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Une menace qui n'existe pas ?

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Jean TURGEON (jeanturg@coopcscf.com)
Envoyé Le lundi 10 mars 2008 12:00



Eh ben, dites donc ! On est optimiste en grand sur la planète Montréal !

Croyez-vous donc que notre société francophone soit éternelle? Non, évidemment ! Alors dans ce cas, combien de temps lui donnez-vous à vivre ? « Ça, c'est la question», comme l'écrivait littéralement Shakespeare dans sa langue et en son temps et que Jean-Louis Roux a traduit plus récemment dans la notre par «Existence ou néant ?». Pour ma part, je répondrais : l'existence... en tout cas le plus longtemps possible.

Pour ce qui est de l'impression qu'un Québécois de province comme moi peut avoir de la situation linguistique à Montréal, quand il y va faire un tour de temps en temps depuis 56 ans, eh bien voici : Montréal se francise en surface (avec des panneaux en français rue du Parc, par exemple] ; se «bilinguise» au quotidien, au point qu'il s'y développe insidieusement une sorte d'espéranto métropolitain fait d'anglais et de français dans la même phrase, phrase après phrase..., et parlé par les anglos autant que par les francos (mais nous sommes nombreux à considérer ce phénomène comme un recul, comme de l'indigence intellectuelle, voire la négation même de toute identité linguistique) ; enfin à terme, Montréal s'anglicise.

Mais, vous avez raison : pourquoi s'alarmer ? pourquoi s'en faire ? quand tout doit mourir un jour : les êtres, les dynasties, les sociétés les empires... Alors, un peu plus tôt... un peu plus tard ? Who cares ? comme pourrait bien déjà l'écrire un professionnel comme Vincent Marissal dans le plus grand quotidien francophone d'Amérique.

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