Le projet de loi sur la criminalité franchit une autre étape

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La Presse canadienne
Édition du mercredi 27 février 2008

Mots clés : Stephen Harper, lutte contre la criminalité, Justice, Canada (Pays)

Ottawa -- Le projet de loi omnibus de lutte contre la criminalité du gouvernement conservateur a franchi une autre étape vers son adoption, hier, alors qu'un comité sénatorial l'a adopté sans aucun amendement.

Le projet de loi doit maintenant être présenté à l'ensemble des sénateurs aujourd'hui et devrait être adopté avant le week-end, à moins d'un problème de dernière minute.

Le premier ministre Stephen Harper avait indiqué que ce projet de loi se voulait une question de confiance au moment où il se trouvait devant les Communes, et a menacé de déclencher des élections s'il n'était pas adopté avant le 1er mars (samedi prochain).

Le chef libéral, Stéphane Dion, a dénoncé cette manoeuvre «puérile» de la part du gouvernement minoritaire et estimé qu'il s'agit d'un sabotage qui forcera les Canadiens à retourner aux urnes ce printemps.

Les stratèges libéraux au Sénat ont également été très clairs à ce sujet au cours des dernières semaines: ils ne veulent pas donner à M. Harper la possibilité de déclencher des élections sur cette question.

Marc Roy, porte-parole de Céline Hervieux-Payette, leader libérale au Sénat, a déclaré que le parti s'était abstenu d'amender le projet de loi au cours de cette révision même s'il croyait qu'il pouvait être amélioré. «Il y avait des signes qui démontraient clairement que ces amendements n'auraient pas été évalués à leur juste valeur, mais que les conservateurs s'en seraient servis pour déclencher des élections», a dit M. Roy.

Version recyclée

Le projet de loi omnibus est une version recyclée de cinq précédents projets de loi qui permettrait, entre autres, d'augmenter les sentences minimales obligatoires pour les crimes commis à l'aide d'une arme à feu et de resserrer les critères de libération sous caution pour les personnes qui sont en attente d'un procès pour de tels crimes.

D'autres dispositions de ce projet de loi prévoiraient de faire passer l'âge du consentement sexuel de 14 à 16 ans, de rendre plus sévères les lois régissant la conduite avec facultés affaiblies par les drogues, et de faire en sorte d'apposer plus facilement l'étiquette de criminel dangereux aux récidivistes afin de pouvoir les emprisonner de façon indéfinie.

Trois des cinq dispositions de la loi avaient déjà été approuvées par les Communes et se trouvaient devant le Sénat l'été dernier quand M. Harper a mis fin à la session parlementaire, forçant la reprise des travaux dans ce dossier.


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