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Elle a succombé à la tentation de Schtroumpfer.

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Gerry Pagé
Envoyé Le samedi 08 mars 2008 12:00



Sous le co-patronage de Gérald Larose, Pauline Marois s'apprête à introduire dans nouveau coran (programme) de l'intégrisme péquiste, le livret - guide des gestes de souveraineté dont sa galerie parlait-parlait et dont le thuriféraire Gérald Larose palabrait-palabrait. Sous le co-solidarisme de la syndicaliste séparatiste Monique Richard, Pauline Marois s'apprête à rédiger de nouveaux versets moins durs qu'elle introduira au nouveau coran (programme plus mou et frangé de dorures et de dentelles empesées), tentant d'effacer le fanatisme séparatiste que prônait le souverain pontife Landry. Ces versets de dernière heure sont également destinés à neutraliser les antiennes de l'obscurantisme sécessionniste du parrain Parizeau. C'est, en somme, ce qui constituera les objets dont son entourage jasera-jasera et jacassera-jacassera à s'en péter la glotte et en lâcher des vents. Forte de l'escorte du rédemptoriste preacher et cardeur de consciences, Gérald Larose, la châtelaine Pauline croit pouvoir évacuer et tirer silencieusement la chasse de l'exercice démocratique d'un référendum qu'elle frappe du sceaux suprême de son autorité d'emprunt, parce qu'elle ne connaît que trop bien les résultats dévastateurs d'un prochain référendum la reléguant aux quelques carpettes de la troisième opposition, après Québec Solidaire, si l'on tient compte, entre autre, de son évolution plutôt chaotique du dernier trimestre.

Dans un striptease sans précédent, le phénomène Pauline est à effeuiller et à dénuder progressivement son idéologie souverainement présidentielle et majestueusement républicaine, doit-on comprendre, puisque l'impérialisme auquel elle et les siens carburent, ne peut pas être avoué. Ce serait un suicide politique! Elle a tellement superposé de couches, au cours des trente dernières années, que nous ne sommes pas à la veille de voir le fond de sa pensée régressivement évolutive, malheureusement, en raison des revirements, des virages et des verbiages contorsionnistes auxquels les accros séparatistes la pressent et la compressent. Ses tergiversations les plus récentes sont allées de l'effervescence à la turbulence, de la gouvernance nationale à la conversation nationale, des gestes de souveraineté aux gestes de rupture qu'elle laisse aux autres le risque d'en libérer les fantômes. La suite ira selon les pressions et compressions, les tactiques et stratagèmes de l'heure ... Pourtant, je me souviens avoir entendu Pierre Bourgeault affirmer sans ambages : «On ne fera jamais avancer ni gagner une idée, en s'excusant de l'avoir»

C'est à l'heure du Sommet des sophismes de Saint-Hyacinthe que seront exposés les leurres qui devront titiller les 500 délégués et festoyeurs péquistes, séparatistes, souverainistes et républicains vacanciers tous azimuts, en week-end de lessivages et d'essorages de cerveaux, fébrilement réunis pour libérer la jactance de leurs enthousiasmes utopiques et pour donner libre cours au délire visionnaire de leur chimérique imaginaire, ces «objets de conversations souveraines» qu'ils demanderont aux médias sympathiques, tel Radio Canada, de multiplier comme des petits pains et d'en faire la promotion régionale et la propagande nationale. Pour une première fois, sous le regard attentif des Québécois lucides, ils s'adonneront aux exercices des «conversations nationales» sur leur souveraineté et sur les attributs électoralistes de leur Châtelaine qui a tout quitté, des parfums de ses jardins jusqu'aux conforts de son palace, pour leur promettre le paradis impérial et, bras dessus bras dessous, la main dans la main, les yeux dans les yeux (médias obligent), pour diriger leurs piétinements, lors de sa prophétique promesse d'une traversée devant mettre fin au purgatoire de leurs défaites cuisantes et de leurs déboires brûlants.

Quelle régression! Quel inextricable mélange de duplessisme et de créditisme dont le méli-mélo prend la forme d'un crétinisme politique gélatineux qui ne prend pas! Quelle indigeste poutine des rebours et des débours, des contresens et des inepties du régressant nationalisme de ringards intellos patriotards dont «l'autonomie éternelle», pour un grand nombre des instigateurs, fut l'heureux soulagement de leurs fixations et dépendances plus régionales que nationales, plus insulaires que continentales, plus sidérales que terrestres.

Tous les éléments d'un long métrage sur le coran péquiste sont réunis. Les derniers acteurs de la trahison de l'idéal de René Lévesque, du lamentable échouement séparatiste de 2003, du tsunami électoral 2007 et des gestes de souveraineté (camouflage de la rupture) qui feront l'objet des conversations nationales de 2008, sont à tourner les dernières séquences d'un film dont FITNA serait le titre approprié. Ça fera parler-parler et jaser-jaser, jacasser-jacasser et palabrer-palabrer à souhait ... N'importe quoi, pourvu qu'on en parle, qu'on en jase, qu'on en converse et que l'on tue ainsi le temps qui reste..

