Marseille - Jamais sans ma mer
Mots clés : Eau, Marseille, port, France (pays)

De l'autre côté de la rue, de somptueuses villas bâties au XIXe siècle par de riches négociants se cachent dans les collines, entourées de parcs luxuriants. Face à la plage du Prophète, le quartier homonyme et ses maisons sur la butte sont chers au coeur de ses habitants.
Plus loin, le quartier d'Endoume abrite le port miniature de la Fausse Monnaie et la presqu'île de Malmousque au cachet de petit village tranquille.
D'étroites ruelles tortueuses descendent en pente douce vers la mer, dont il faut explorer les recoins, de jolies maisons avec jardinet, le Petit Nice-Passédat, l'hôtel le plus réputé en ville, et, tout au bout, un sentier en bord de mer où l'on se croit en pleine nature. Après le Vallon des Auffes, minuscule port de pêche pittoresque réputé pour ses restaurants de poisson, on rejoint la plage des Catalans et le jardin du Pharo dominant l'entrée du Vieux-Port du haut de son promontoire.
L'âme des vieux quartiers
Le matin, quand les pêcheurs installent leurs étals de poissons face à La Canebière, l'ambiance sur le Vieux-Port est garantie! Marseille est née dans cette calanque du Lacydon et s'est développée d'un seul côté jusqu'au XVIIe siècle, sur les trois buttes (Saint-Laurent, Moulins et Carmes) formant le quartier du Panier. La cité actuelle s'est constituée au XIXe siècle par l'intégration de 111 villages peu à peu inclus dans le tissu urbain. À côté de l'hôtel de ville, l'Espace Villeneuve-Bargemon, esplanade piétonne inaugurée en 2006, coiffe avec brio une extension souterraine de la mairie et monte vers l'ancien hôpital Hôtel-Dieu et le Panier.
Ce quartier, ancien refuge des immigrants pauvres, était très mal famé. En partie détruit pendant la Deuxième Guerre mondiale, il est en pleine réhabilitation depuis 30 ans et devient un pôle culturel. Il faut se perdre dans ce labyrinthe d'escaliers raides et d'étroites ruelles, entre la Montée des Accoules et son clocher du XVIe siècle, la paisible Place des Moulins aux maisons crépies en rose, la très vivante Place de Lenche et son théâtre de 30 places, et découvrir les ateliers d'artisans.
En bas de la rue des Pistoles, la Vieille Charité est une oeuvre architecturale majeure de la fin du XVIIe siècle, avec une remarquable chapelle baroque à coupole ovoïde au milieu d'une grande cour entourée de galeries à arcades. Cet ancien hospice sauvé du délabrement dans les années 1970 par d'énormes travaux de restauration abrite aujourd'hui plusieurs musées et des expositions temporaires. C'est ici qu'a été présentée, en 2005, la splendide expo Sous le soleil exactement, avant sa venue au Musée des beaux-arts de Montréal à la fin de la même année.
Une vigie protectrice
On la voit de partout. Celle que tous les Marseillais, croyants ou pas, appellent affectueusement «la Bonne Mère» veille sur la cité dont elle est le symbole du haut de sa colline de 148 mètres. Construite par l'architecte Jacques-Henri Espérandieu entre 1853 et 1864 sur l'emplacement d'un sanctuaire du XIIIe siècle et d'un ancien fort de vigie, la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde occupe un site époustouflant. Des larges terrasses, tout Marseille à nos pieds se perd sur l'horizon de l'infinité maritime: 360 degrés de vue aérienne, dont des dizaines de kilomètres de côte bordant une mer azurée qui scintille au soleil, les îles du Château d'If et du Frioul, le phare du Planier, le Vieux-Port et les quais de la Joliette. Grandiose! L'église, dont le clocher est surmonté d'une statue de 11 mètres de la Vierge dorée à l'or fin, est bâtie avec quatre pierres de taille, dont le calcaire blanc et la golfalina, un grès vert de Toscane très sensible à la pollution. Une restauration majeure de l'édifice, commencée en 2001, se terminera cette année. La façade au style italianisant a retrouvé son authenticité. Les travaux intérieurs, évalués à cinq millions d'euros, ont rendu leur splendeur à la nef en marbre blanc et rose, et surtout aux 1200 mètres carrés d'exceptionnelles mosaïques murales byzantines, réalisées en 1891 par des maîtres vénitiens. Une merveille sur fond d'or, composée de millions de tesselles formant un dessin de végétaux et d'animaux tout en finesse, à l'étendue chromatique rare.
Héritage bourgeois
Au XIXe siècle, dans un Marseille en plein essor, des familles de riches commerçants se font bâtir de splendides demeures. Le fortuné Alexandre Labadié, négociant en textiles, choisit le quartier bourgeois du Palais Longchamp pour s'installer, en 1873, dans un hôtel particulier cossu, où il rassemble avec un goût éclectique une collection de peintures et dessins, de 70 tapisseries des XVIIe et XVIIIe siècles, de porcelaines et autres. Sa fille Marie poursuit son oeuvre avec son second époux musicien, Louis Grobet. Au décès de ce dernier, Marie lègue la confortable demeure et son contenu à la Ville pour en faire un musée, dont elle surveille l'aménagement, cet ensemble exemplaire devant être conservé tel quel. Pari réussi. Dans l'ambiance feutrée des salons, salle à manger, chambres, antichambres et bibliothèque richement décorés de tableaux des maîtres flamands et italiens, tapisseries d'Aubusson et des Gobelins, tentures des Flandres, instruments de musique anciens et meubles de famille, on s'attend à croiser Marie au détour d'un couloir!
