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La censure cherche des poux partout partout

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J. Lacoste-le Bourhis
Envoyé Le mercredi 27 février 2008 21:00



Oui, elle cherche des poux et oui, elle est partout comme Dieu, plus que Dieu peut-être car il semble avoir déserté certains de ses temples. Il a permis qu'on les transforme en condos. La critique exerce la pire forme de censure, celle à laquelle j'ai eu l'immonde joie de goûter, un boycott d'enfer, lisse et rond, ovule impénétrable, créateur de morts-nés. Mes hommages à l'immense écrivain Gilbert Larocque qui y a goûté encore plus que moi.Comme tu n'es plus là, Gilbert, permets-moi de les emmerder en ton nom... merci de me donner ton absolution.
Quand j'étais pensionnaire au début des années soixante, j'amenais des livres de la maison. En rentrant au collège, il fallait passer à l'inspection. C'était comme à la douane, on ouvrait nos valises, on saisissait les livres à l'index, c'est-à-dire à peu près tous. J'en amenais parfois une bonne dizaine avec l'espoir qu'il m'en resterait un ou deux. Parfois, c'était trop demandé, on me les confisquait tous - Les Thibault de Roger Martin du Gard, Le petit arpent du bon dieu, Jeanne la mince. Noeud de vipères... les frères du Sacré-Coeur me regardaient comme si j'étais le plus étrange oiseau de la création. On censurait notre courrier aussi. Toutes nos lettres avaient déjà été ouvertes quand on nous les remettait. Je pensais avoir tout vu, tout subi... je pensais, oui... je ne pense plus. La censure au Québec est devenue d'autant plus féroce qu'elle s'est faite sournoise et s'exerce en niant comme l'inquisition jusqu'à son existence. On boycotte. On tue à l'encre sympathique mêlée de vitriol. Plus de problème à parler de cul, à montrer ses craques et ses fosses. Joli progrès, mes très chers!... J'ai en horreur, très charmants et efficaces censeurs, à peu près tout ce que vous portez aux nues. En horreur, oui, parfaitement, en horreur, sainte horreur.

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