Marois prend ses distances des difficultés budgétaires
Mots clés : Monique Jérôme-Forget, Pauline Marois, Parti québécois, Parti politique, Budget, Québec (province)

Photo: Jacques Nadeau
Selon l'analyse qu'en fait le PQ, le gouvernement n'a même pas les 200 millions qu'il prétend avoir. La ministre Jérôme-Forget est plutôt coincée par un manque à gagner de 1,1 milliard de dollars, prise au dépourvu après avoir consenti d'importantes baisses d'impôt. Pauline Marois accuse la ministre d'avoir agi de façon «irresponsable». «C'est à elle de refaire ses choix, de rétablir ses priorités. [...] Je ne porterai pas l'odieux de mauvaises décisions», a affirmé la chef péquiste.
Une heure plus tôt à Québec, la ministre Jérôme-Forget a lancé un énième appel à la collaboration de tout le monde pour parvenir à un accord d'ici dimanche prochain. Cette date butoir pourrait être déplacée de quelques jours, mais la ministre a laissé savoir que la rédaction du discours ainsi que la traduction et l'impression des documents prenaient plusieurs jours.
«Ce n'est pas le temps de faire des effets de toge, ce n'est pas le temps de faire des grandes annonces de milliards de dollars», a prévenu Mme Jérôme-Forget.
Dans le sprint final des négociations entre le gouvernement et les deux partis d'opposition, les enchères continuent de monter. Chacun des partis cherche à se positionner, posant ses exigences mais ne dévoilant pas le but véritablement recherché: remanier le budget pour répondre aux besoins de la population ou forcer le déclenchement d'élections. L'année dernière, le jeu politique s'était déroulé après le dépôt budgétaire et avait donné lieu à un véritable psychodrame. Pour éviter la même foire d'empoigne, la ministre des Finances a choisi cette année de discuter avec l'Action démocratique du Québec et le PQ avant de présenter le budget. Mais les pourparlers ne sont vraisemblablement pas faciles.
«L'arrogance n'a pas sa place dans la démarche actuelle. Il faut être modestes, il faut être parlables, il faut être ouverts», a fait valoir Mme Jérôme-Forget.
La modestie, c'est le fin mot de l'affaire; le budget devra être modeste. Selon la ministre, les trois partis à l'Assemblée nationale sont «dans le même bateau». Cela ne fait qu'un an qu'un gouvernement minoritaire a été élu et c'est «la cohabitation» qui est la règle. «C'est ça que les citoyens ont voulu», a-t-elle avancé.
L'ADQ a réclamé la semaine dernière que le gouvernement mette en place un programme d'allocation pour les enfants ne bénéficiant pas de place de garderie à 7 $ par jour. Pour chaque enfant, les parents recevraient 100 $ par semaine. Hier, c'était au tour de Pauline Marois de faire connaître les exigences de son parti qui touchent la famille, l'éducation et l'économie.
Mme Marois n'a pas voulu chiffrer ses demandes, mais elle a reconnu que cela «dépasse largement les 200 millions». En fait, ajouter des places en garderie, devancer l'abolition de la taxe sur le capital et aider le secteur forestier, cela exigerait quelque 800 millions. Mme Marois qualifie de fermes ses demandes mais se dit toutefois consciente que tout ne peut pas être «réglé tout d'un coup».
«Identifier les besoins qui existent au Québec n'est pas faire preuve d'arrogance. C'est à la ministre de refaire ses devoirs», a-t-elle fait valoir.
La ministre des Finances n'en démord toutefois pas: compte tenu du ralentissement économique, les deux partis d'opposition devront remettre à plus tard leurs demandes onéreuses. Avec une prévision de croissance révisée à 1,5 %, des revenus de 500 à 700 millions en moins pour la prochaine année, le gouvernement ne dispose plus que d'une marge de manoeuvre de 200 millions, a-t-elle réitéré, une fois la hausse normale des dépenses -- la croissance des coûts de système, dans le jargon du Conseil du trésor -- assumée pour la santé et l'éducation. Elle a invité les partis d'opposition à limiter le coût de leurs demandes à cette somme.
Mme Jérôme-Forget a rappelé qu'un ralentissement économique, «ça peut durer une année seulement, ça peut durer deux ans». «Essayons d'éviter de prendre des engagements à long terme. Il sera toujours temps l'an prochain, si la situation s'améliore, de venir finalement faire d'autres propositions plus séduisantes aux citoyens.»
La ministre a évoqué l'importance de présenter «un budget de la prudence et de la discipline», sans quoi le Québec se retrouverait dans «une situation précaire». Elle se refuse à décréter quelque hausse d'impôt que ce soit, ce qui aurait pour effet, selon elle, de restreindre le pouvoir d'achat des Québécois, une mesure contre-productive en période de ralentissement.
De même, Monique Jérôme-Forget a rejeté l'idée de devancer l'abolition de la taxe sur le capital, prévue en 2010, car il faudrait compenser le manque à gagner par une augmentation de la taxe de vente du Québec (TVQ). Ce n'est pas «la bonne recette» pour le moment, argue-t-elle. En période de ralentissement, ce sont les consommateurs «qu'on veut actuellement protéger».
Vos réactions
Danemark versus Québec - par ghislaine fortin
Le jeudi 28 février 2008 20:00
«Venez devins et messies» ! - par Gerry Pagé
Le jeudi 28 février 2008 17:00
Opposition responsable - par Fleurette Riverain
Le jeudi 28 février 2008 15:00
Des services pour les québecois - par Patrick Lépine
Le jeudi 28 février 2008 14:00
Si il ya un manque de revenue - par Claude Archambault (archbroca@videotron.ca)
Le jeudi 28 février 2008 12:00
Harro sur le merveilleux fédéralisme - par Philippe Gariépy (philg@aei.ca)
Le jeudi 28 février 2008 11:00
Marois crâne mais elle n'a pas fait mieux - par Fernand Trudel
Le jeudi 28 février 2008 10:00
Monsieur Barnabé, vous avez sans doute raison mais... - par Max Roujeon
Le jeudi 28 février 2008 09:00
Où mène le populisme - par Pierre Martin (pierre.martin819@sympatico.ca)
Le jeudi 28 février 2008 09:00
Le temps du grand ménage..... - par ghislaine fortin (ghislaine.fmarois@hotmail.com)
Le jeudi 28 février 2008 08:00
Charité bien ordonnée... - par Sylvain Gascon (sylvaingascon@gmail.com)
Le jeudi 28 février 2008 08:00
Je me souviens...plus de rien - par Max Roujeon
Le jeudi 28 février 2008 08:00
Au Québec, un budget, ce n'est pas gérer - par Eric Barnabé
Le jeudi 28 février 2008 08:00
Duplicité - par Paul Verreault
Le jeudi 28 février 2008 07:00
Un chiffre à retenir: 20% - par jean claude pomerleau
Le jeudi 28 février 2008 07:00
Le budget - par Paul Lafrance
Le jeudi 28 février 2008 05:00

