Budget: l'appui de Dion semble acquis
Mots clés : Stéphane Dion, Jim Flaherty, Parti libéral du Canada, Canada (Pays)
Flaherty promet que son budget sera marqué par la prudence
Ottawa -- Si Stéphane Dion a l'intention de rejeter le budget qui sera dévoilé cet après-midi à Ottawa, ce qui provoquerait la tenue d'élections générales, il cache bien son jeu. Le chef libéral était loin d'afficher un air combatif hier, laissant présager une manoeuvre pour assurer la survie du gouvernement Harper. Stéphane Dion a répété hier qu'il allait attendre de lire ce troisième budget conservateur avant de prendre une décision définitive. Mais est-ce que le Parti libéral peut se permettre de laisser passer le budget sans nuire à sa crédibilité? lui a demandé un journaliste. «Oui», a répondu Stéphane Dion, sans donner de détails.Une source libérale a affirmé au Devoir hier que les chances de voir le gouvernement Harper survivre à son budget sont de 75 %. «À moins d'une surprise désagréable dans le budget, ce qui est toujours possible, je pense que les élections vont être retardées de quelques mois», a dit cette source libérale qui connaît bien Stéphane Dion.
Une autre source affirme que la machine libérale n'est pas prête à se lancer en campagne électorale parce que plusieurs organisateurs et stratèges du parti ont carrément refusé de s'y préparer. Certains parlent même d'une forme de «mutinerie» pour avoir ainsi défié la volonté du chef.
C'est d'ailleurs cet accueil plutôt froid des organisateurs et stratèges libéraux qui aurait convaincu Stéphane Dion de baisser d'un cran sa rhétorique guerrière. Il y a à peine deux semaines, soit le 11 février dernier, Stéphane Dion semblait davantage sur le pied de guerre. Interrogé sur la possibilité que le gouvernement tombe lors du vote sur le budget, il avait répondu: «C'est mon pressentiment.»
Mais l'ambiance dans le caucus libéral a complètement basculé depuis cette date. Plusieurs députés libéraux, particulièrement en Ontario, pressent Stéphane Dion de ne pas renverser le gouvernement Harper maintenant. Ils estiment que le terrain sera plus fertile au printemps ou même à l'automne. Depuis, c'est la valse-hésitation dans le camp libéral.
Un budget prudent
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a d'ailleurs soutenu hier que les libéraux devraient songer à appuyer son budget. «Je pense que certains aspects du budget sont très bons pour le Canada et les Canadiens, a-t-il dit. J'espère que les partis d'opposition prendront le temps de l'examiner et de l'étudier.»
M. Flaherty a affirmé qu'il déposerait un budget «prudent» aujourd'hui à 16 h. Pour illustrer ses propos, le ministre s'est même abstenu d'acheter une nouvelle paire de chaussures, comme le veut pourtant la tradition la veille d'un budget. Il a plutôt choisi de faire réparer ses vieux souliers.
«Nous allons dépenser, mais nous allons dépenser d'une manière contrôlée, compte tenu du contexte économique cette année et l'an prochain. La population ne devrait pas attendre de grandes dépenses, puisque nous devons respecter nos moyens, demeurer prudents et faire preuve de responsabilité fiscale», a déclaré Jim Flaherty.
Il a toutefois ajouté que «quelques surprises» se glisseraient dans l'exercice budgétaire, sans préciser lesquelles. On s'attend notamment à ce que le gouvernement accentue l'aide accordée aux entreprises qui font de la recherche et du développement.
Le budget Flaherty fera également la part belle à une nouvelle évaluation des dépenses dans tous les ministères, afin de chercher des économies là où c'est possible. «Nous allons réexaminer chaque agence, chaque programme, chaque initiative du gouvernement du Canada. Nous en avons déjà examiné 15 %, et j'en dirai davantage demain [aujourd'hui]» , a affirmé M. Flaherty.
Preuve du peu de nouvelles mesures qui verront le jour aujourd'hui, le gouvernement a prévenu l'imprimeur au début du mois de février que le nombre de pages du budget serait de 40 % inférieur au document de l'an dernier.
Faute de mesures spectaculaires à mettre sous la dent des contribuables, on s'attend également à ce que le gouvernement ramène sur le tapis les baisses de taxe et d'impôts de 60 milliards de dollars sur six ans qu'il a consenties dans le mini-budget de novembre dernier. Du recyclage de bonnes nouvelles.
Il faut dire que le gouvernement Harper a lui-même contribué à limiter sa marge de manoeuvre financière, ce qui l'empêche de multiplier les nouvelles dépenses. Pour 2008-09, les réductions d'impôts et la baisse de la TPS privent le gouvernement de revenus qui frôlent les 30 milliards de dollars! Uniquement pour la baisse de deux points de la TPS, ce sont 12 milliards de dollars qui n'aboutiront pas dans les coffres du gouvernement fédéral l'an prochain.
Le Bloc veut de l'argent pour l'éducation
Le Bloc québécois a continué d'exiger hier que le budget renferme une aide accrue destinée aux secteurs manufacturier et forestier saignés par la monté du dollar, la hausse du coût de l'énergie et la concurrence des pays émergents, comme la Chine, l'Inde et le Brésil. Le chef bloquiste réclame aussi 3,5 milliards pour l'éducation postsecondaire. Pour financer ses demandes, Gilles Duceppe soutient que le gouvernement peut puiser dans le surplus de dix milliards de dollars prévu pour l'année financière en cours. Cette somme ira directement au remboursement de la dette si elle n'est pas investie.
«C'est important de mettre de l'argent sur la dette, mais c'est tout aussi important de répondre aux besoins immédiats des gens, surtout en période de ralentissement économique», a dit M. Duceppe. La réplique de Stephen Harper n'a pas tardé. «C'est important de garder une approche équilibrée et c'est l'intention de ce gouvernement», a-t-il dit.
Si ses demandes ne sont pas comblées, le Bloc québécois votera contre le budget. Le chef du NPD, Jack Layton, a déjà annoncé qu'il ne pouvait pas appuyer le gouvernement. La décision de sauver les conservateurs lors du vote de confiance sur le budget reviendra donc vraisemblablement au Parti libéral du Canada.
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
Vos réactions
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Le mardi 26 février 2008 17:00
Histoire de carottes! - par Michel Lebel
Le mardi 26 février 2008 15:00
Dion à genoux devant Harper, ou derrière les financiers va t'en guerre? - par Dominic Pageau
Le mardi 26 février 2008 14:00
Quel pathétique théâtralité! - par Gerry Pagé
Le mardi 26 février 2008 13:00
Que de gaspillage - par Robert Côté
Le mardi 26 février 2008 11:00
Dion encore coincé ! - par Bernard Gervais
Le mardi 26 février 2008 11:00
Volonté démocratique vers M.Harper - par andré michaud
Le mardi 26 février 2008 08:00
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Le mardi 26 février 2008 08:00
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Le mardi 26 février 2008 07:00
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