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Pourquoi déclencher des élections? Psychopolitique 101

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le mercredi 27 février 2008 09:00



Certains disent:
Pourquoi déclencher des élections qui donneront les mêmes résultats?
M. Racle dit: "Il faut du courage pour tenir cette position"

Étrange, moi, le courage je le voyais plutôt endosser par celui qui, malgré qu'il soit assuré d'une défaite, renverserait le gouvernement.
Le courage, je le vois dans le débat, dans l'utilisation que nous offre notre "démocratie".
La démocratie c'est le débat et le débat ne «peut» s'effectuer qu'en campagne électorale. Hors échéance électorale, le débat n'est que patinage qui ne change absolument rien.

Le problème actuel, n'est pas que les conservateurs soient réélus, mais plutôt que les électeurs restent endormis.
Et quelle période favorise le mieux le sommeil et le détachement de ses "obligations" démocratiques? Ce sont les longues périodes sans campagne électorale.

Les sujets polémiques et les grands enjeux disparaissent comme par magie lorsque les campagnes électorales approchent. L'avantage d'avoir un gouvernement minoritaire, c'est que si l'opposition est respectable, elle peut sauter sur un sujet représentant un enjeu important et en faire son cheval de bataille. La campagne électorale s'en trouve alors intéressante et l'enjeu de voter rouge ou voter bleu peut devenir secondaire par rapport à l'enjeu d'aller tuer ou de soigner ou l'enjeu de favoriser les nantis ou répondre aux besoins des démunis. Des enjeux bien supérieurs que la question des couleurs.

M. Racle dit: "la politique est ou doit être, pour porter une jugement objectif et non partisan, que l'on soit libéral, conservateur, bloquiste ou néo-démocrate"

Effectivement, mais, quel genre de campagne électorale avons-nous habituellement?
Les idées disparaissent, on "juge" la performance des mots, on oublie rapidement les politiques, les gestes, on adore le patinage artistique et les médias nous en beurre épais!

Le jugement objectif!
Le but des campagnes semble d'enlever toute possibilité de jugement. Les sondages mènent le bal et les "analystes" analysent les sondages-qui-leur-révèlent!

Un sondage nous révèle que xx% des Canadiens ne veulent pas d'élections. Voilà le jugement "objectif", voilà l'enjeu, c'est notre démocratie. On nous dit que nous ne voulons pas de débat et que notre bon gouvernement démocratiquement élu fasse à sa tête.

Sommes-nous victimes de propagande constante et de manipulation subtile de notre opinion.
Combien de fois avez-vous entendu que des élections ne donneraient rien et que c'était une perte d'argent?

Et, combien de fois avez-vous entendu dire que l'occupation de l'Afghanistan était une perte d'argent et de vies humaines?

Les élections coûtent trop cher pour favoriser le débat et qui sait, peut-être qu'avec des débats de fond musclés, la population se réveillerait et voterait massivement pour (par exemple) le NPD?
Un rêve en couleur, la peur du changement est trop forte.
La peur, sous toutes ses formes, quel élément phénoménal de contrôle de l'opinion.

Il est grand temps de cesser d'avoir peur.
Mais ce n'est pas avec des Dion que l'on cessera.

Il est temps que, non seulement Dion cesse d'avoir peur, mais que chacun de nous cesse d'avoir peur. Il faut s'ouvrir les yeux, réévaluer nos valeurs fondamentales, réanalyser soi-même la réalité, cesser de prendre pour du "cash" ce que les brillants chroniqueurs et "analystes" (sic), "spécialistes" (sic) nous disent comme s'ils possédaient "LA" vérité.
Ces spécialistes ont, pour la plupart, l'objectif de favoriser la pensée unique.
Tous décrivent la même chose de la même façon. Il n'y a plus de diversité d'opinion, on nous modèle à la pensée unique.

Il faut s'efforcer, quotidiennement, de voir la réalité par nos propres yeux. Il faut cesser de faire confiance à ceux qui nous apportent la "réalité" (sic) sur un plateau facile à consommer. Ce sont des spécialistes de la propagande, soit qu'ils sont manipulés, corrompus ou faibles d'esprit.
Il faut toujours se demander après la lecture d'une chronique, ce que vous avez appris et ce que vous avez «ressenti»?
On nous fait ressentir beaucoup plus que l'on nous en apprend.

M. Racle parle de jugement objectif. Pour un jugement objectif, il nous faut de l'information objective, neutre. En avons-nous?
Après avoir lu une nouvelle, on peut sans hésitation condamner. Le jugement est inclus dans les nouvelles, dans les chroniques. Nous avons rarement la "chance" de lire des faits et de tirer nous-mêmes nos conclusions. On nous a fait perdre nos capacités de jugements. On nous les a fait perdre en nous enlevant les paramètres qui permettent le jugement, c'est-à-dire, les faits, les données, les actions, toutes ces choses "neutres" qui sont la réalité.

La démocratie, c'est le débat pour mieux juger.
La démocratie, c'est de garder un contrôle sur ses dirigeants.
Notre responsabilité démocratique, c'est de pouvoir voter avec un jugement valable sur des enjeux importants.
Refuser des élections, c'est refuser le débat, c'est laisser aller nos dirigeants comme ils l'entendent.
Refuser des élections, c'est renoncer à notre responsabilité démocratique.

Platon dit: "le politique ne doit pas gouverner selon son intérêt, mais selon la justice"
Dion, s'il a des convictions, aurait dû pousser le débat et bousculer la population même si c'était contre ses intérêts.
Le coût des élections est ridicule en regard du coût d'une seule semaine à Kandahar.
Les élections ne coûtent rien en vies humaines.

Selon ces considérations, quelle était donc la meilleure décision que Stéphane Dion pouvait prendre, non dans son intérêt, mais dans l'intérêt de la population canadienne?

Stéphane Dion a-t-il vraiment pris une décision dans l'intérêt de la population canadienne?
Ou, a-t-il pris une décision dans son intérêt?
C'est-à-dire, de rester en poste jusqu'au jour où il aura agrandi son cercle d'amis (ce qui me paraît utopique!)

Serge Charbonneau
Québec

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