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Pour en finir avec ces détournements de l'idéologie féministe

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benjamin prudhomme
Envoyé Le jeudi 20 mars 2008 11:00



Ce n'est pas le rôle de femme au foyer qui est dénigré, M.Pageau, mais ses conséquences qui sont négatives dans les cadres politique et économique actuels. Avec l'augmentation croissante des taux de divorce - plus de la moitié des unions se termineront ainsi - il est aisé de comprendre que le rôle de femme au foyer - non rémunéré - ne représente pas une avenue positive d'accession à la liberté économique et personnelle de la femme.

Sans revenu, comment peut-elle être en mesure de répondre à ses besoins - et à ceux des autres individus de son ménage - dans un monde capitaliste? Et c'est en ce sens que le rôle de femme au foyer devient négatif, puisque le contexte économique et politique (qui n'accorde pas le statut de métier rémunéré à la femme au foyer) nuit à son indépendance financière et personnelle. Du même coup, cette indépendance qu'a fortement accrue le mouvement féministe, s'en trouverait sapée.

Quant à votre exemple de M.Couillard, le Ministre a bien raison. Comme il est expliqué ci-haut, les conséquences pour les femmes du rôle de mère au foyer sont toujours fort désavantageuses pour leur statut économique. C'est donc dire que dans le CONTEXTE ACTUEL, le rôle de mère au foyer n'est pas particulièrement avantageux pour la femme. Ceci dit, l'idéologie féministe n'a jamais affirmé que ce rôle, de par sa définition même, soit négatif. Il affirme plutôt d'une part qu'il ne devrait pas être uniquement féminin (voir l'enfant comme responsabilité maternelle seulement). D'autre part, il affirme qu'il n'est pas positif dans le cadre actuellement en vigueur de non rémunération et reconnaissance de cette fonction.

(Je vous cite) : «Et pour l'écart entre la représentation des femmes dans certains emplois et leur salaire, c'est du en grande partie à l'approche de la femme face au travail qui est différente». Bien sûr ! Mais à quoi est due cette approche différente selon les sexes ? Au fait que les femmes acceptent moins de postes de direction et font moins d'heures de travail que les hommes. Et pourquoi cela ? Parce que la conciliation emploi-famille est toujours perçue comme une responsabilité relevant de la femme. Du même coup, ces dernières ont une double identité de mère et de travailleuse qui les pousse à refuser des promotions et des postes mieux salariés, qui leur demanderaient différentes concessions impossibles à réaliser dans le cadre de leur ''double identité''. Je vous invite en ce sens à consulter «Espaces et temps de la maternité», de Francine Descarries et Christine Corbeil.

Finalement, vous affirmez que l'hypersexualisation serait «la conséquence de la normalisation du travail pour les femmes». Vraiment ?
En quelle mesure l'intensification de la présence de la femme sur le marché du travail serait responsable de l'hypersexualisation ? Éclairez-moi, M. Pageau, car j'y vois jusqu'à maintenant qu'une incompréhension totale des enjeux féministes actuels. Vous avez tissé une relation de causalité entre deux variables qui n'ont aucun lien entre elles.

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