Les villes pourront compter sur leur part de la taxe sur l'essence
Mots clés : essence, taxe, Flaherty, Gouvernement, Budget, Canada (Pays)
Des bravos en vrac: l'annonce de la pérennisation du transfert de la taxe fédérale sur l'essence a valu au ministre Flaherty un concert d'éloges de la part du monde municipal, hier.
Signée en 2005, une première entente prévoyait le transfert d'une partie de la taxe jusqu'en 2010. Le budget fédéral de 2007 étendait la mesure jusqu'à 2014.
À partir de 2009-10, le fonds recueillera environ deux milliards chaque année. L'argent pourra servir tout autant à la réfection des infrastructures souterraines qu'au colmatage des nids-de-poule. La valeur du Fonds de la taxe sur l'essence cessera de croître avec l'inflation et demeurera stable à partir de 2010.
D'autre part, le budget Flaherty prévoit des investissements de 500 millions dans les infrastructures de transport en commun. L'argent sera versé à une fiducie qui se chargera de la répartir entre les provinces et territoires. Les sommes seront disponibles pendant deux ans, à partir de la fin du mois de mars. Une partie de cette enveloppe est spécifiquement réservée au projet de navette ferroviaire liant l'aéroport Trudeau au centre-ville de Montréal.
À Montréal, le maire Gérald Tremblay s'est dit satisfait de l'ensemble des mesures du budget touchant les municipalités. Longtemps sollicitée, la pérennisation de la taxe sur l'essence «répond à notre plan de match, dit-il. Ça va nous permettre d'accélérer les investissements.»
Selon M. Tremblay, la gestion de la réparation des infrastructures désuètes sera grandement facilitée par l'apport des sommes fédérales. «On pourra emprunter davantage et garantir le remboursement avec l'argent d'Ottawa», note-t-il en soulignant le haut niveau d'endettement de la Ville.
Très heureux du budget, le président de la Coalition pour le renouvellement des infrastructures du Québec et maire de Laval, Gilles Vaillancourt, dit que la taxe permanente aidera à la planification des travaux à faire. «Nous allons enfin pouvoir planifier à long terme plutôt que de se précipiter sur des programmes temporaires. Ça fait moins de monde présent en même temps sur les chantiers, et des travaux mieux ordonnés.»
Pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la mesure qui concerne la taxe constitue une «décision très porteuse» pour Montréal.
À l'Union des municipalités du Québec (UMQ), la réaction est également très positive. Selon l'organisme, la pérennisation du transfert de la taxe sur l'essence se traduira par le versement d'une somme de 460 millions chaque année pour les municipalités québécoises.
Ce qui n'est pas de trop, considérant l'ampleur du rattrapage à faire au Québec, remarque Jean Perrault, président de l'UMQ. «Il reste maintenant à souhaiter que le gouvernement du Québec emboîte le pas» et hausse sa propre contribution, a-t-il dit hier. Actuellement, Québec rehausse la contribution fédérale de 25 %.
Aussi satisfaite, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) souhaite tout de même qu'on n'oublie pas les petites municipalités dans le partage des projets. La FQM a réitéré hier son «attachement à la modulation du financement gouvernemental [pour] respecter la capacité de payer de l'ensemble des communautés»... et au principe d'une diversification des sources de revenus des villes.
L'Association du transport urbain du Québec (ATUQ) s'est dite «ravie et rassurée» de voir que le transfert d'une partie de la taxe sur l'essence est maintenant permanent. L'association, qui représente les neuf sociétés de transport en commun du Québec, estime qu'il s'agit «d'un pas de plus pour assurer la pérennité d'un financement adéquat et stable du transport collectif au Québec», selon le président Jean-Jacques Beldié.
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