, révèle un sondage Ipsos-Décarie réalisé pour le compte du portail Internet indépendant Branchez-vous.com et dont Le Devoir a obtenu copie.

Lancé par l'entremise d'Internet entre le 11 et 15 février dernier dans un bassin de 1257 répondants, le coup de sonde -- le premier visant à prendre le pouls de la société québécoise sur le phénomène épidémique Facebook -- est, avec une marge d'erreur de 2,8 % 19 fois sur 20, catégorique: le vacarme des derniers mois autour de ce site de socialisation virtuelle a été efficace. Conséquence: les trois quarts des Québécois en ont entendu parler et 37,5 % d'entre eux y ont même succombé en élisant domicile dans cet univers en ligne pour partager des idées, des photos, des convictions, de la musique ou des projets de party avec leurs amis virtuels.

«Cette proportion est conséquente avec ce que l'on observe ailleurs en Amérique du Nord», remarque Carl Charest, directeur des contenus chez Branchez-vous.com qui, dès aujourd'hui et pour toute la semaine, va disséquer à partir des données d'Ipsos ce phénomène social qui fait vibrer 67 millions de personnes dans le monde (les Québécois représentent donc 3 % de cette masse réticulée).

«Facebook connaît un grand succès parce que ce réseau rassemble les gens et leur permet de renouer avec de vieilles amitiés, poursuit-il. On peut toutefois s'étonner de voir que le Québec a adhéré de manière aussi importante à ce concept qui, pour le moment, est offert uniquement par l'entremise d'un site en anglais. Quand la version française [dont le lancement est prévu dans les prochaines semaines, viennent d'annoncer les créateurs de Facebook] va apparaître, on peut donc s'attendre à voir ce chiffre augmenter.»

Jeunes et branchés

Sans surprise, c'est pour le moment dans les jeunes strates de la population que ce réseau social fait le plus sensation: 61,3 % des 18-24 ans disent en effet avoir pignon sur pixel dans Facebook tout comme d'ailleurs plus de la moitié des 25-34 ans, indique cette mesure de l'opinion publique. «Mais, doucement, Facebook interpelle aussi de plus en plus une clientèle plus âgée, ce qui confirme d'ailleurs son caractère généraliste», ajoute M. Charest.

Les femmes de moins de 24 ans sont néanmoins les plus représentées dans cet univers. Les trois quarts d'entre elles ont en effet indiqué discuter -- sur une base quotidienne dans la majorité des cas --, par l'entremise de cette vitrine en ligne, «ce qui correspond à l'image stéréotypée que l'on a d'elles quand elles socialisent», souligne Stéphane Gauvin, professeur de marketing à l'Université Laval et spécialiste des communautés virtuelles sur Internet.

Pour assouvir ce besoin, très humain mais exprimé dans un environnement binaire, elles peuvent d'ailleurs compter sur une constellation de 74 amis qui composent leur réseau personnel en ligne. C'est 33 amis de plus que la moyenne des membres québécois de Facebook soumis à la question. Fait étonnant toutefois, ces animatrices de réseau social en ligne consacrent environ 17 minutes par visite sur leur site préféré. Contre 19 minutes pour l'ensemble des usagers, âge et sexe confondus, de ce coin du cyberespace.

Mode et dépendance

Malgré ces données temporelles mais aussi le fait que 33,7 % des adeptes de Facebook avouent s'y connecter au moins une fois par jour, les trois quarts des répondants estiment toutefois qu'ils ne développeront pas pour autant une dépendance particulière à ce stimulateur de relations sociales, révèlent les données du sondage. «On est donc bel et bien devant une drogue, commente avec amusement M. Charest. Les symptômes sont là, mais on ne veut pas les voir.»

Toutefois, la majorité des répondants veulent bien voir que Facebook n'est peut-être qu'un phénomène de mode, forcément passager. 56 % des sondés le croient d'ailleurs, mais ne se hasardent pas à dater un inévitablement fléchissement de tendance dans ce monde très mouvant de la communication humaine.

«Pour le moment, la fréquentation et l'usage de l'ensemble des autres réseaux sociaux en ligne [comme Myspace, MSN spaces ou Linkedin] plafonnent, dit Stéphane Gauvin. Bien sûr, Facebook [qui depuis septembre dernier a le vent dans les voiles] ne va pas disparaître comme le hula hoop. Mais si vous me demandez s'il va y avoir plus de membres ou moins de membres actifs d'ici la fin de l'année 2008, je penche plutôt pour la deuxième hypothèse.»

La perspective n'est d'ailleurs pas partagée par tous et certainement pas par Branchez-vous.com qui vient de décréter que cette semaine sera la «Semaine Facebook au Québec». Une semaine où, sur la base de ce coup de sonde d'Ipsos-Décarie, les thèmes de l'amitié virtuelle, de la sécurité ou encore de l'âge dans Facebook doivent être abordés dans une série de reportages diffusés sur ce portail Internet, et ce, pour mieux comprendre ce phénomène, mais aussi «dompter la bête», conclut Carl Charest.


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Facebook disponible en français - par Nicolas Thibodeau (nicotibodo@hotmail.com)
Le lundi 10 mars 2008 08:00

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