Vos réactions
La censure... est-ce si dangereux?
L'argument économique de M. Michaud est bien simpliste.
Avec l'économie, on peut justifier bien des choses "immorales".
La moralité de l'économie est une immoralité en soi.
Totalement aveuglé par les dollars en cause, M. Michaud ne voit absolument pas ce que représente un censeur qui décide pour lui de ce qui est bon ou mauvais pour maintenir l'ordre public.
Il dit: "Les élus nous représentent et ont donc droit d'avoir des exigences. C'est à nous tous de juger si les élus représentent la volonté populaire en rejetant tel ou tel film, et de le faire savoir."
Mais le problème c'est qu'il ne saura jamais ce que le gouvernement jugera comme étant «des films insignifiants ou prétentieux», le seront pour lui, car «Ces renseignements demeureront confidentiels».
M. Michaud, on va vous arranger la morale et vous serez bon et vous irez au ciel grâce à votre bienveillant gouvernement qui sait ce qui est bon pour vous et pour l'ordre public.
La transformée Alliance canadienne avait la qualité d'être moins hypocrite et de mettre au grand jour ses objectifs de pureté. En se transformant et en transformant les conservateurs, ils ont acquis ce degré d'hypocrisie qui est bien utile pour acquérir le pouvoir de contrôler les moutons pour leur bien.
Nous sommes à la merci des bergers. Pour notre bien, pour éviter que l'on se blesse, ils savent nous dresser l'enclos où nous serons protégés. Les pâturages sans clôtures représentent d'énormes dangers et pour notre bien on évitera de nous faire bouffer de la mauvaise herbe, de la mauvaise pensée, des mauvaises choses qui peuvent perturber notre esprit et qui pourraient mettre en péril l'ordre public.
L'État a la nette volonté de s'arroger un rôle de «police de la morale»
On glisse vers des lois ressemblant à la loi sur l'index du Vatican!
Votre intérêt en tant qu'individu correspond-il à l'intérêt public.
Qu'est-ce que ça veut dire: «l'intérêt public»?
Roland Barthes dit que la censure est aussi bien ce qu'on empêche que ce qu'on oblige à dire. On peut dire que la censure est ce qu'on nous empêche de penser et qu'on nous oblige à conclure.
On dit:
« La censure ne meurt pas dans nos sociétés: elle se transforme. La liberté d'expression a été acquise après de longues et de chaudes luttes au cours des siècles, mais ce combat semble sans cesse recommencer. »
Oui, et il faut nous battre.
Il faut prendre la parole dans les médias (comme Le Devoir) pour pousser la réflexion et faire reculer la censure et la pensée clôturée.
La censure empêche le débat et nous mène vers le contrôle.
On vous contrôle à la banque, on vous contrôle aux frontières, on veut maintenant contrôler vos pensées, votre morale.
C'est le retour des soutanes, ce grand vêtement qui masque les désirs et les passions et qui vous guide vers les cieux du bon dieu (sic).
Serge Charbonneau
Québec
P.S.: Tiens, 11h30, mon premier commentaire est en ligne.
C'est bien. Est-ce dû à mon titre? Il était bon mon titre!