La campagne Montredon-Pastré est un vaste domaine situé entre la mer et le massif de Marseilleveyre. En 1862, le riche négociant Eugène Pastré y fait bâtir, en pleine pinède, une superbe bastide en brique rose et en pierre qui restera propriété de la famille pendant des générations. Depuis 1995, elle abrite le Musée de la faïence. Une collection de 1500 pièces couvrant 7000 ans de l'histoire de la céramique, dont l'essentiel est consacré à la célèbre faïence marseillaise et provençale qui atteignit son apogée fin XVIIe. La fabrique Clérissy et ses grands plats décorés en bleu et blanc, la fameuse veuve Perrin, connue pour la virtuosité de ses décors floraux et scènes pastorales miniatures polychromes de petit feu, la fabrique Louis Leroy et ses dessins japonisants, et les faïences de Moustiers aux typiques décors de grand feu ont ici trouvé leur écrin.
Demain, l'avenir
Marseille fait l'objet de l'un des plus vastes plans d'aménagement urbain d'Europe actuellement en cours. Lancé en 1995, le pharaonique projet Euroméditerranée a pour but la relance économique, sociale et culturelle de la ville, pour la placer au rang des grandes capitales. L'opération couvre 480 hectares, doit être achevée en 2012 et coûtera dans les 3,5 milliards d'euros: réaménagement de six quartiers, création d'un quartier d'affaires à la Joliette (port de commerce), anciens docks transformés en bureaux, construction d'Euromed Center, de la Cité de la Méditerranée avec un grand musée national, le MuCEM, réhabilitation de la rue de la République aux immeubles haussmaniens, aménagement d'un Musée des arts décoratifs au Château Borély. Aussi, arrivée du tramway (2007) et agrandissement de la gare Saint-Charles avec, au final, la création de 20 000 emplois, la construction de 4000 logements et la réhabilitation de 6000 autres. Dans ce grand chambardement qui, TGV aidant, met presque Marseille aux portes de Paris, entraînant une flambée des prix de l'immobilier, espérons que la Ville ne perdra pas son âme.
En vrac
- Circulez en transports en commun (métro, bus, tram) ou en vélo grâce au système de location en libre-service. On compte une centaine de stations identifiables par leur logo bleu. Première demi-heure gratuite. http://www.levelo-mpm.fr .
- Découvrir: Centre de la Vieille Charité, 2, rue de la Charité (2e). 04 91 14 58 80, www.vieille-charite-marseille.org. Musée Grobet-Labadié, 140, boulevard Longchamp (4e). tél: 04 91 62 21 82. Musée de la faïence, château Pastré, 157, avenue de Montredon (8e). Notre-Dame-de-la-Garde: bus 60 ou petit train de la Bonne-Mère partant du Vieux-Port.
- Dormir et manger: Le Petit Nice-Passédat, Anse de Maldormé, corniche J.-F.-Kennedy (7e). Aménagé dans deux villas, un havre de paix avec vue imprenable sur la mer, propriété de la famille Passédat depuis trois générations. Aux commandes du restaurant, Gérald réinvente la tradition culinaire et innove brillamment. Il vient d'obtenir cette semaine sa troisième étoile au fameux guide rouge Michelin pour la qualité de sa cuisine. Il est le premier à Marseille. Chic, cher et inoubliable! tél: 04 91 59 25 92, www.petitnice-passedat.com. Tonic Hotel Vieux-Port, 43, Quai des Belges (1er). Un cadre contemporain aux équipements ultra-modernes. Décoration en bleu et beige rappelant la mer et les calanques. Le restaurant de l'hôtel, La Maison blanche, propose une cuisine inventive revisitant les spécialités locales. tél: 04 91 55 67 46, www.tonichotel.com.
- Les chambres d'hôtes se développent beaucoup. Sur le site de l'Office de tourisme (ci-dessous): une sélection de superbes villas et bastides.
- Marseille est indissociable du poisson et de sa fameuse bouillabaisse, un régal culinaire très cher (de 55 à 60 euros par personne) parce que composé d'espèces rares. Si le prix est trop bas... méfiance! Voici deux adresses sûres. Le Miramar, 12, Quai du Port (2e). Le propriétaire-chef de cuisine Christian Buffa est à l'initiative de la Charte de la bouillabaisse signée par plusieurs restaurateurs pour préserver l'authenticité et la qualité de cette spécialité faite avec des produits locaux d'extrême fraîcheur. Réservation conseillée: tél: 04 91 91 10 40. Chez Michel - La Brasserie des Catalans, 6, rue des Catalans (7e). Ce restaurant familial proche de la Corniche existe depuis 1946! Pour tous les Marseillais, c'est vraiment la référence en matière de bouillabaisse. Poisson sauvage et frais, exclusivement de Méditerranée. Réservation conseillée: tél: 04 91 52 30 63.
- Le Bistrot Virgule, 27, rue de la Loge (2e) est une brasserie design et décontractée. Nouvelle cuisine d'inspiration orientale et méditerranéenne. tél: 04 91 90 91 11.
- Le Couleur des thés, 24, rue Paradis (1er), proche de la Canebière, est un petit restaurant-salon de thé aménagé dans un ancien appartement à l'étage. Formule originale, accueil chaleureux et familial. À midi, savoureux petits plats mitonnés par Michèle. Fermé le soir et le dimanche. tél: 04 91 55 65 57.
- Renseignements: Office du tourisme et des congrès, 4, La Canebière. L'Office organise des visites guidées hors des sentiers battus, des sorties en mer et des cours de bouillabaisse avec Le Miramar. Aussi: visites du secteur Euroméditerranée et des docks. tél: 04 91 13 89 19, www.marseille-tourisme.com
- Restos, logement, sorties: http://www.fra.cityvox.fr.
Collaboration spéciale

