Apple lance son iPhone dans les jambes du BlackBerry

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Bruno Guglielminetti
Édition du lundi 10 mars 2008

Mots clés : Microsoft, BlackBerry, iPhone, Informatique, États-Unis (pays)

L'appareil multifonction bénéficiera d'une passerelle avec les serveurs de messagerie Exchange de Microsoft

Scott Forstall, responsable du développement des logiciels de l'iPhone, a expliqué la semaine dernière à Cupertino comme l'appareil allait dorénavant être ouvert aux applications créées par des développeurs de l'extérieur.

Photo: Agence France-Presse

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Steve Jobs sait attirer l'attention des médias. La semaine dernière, lors d'une grande messe comme seul Apple peut en organiser, le grand patron de l'entreprise en a profité pour faire miroiter l'avenir de l'iPhone et cet avenir, il est prometteur.

Dans un contexte où l'Union internationale des télécommunications nous rappelle qu'un terrien sur deux aura bientôt un téléphone cellulaire dans sa poche, pas surprenant de voir que le fabricant Apple voit également son avenir passer par la téléphonie cellulaire. C'est dans ce sens que Steve Jobs a fait de nombreuses annonces ces derniers jours.

En commençant par son intérêt pour le monde des affaires, pas tellement pour leurs vendre des actions, car ça fonctionne déjà très bien. Non, plutôt pour leur vendre des téléphones. Steve Jobs veut rien de moins que de voir l'iPhone conquérir le royaume du BlackBerry. Pour ce faire, la nouvelle version du système d'exploitation de l'iPhone, qui sera disponible en juin, offrira une passerelle entre l'appareil et les serveurs de messagerie Exchange de Microsoft.

Dans ce contexte, c'est donc dire qu'un utilisateur d'iPhone en entreprise pourra synchroniser son appareil avec son carnet de contacts, son calendrier et ses courriels en provenance d'un serveur de l'entreprise qui utilise les outils de bureautique de Microsoft. La nouvelle version du système d'exploitation sera également plus sécuritaire, ce qui devrait convaincre certains administrateurs de réseaux d'ouvrir leurs réseaux aux appareils du fabricant Apple.

Les développeurs bienvenus

Une bonne façon de séduire les gens d'affaires, c'est également en ajoutant des outils de tiers partis. Des logiciels qui aideront à être plus productif au quotidien. C'est pourquoi le moment est parfait pour Apple d'ouvrir son téléphone cellulaire aux idées des autres développeurs. Apple vient en effet de lancer une trousse de développeur pour les entreprises qui désirent investir dans le domaine du logiciel pour iPhone.

Déjà plusieurs montrent leurs intérêts envers l'appareil d'Apple. C'est notamment le cas de gros joueurs comme Sun qui a déjà confirmé vouloir offrir un lecteur Java à l'iPhone. Une nouvelle qui devrait faire boule de neige, car en utilisant la langue de programmation Java, plusieurs autres éditeurs de logiciels pourront espérer faire migrer des outils existants ou des nouveaux outils vers l'iPhone. Mais au même moment, l'éditeur Adobe a reçu une rebuffade de la part de Steve Jobs la semaine dernière. Ce dernier évoquait le fait que le lecteur Flash Lite n'était pas assez bon pour se retrouver dans son téléphone. Est-ce que ça signifie que le fabricant Apple pourrait se tourner vers la technologie concurrente Silverlight de Microsoft, comme Nokia vient de le faire?

De grands défis

Chose certaine, les défis sont grands pour les développeurs de logiciels dans l'élaboration de nouveaux outils de travail et de divertissement pour le iPhone. Car, d'un côté, Apple indique dans sa trousse de développeur qu'il ne permettra pas aux éditeurs de logiciels de faire fonctionner un logiciel en arrière-plan, comme le permettent Microsoft ou Symbian avec leur système d'exploitation pour téléphone cellulaire. Apple veut éviter que l'appareil soit moins performant à cause d'un grand nombre de logiciels qui fonctionneraient en arrière-plan. Concrètement, cela veut dire que lorsque la fenêtre d'un logiciel ne sera plus en avant-plan, celui-ci ne fonctionnera plus.

Mais, de l'autre côté, Apple met en garde les développeurs sur le fait que l'utilisateur ne devra pas sentir cet effet négatif. L'utilisateur devra plutôt voir cela comme un geste aussi simple que de choisir un logiciel chaque fois qu'il veut l'utiliser. Bonne chance à ceux qui voudront développer le prochain logiciel de messagerie instantanée de l'iPhone...

Cela étant dit, l'intérêt pour l'iPhone ne se dément pas. Encore hier, j'apprenais que les utilisateurs anglais de l'appareil ont maintenant droit à une version iPhone du lecteur audio et vidéo de la BBC. De son côté, les éditeurs de jeux vidéo EA et Sega ont déjà présenté publiquement des productions qui seront bientôt disponibles pour le téléphone d'Apple et l'éditeur de jeux Gameloft, spécialisé dans les jeux vidéo pour cellulaire, semble avoir plus d'une quinzaine de titres au catalogue uniquement pour le iPhone.

Au Canada, quand?

Et puis, du côté du consommateur, l'intérêt est toujours là. Pas une journée ne se passe sans que je reçoive cinq ou six courriels de lecteurs et d'auditeurs qui veulent savoir à quand l'arrivée de l'iPhone chez nous. Et ma réponse est toujours la même: pas d'iPhone sur le radar de Rogers ou Fido. Les deux entreprises ont bien testé l'appareil, ils en ont dans leurs tiroirs comme tous les gens de l'industrie, mais pas de date de sortie encore sur le babillard.

La bonne nouvelle pour les amateurs de l'appareil qui vivent d'espoir depuis bientôt deux ans, c'est de savoir que Rogers préparerait une nouvelle politique tarifaire d'ici à la semaine prochaine. L'opérateur offrirait des forfaits mieux adaptés à ce type d'appareil, donc dans l'immédiat, de meilleurs forfaits pour le transfert de données et de navigation sur Internet pour les clients qui utilisent des BlackBerry et autres appareils qui utilisent ces fonctions.

***

bguglielminetti@ledevoir.com

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).


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