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Il faut se mettre les yeux devant les trous!

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Richard Dupuis (le_numero_3@videotron.ca)
Envoyé Le jeudi 06 mars 2008 14:00



Premièrement, monsieur Spector ne dit pas la vérité quand il prétend:

"En effet, qui aurait pu imaginer que l'aveu implicite du premier ministre, qui a reconnu à demi-mots avoir raté son coup en engageant nos troupes en Afghanistan, serait accueilli comme un autre exemple de son brio stratégique?"

Encore faudrait-il que ce soit les conservateurs qui aient engagé le Canada dans cette guerre; or, nous savons tous que ce sont les libéraux de Paul Martin qui l'ont fait. Par contre, au niveau de la stratégie, Stephen Harper a fait exactement ce qu'il voulait faire, c'est à dire de repousser l'affaire afghane au-delà des prochaines élections, dussent-elles être en octobre 2009. Si des élections sont déclenchées d'ici-là, il pourra toujours dire qu'il a l'appui des libéraux dans cette affaire.

Bref, Stéphane Dion est peut-être un intellectuel reconnu, mais n'a rien d'un chef de parti, ni d'un candidat au poste de premier ministre. Je crois sincèrement que plusieurs députés, et membres influents, chez les libéraux, salivent déjà à l'idée d'appuyer sur le bouton du siège éjectable, afin qu'un nouveau congrès à la chefferie puisse avoir lieu dans les plus brefs délais. Sauf qu'une telle opération coûte très cher, et les libéraux sont plutôt sans le sou, ces temps-ci.

Maintenant, parlons des propos du commentaire de Michel Lauzon.

Le fait que "Nous sommes plus de 75% à être contre la guerre et à demander un retrait immédiat" d'Afghanistan n'oblige pas le gouvernement à y retirer ses hommes. Si les décisions gouvernementales devaient se prendre à la suite de chaque sondage populaire, à quoi cela servirait-il d'avoir des gouvernements?

Le Canada fait partie d'organisations, comme l'ONU et l'OTAN, et si, d'un côté, le pays retire certains avantages de faire partie de telles organisations, de l'autre, le fait d'en faire partie demande certaines obligations morales, surtout quand on sait que le Canada fait partie du G7, soit des pays les plus riches de la planète. Le Canada s'est donc engagé dans cette guerre avec les moyens militaires dont il dispose, et fait appel à ses alliés dans le but d'obtenir du renfort, autant humain que matériel, quand le besoin s'en fait sentir.

Les "jeunes naïfs", dont parle monsieur Lauzon, ne se sont d'ailleurs pas engagés dans l'Armée du Salut; ils se sont engagés dans l'armée canadienne. Aussi, contrairement à ce qu'il laisse entendre, les gars et les filles qui s'en vont là-bas savent très bien dans quoi ils s'embarquent. Certains ont même déclaré, à leur retour, qu'ils seraient prêts à y retourner, afin de faire à nouveau leur part pour mener à bien cette mission.

Je serais bien curieux de voir les résultats d'un sondage, parmi les membres de l'armée canadienne, afin de savoir combien d'entre-eux sont en faveur de la guerre. Je parie qu'il n'y en a pas beaucoup. Par contre, ils se sont engagés pour intervenir là où le besoin s'en fait sentir. Heureusement, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la très grande majorité des interventions de l'armée canadienne s'est résumée à des missions de maintien de la paix. Sauf que cette fois, comme on dit chez nous, on parle des vraies affaires!

Avant de reconstruire l'Afghanistan, il faut d'abord le stabiliser, et c'est ça que nos troupes doivent faire. Il s'agit d'un travail de longue haleine, et il doit être bien fait. Nos militaires le savent, et ils y mettent tous leurs efforts. Et avant d'exiger le retrait des troupes là-bas, demandez-vous ce qui serait survenu si le Canada avait retiré ses troupes du deuxième conflit mondial. Nous parlerions peut-être tous l'allemand!

Quant à Kyoto, il s'agit d'une toute autre histoire...

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