Mots clés : anglais, bilinguisme, Français (langue), Langue, Québec (province)
À lire ce qui s'écrit par tous et chacun sur la question des avantages et des inconvénients du bilinguisme au Québec, il me revient souvent à l'esprit cette sage parole de Félix Leclerc selon qui «l'ignorance a le mépris facile». On dirait en effet que lorsqu'il s'agit de la langue, les excès de langage sont bien souvent inversement proportionnels à la force des arguments.
Selon Bernard Desgagné («Le Québec sait-il assez parler anglais?», Le Devoir, 5 mars 2008), je «[...] colportais récemment dans les journaux [«Le bilinguisme: une richesse», La Presse, 19 février 2008] les prétendus bienfaits neuronaux du bilinguisme, bienfaits qu'aucune étude n'a jamais démontrés». Au risque d'alourdir ses envolées avec des faits, je lui répondrai que des recherches étalées sur une trentaine d'années auprès de milliers d'apprenants des programmes d'immersion française ont bel et bien démontré les bénéfices intellectuels (souplesse cognitive, créativité, etc.), sociaux et affectifs (moins d'ethnocentrisme et de xénophobie, etc.) que retiraient généralement les enfants issus de ces programmes (et ayant donc appris le français intensivement par le truchement d'autres matières scolaires). J'aimerais à mon tour demander à ce monsieur sur quelles données au juste il appuie ses propres observations reliant à qui mieux mieux ses convictions politiques, le statut de l'anglais au Québec et celui du bilinguisme dans les pays scandinaves, la qualité du français et la facilité pour l'anglais, la traduction comme remède à l'unilinguisme et tout ce méli-mélo d'affirmations aussi gratuites que tendancieuses.