L'idéal de René Lévesque, celui de donner à tous les Québécois l'envie et la fougue de construire ensemble un Québec à la mesure de leur potentiel, auquel idéal, Pauline Marois substitue l'ambition personnelle de se procurer son Québec à elle et aux quelques patriotards assoiffés de pouvoirs à pétards qui montent sa garde, cet idéal de René Lévesque, dis-je, est en droite ligne et au seuil de son exit fatal.

Quand on y regarde de près, le cumul des frasques du fédéral, ajoutées aux bourdes du provincial, tous clans de la crasse politique confondus, auquel palmarès viennent s'ajouter les gaffes et méprises du condor municipal de la Vieille Capitale, la pollution de nos environnements vitaux devient une agression quotidienne odieusement insupportable. Est-ce un accident de parcours, un signe des temps ou le nouveau swing du millénaire? Aux prochaines élections, auxquels d'entre eux, des irresponsables farfadets minoritaires «fédéralisses» de Jean Charest, des tertiaires grabataires «séparatisses» de Pauline Marois ou des angéliques secondaires et ordinaires «autonomisses» de Mario Dumont, va-t-on confier la «régression systématisée» ou «la gouvernance gesticulatoire et désarticulée» ou «la gestion improvisée et à tâtons populistes» de la «la Nation Québécoise»? Pour combien de temps encore, ce brûlant purgatoire peut-il durer?

Sérieux! Comment peut-on dessiner le Québec de demain et d'après demain, avec la gang d'assujettis libéraux, la gang de rabougris séparatistes et la gang d'apprentis adéquistes que nous voyons ramer chacun pour soi, dans la cacophonie la plus complète et le désordre idéologique le plus exaspérant? Qui de Charest, de Marois et de Dumont connaît suffisamment les Québécois et ce qu'ils sont devenus en 2008, pour rédiger LE PROJET SOCIÉTAL qui s'adresse au coeur et à la raison des Québécois, non pas aux portefeuilles des partisans et commanditaires, LE PROJET SOCIÉTAL qui puisse, par sa spécificité, son authenticité et son réalisme chiffré, retenir l'attention de notre intelligence collective, gonfler les muscles de notre carrure et activer les montures chargées de l'érection de notre stature distinctive? S'ils n'en veulent rien savoir, pourquoi continuons-nous à rémunérer si grassement leurs poursuites d'intérêts personnels et l'engraissement de leur ego? Les trois que nous avons quotidiennement devant nous, sont d'ambitieux carriéristes politiques et profiteurs d'une conjoncture nationalement ambiguë qui les favorise. Ce sont des verticalistes qui salivent à la seule vue du pouvoir accessible et de la collusion des pouvoirs disponibles (amis - amis).

Le Québec parfaitement sur mesure et paradisiaque, n'existera jamais. Le Québec conversationnel et fusionnel dont rêve Pauline Marois n'existe que dans la rêvasserie et le fantasme surréaliste. Amenez la souveraine républicaine dans les quartiers pauvres, les bidonvilles et tous les recoins du Québec profond où s'écrasent les démunis, où l'on touche du doigt la souffrance des malades et la désespérance des aînés que tente de leurrer Marguerite Blais et demandez à la châtelaine de s'assoire parmi eux et parmi elles, afin de voir et d'écouter la misère québécoise. Demandez-lui, par la suite, quels mots elle a trouvés pour vendre son option élitiste, élective, sélective et exclusive, pensée par des pachas pour des poussahs. Je parie à deux contre un, que la grande dame va sitôt vendre son miroir aux alouettes de Charlevoix et qu'elle va sitôt se réfugier dans les acquis royaux de son palace de l'Île Bizarre dont il lui faudrait jouir avant de mourir, laissant au souverain pontife Landry, à son révérend Larose et à leurs thuriféraires grabataires et débonnaires, le soin de mettre la clef dans la porte d'un Temple Solaire Imaginaire maintenant déserté et dont la décrépitude en est à son point de non retour. Par ailleurs, si vous demandez à Charest de passer par là, c'est évident qu'il mandatera une Commission et quelques doctoraux itinérants de sa collection, scandaleusement graissés, pour y aller faire lever quelques perdrix. Si Dumont et ses druides silencieux et soumis y vont, il est fort risqué qu'ils en reviennent avec un nouveau parti tricéphale, un panache opportuniste pour mieux affronter le dualisme post-péquiste, l'aplaventrisme néo-libéral et le rétro-bicéphalisme de Québec Solidaire.

Alors que bourlinguent les pirogues des mauvais sorts et que voguent les galères de la fatalité québécoise, cette cahoteuse et triste réalité qu'aucune des célébrations bourgeoises ni des tombolas plébéiennes du 400e n'arrivera à évacuer et faire oublier, d'où pouvez-vous donc tenir et comment pouvez-vous alors titrer, comme vous le faites, Bernard Descôteaux, que «CE VIRAGE», aux allures de «capotages souverainistes» et de «chirages séparatistes» sans précédent, SOIT NÉCESSAIRE? Pour quels Québécois serait-ce nécessaire?

Gerry Pagé
Ville de Québec

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