C'est vrai que QS ne formera probablement pas le prochain gouvernement québécois. Ceci dit,il est toujours possible de contrer cette montée de la pensée unique et surtout cette impression de manque de pouvoir fasse à la main mise économique sur lesquels les citoyens et l'État n'auraient que peu ou pas de contrôle. Le pouvoir, ça se réclame et ça se prend, tout comme la direction de l'économie. D'ailleurs, les tigres d'Asie, l'Inde et la Chine, démontrent bien qu'une économie peut se développer grâce (ou malgré diront certains) à un État fort. Et les souris d'Asie démontrent aussi que dans un pays où l'État est faible et dispose de peu ou pas d'outils économiques et d'institutions démocratiques fonctionnelles peu de gens profitent de l'accumulation de la richesse. L'économie n'est pas la main de Dieu. Il y a des gens, des entreprises, des États (parfois, mais de moins en moins) qui en tirent les ficelles. Chacun peut citer ses études économiques qui démontrent tout et n'importe quoi. La bataille que mène QS n'est donc pas qu'une bataille économique, mais plutôt une bataille pour le maintien, le renforcement, du rôle de l'État et surtout pour son contrôle des instruments économiques qui permettent sa survie et une plus grande égalité entre les citoyens. Il est réducteur de limiter QS aux valeurs et aux idéaux de solidarité et de générosité! Oui, ces valeurs sont des celles de QS, mais ce parti ne s'y limitent pas. QS s'est surtout ;a responsabilisation citoyenne pour amener des changements sociaux. En ce qui concerne les limites à l'utopie, ça aussi ça me chicote. Tel que mentionné plus haut, l'économie n'est pas une super-puissance, une loi de la nature qui agit seule, envers et contre tous. Ce sont nous (les être humains au sens large) qui avons le contrôle et le pouvoir sur les règles de l'économie. Notre job, celle de QS à tout le moins, est donc de persuader les gens, les États, de notre pouvoir, de notre rôle comme acteur de changement et non pas seulement comme petit pion du grand monde. Ce n'est pas une tâche facile, parce que ça veut effectivement dire lutter contre la machine écrasante du divertissement, de la convergence. Et là je ne parle pas de complot, mais il est vrai que les espaces de réflexion, de remise en question, disparaissent à vitesse grand V! Ça demande de sortir de sentiers battus et de forcer les gens à se poser des questions pas toujours agréables. Ça exige de rappeler aux gens que ce qu'ils prennent parfois comme des immuables (l'économie, le rôle du privé, l'armée, les guerres...) n'en sont pas, qu'il s'agit en fait d'idées et de concepts que nous pouvons changer. C'est complexe, épeurant et angoissant. Cependant, il y a du beau à la responsabilisation et c'est le pouvoir, le contrôle, de notre destinée. Et ça ce n'est pas utopique.