La Turquie poursuit son offensive en territoire irakien
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Washington et Bagdad manifestent leur impatience
Pour la cinquième journée consécutive, des combats ont opposé hier les forces d'Ankara aux rebelles kurdes dans les montagnes du nord de l'Irak, tandis que s'exprimaient des inquiétudes quant à la durée de l'offensive aéro-terrestre turque.Des unités d'infanterie appuyées par des chars, des avions et des hélicoptères de combat ont tué 41 séparatistes hier, ce qui porte à 153 hommes le total des pertes subies par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) depuis jeudi dernier, selon l'état-major turc.
«Les terroristes en tentant de fuir la région sous le contrôle de nos troupes ont été pris sous des tirs à courte portée et ont subi de lourdes pertes» dans la nuit de dimanche à hier, a affirmé l'état-major dans un communiqué diffusé sur son site Internet.
L'aviation a frappé une trentaine d'objectifs dans le nord de l'Irak sur la ligne de progression des troupes turques et les hélicoptères ont effectué des raids toute la journée, a-t-il ajouté. L'armée turque précise que 17 soldats ont trouvé la mort en cinq jours d'offensive. Pour sa part, Ahmed Danees, représentant du PKK dans le nord de l'Irak, a affirmé que 81 soldats turcs et quatre rebelles avaient trouvé la mort depuis le début de l'offensive. Il est impossible de vérifier l'information.
Ankara a réaffirmé que ses forces se retireraient d'Irak dès qu'elles auraient achevé leur mission, mais n'a pas donné de précision sur la date d'un éventuel retrait. «Ce à quoi nous essayons de parvenir, déterminera la durée» de l'opération, a déclaré le vice-premier ministre Cemil Ciçek après une réunion du Conseil des ministres à Ankara.
Peu après son intervention, la Maison-Blanche a dit espérer que l'opération serait courte et se bornerait à viser les séparatistes du PKK sans faire de victime civile. «Nous espérons que ceci sera simplement une incursion à court terme», a dit la porte-parole de la Maison-Blanche.
De son côté, l'Irak a demandé que la Turquie mette fin «au plus tôt» à sa présence militaire au Kurdistan irakien. Bagdad craint que la prolongation de l'engagement militaire turc n'entraîne de graves accrochages entre ses troupes et les peshmergas kurdes irakiens.
Hier à la mosquée principale d'Ankara, des milliers de Turcs ont pris parti aux obsèques de trois officiers tués durant l'offensive. En conséquence de celle-ci, le président turc Abdullah Gül a reporté au dernier moment un voyage en Afrique qui était prévu cette semaine.

