Rien de neuf pour le secteur manufacturier
Mots clés : Jim Flaherty, secteur manufacturier, Budget, Investissement, Canada (Pays)
Le ministre des Finances Jim Flaherty a fait l'unanimité contre lui hier à cause du peu d'aide accordée, dans son budget, au secteur manufacturier accablé par la hausse du dollar canadien et la concurrence mondiale.
«Ces mesures allaient dans la bonne direction, mais nous les avions qualifiées d'insuffisantes et nous sommes toujours du même avis. [...] Le budget démontre que les manufacturiers et exportateurs ne font pas partie des priorités du gouvernement», a réagi le président-directeur général de leur association au Québec, Jean-Luc Trahan.
L'industrie forestière ne se satisfait pas non plus des 10 millions en deux ans offerts pour faire de la promotion à l'étranger. «L'industrie des produits forestiers doit affronter les pires conditions économiques en plusieurs décennies, et bien que le gouvernement ne puisse résoudre ce problème, il ne fait pas son travail», a déclaré Avrim Lazar, président et chef de la direction de l'Association des produits forestiers du Canada.
La Fédération des chambres de commerce du Québec avait, elle aussi, réclamé du gouvernement fédéral une bonification de l'aide offerte jusqu'à présent. «Non seulement celui-ci n'a pas répondu à l'appel, mais la formule de partage de l'aide financière est toujours basée sur le poids démographique des provinces, ce qui désavantage le Québec, dont le poids économique du secteur manufacturier est plus important», a-t-elle déploré.
Les syndicats ont joint leur voix hier à celle du patronat pour dénoncer le peu d'efforts déployés par Jim Flaherty. «Non seulement ce budget néglige les travailleurs», a ajouté le secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), René Roy, «mais dans un contexte de restructurations manufacturières, de ralentissement économique important, d'intensification prévue des pertes d'emplois manufacturiers, nous questionnons sérieusement l'à-propos du remboursement d'une partie de la dette à hauteur de 10 milliards dans les circonstances».
Une seule initiative du gouvernement fédéral semble avoir trouvé grâce aux yeux de tous ces gens. Il s'agit du prolongement jusqu'en 2012 pour 90 millions de la mesure visant à aider les chômeurs âgés dans les communautés vulnérables à demeurer sur le marché du travail.
La seule voix discordante dans ce concert de protestations semble avoir été celle du Conseil du patronat du Québec (CPQ) et de son président, Michel Kelly-Gagnon. Selon eux, le prolongement de trois ans de la déduction pour amortissement accéléré représente «un appui considérable au secteur manufacturier». Selon le ministre, la mesure devrait se traduire par un allégement fiscal supplémentaire d'un milliard.
«Le contrôle des dépenses gouvernementales étant la première priorité des membres du CPQ, son président félicite le gouvernement de vouloir réduire la croissance de ses dépenses comparativement aux deux budgets précédents», a-t-on dit par communiqué.
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

