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Non d'une pipe...

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Guy Borremans
Envoyé Le mercredi 27 février 2008 17:00



Je me souviens, fins des années cinquantes, m'être levé en assistant a un film qui s'apellait me semble-t-il " Montparnasse". Il y avait eu une surimpression sur écran, après une scène de baise entre le peintre Modigliani et Jeanne Hébuterne sa femme, qui expliquait " Mais qu'ils s'étaient mariés avant cette scène, devant dieu..." J'ai hurlé je ne sais plus quoi...Mais j'ai hurlé, étonné de ma propre audace, devant cette sublime hypocrisie. Mon premier film " La Femme-Image" deux ou trois ans plus tard, ne fut simplement jamais commercialisé, parce que nous étions convaincus que de toute façon il n'aurait pas droit de passer devant le public, à cause de cette même censure. Imaginez, on y voyait une femme nue...La première sans doute dans les annales du cinéma québécois. Trois ans plus tard, L'Escouade de la moralité intima l'ordre à Jean-Paul Mousseau de décrocher des murs de son café galerie de la rue Sainte-Catherine, parcequ'on y voyait aussi le torse nu et le sexe, de la même comédienne. Diable, je m'éxécutais avant qu'on ne m'exécute (au figuré). Faut le dire, à l'époque les choses étaient, si on peut dire plus claires, On montrait ce que les Saints-Offices, interdisaient à la vue de nous pauvres pécheurs, et crac le couperet tombait. Aujourd'hui on est plus subtils. On ne vous encourage pas, on ne vous dénonce pas mais on vous éloigne. Et puis, n'y a-t-il pas plus indécent qu'un sexe bandé ou une sein gonflé, en Politique, en publicité, en marketing ? Pourquoi ne pas censurer les gouvernants, qui sans relâche nous proposent monts et merveilles, pour se dédire la minute ou ils placent leurs culs (pardon) sur le velours rouge des parlements. Aujourd'hui, nous sommes de mieux en mieux rodés à l'auto-censure. J'ai comme la nostalgie d'une époque où les surréalistes écrivaient une lettre au Vatican, adressée au "Pape-Chien". Eux ils en avaient des joyeuses. Des vertes et des pas mûres, à dire et à placarder. Citoyens, soyez vigilants, la pilule du bonheur est toujours de plus en plus disponible. Et bientôt sans ordonnances. N'oublions pas que l'étiquette "Sans Nom" est en fait une marque déposée. La vraie obscénité n'est plus dans les images de corps nus. Qu'ils bougent ou non.
À propos, il serait peut-être bon de rapeller que j'étais le cameraman de Gilles Groulx sur "Vingt Quatre Heure ou plus" et que l'ONF, consciente de mon désir d'accéder au poste de réalisateur me fit comprendre qu'ils ne pouvaient accéder à ma demande, car, textuellement, je serai arrivé quatre mois plus tard avec un scénario de film de cul. On sait depuis le succès de ce genre de films (Quarante pour cent des locations de Vidéo club et du trafic sur l'Internet étant de films érotiques. Peut-être que l'ONF, s'ils avaient à l'époque eu un peu plus de "Vues sur le futur" auraient-ils permis à des cinéastes, de mieux équilibrer l'envahissement grandissant, si non total, et la conception on ne peut-plus machistes, donc de l'exploitation des femmes, du monde de "L'érotisme" par la Maffia, aujourd'hui.
C'est un adulte qui parle (Juste en cas).

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