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L'accent et la mobilité de la main-d'oeuvre au Québec: une anecdote
Tout le monde sait que le marché québécois de l'emploi fait exception en raison de la faible mobilité des francophones et de leur fort attachement à leur pays d'origine, le Québec. Le fait que les anglophones se déplacent vers d'autres provinces canadiennes et les États-Unis, n'est donc pas de la nature d'une si grande anomalie dans le marché américain, alors que l'attitude des francophones l'est manifestement.
Par contre, le fait que l'accent puisse être une barrière entre les cultures francophones et anglophones au Québec pose certainement problème pour de nombreux anglophones qui veulent faire carrière au Québec avec leur accent, particulièrement en contexte professionnel. Ce phénomène n'est d'ailleurs pas récent.
Il y a une dizaine d'années de cela, un confrère d'origine anglophone s'exprimant très bien en français, mais avec un accent, m'avait confié que son accent avait eu des répercussions sur le développement de sa clientèle francophone. D'origine juive, il m'expliquait en vouloir à ses parents qui l'avaient inscrit à l'école anglaise alors que la majorité des Québécois s'exprimait en français.
Ainsi, comme l'exode n'était pas une solution pour lui et sa famille, il avait décidé d'envoyer ses propres enfants à l'école française, l'apprentissage de l'anglais étant un moins grand obstacle dans le milieu d'où il provenait que l'accent pouvait l'être dans le domaine de la pratique du droit criminel où il excellait.
Il y a parfois des solutions simples à des problèmes en apparence complexes. Alors que la faible mobilité de la main d'oeuvre est présentée comme un avantage pour les employeurs québécois sur un continent qui valorise la mobilité, rien n'empêcherait certains anglophones d'inscrire leurs enfants à l'école française pour augmenter leur attachement au Québec, étant entendu, que cela risque de diminuer leur mobilité à l'exemple des autres francophones avec qui ils partageront désormais le même accent. Mobilité ou attachement, telle est la question!
Louis Lapointe
Brossard
