80e cérémonie des Oscars - Triomphe de No Country For Old Men

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Odile Tremblay
Édition du lundi 25 février 2008

Mots clés : Marillon Cotillard, Oscars, Culture, États-Unis (pays)

Daniel Day-Lewis et Marion Cotillard, meilleurs acteurs

Daniel Day-Lewis a reçu hier soir à Hollywood l'Oscar du meilleur acteur pour sa prestation remarquable d'un prospecteur pétrolier dans le fabuleux There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson.

Photo: Agence Reuters

No Country for Old Men (Non, ce n’est pas un pays pour le vieil homme), sanglant et délirant western, a valu aux frères Joel et Ethan Coen, depuis plusieurs années boudés par les Oscars principaux, les statuettes du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur scénario adapté (devant There Will be Blood et The Atonement), ainsi que celle du meilleur acteur de soutien à l’Espagnol Javier Bardem pour sa glaciale prestation d’un tueur sans état d’âme. En langue espagnole, visiblement ravi, le comédien a offert son prix à la famille et à son pays. Ces statuettes sont aussi visiblement des prix de carrière pour une fratrie très importante dans le paysage américain.

La grande épopée de Paul Thomas Anderson, There will Be Blood, favorite d’une grande partie de la critique et chef d’œuvre de l’année, mais film long et exigeant, a du se contenter de deux statuettes: Meilleure caméra, et meilleur acteur (inévitable) à Daniel Day-Lewis. Le comédien britannique était souverain en prospecteur pétrolier sans scrupules. Il lavait déjà reçu l’Oscar (tout aussi mérité) en 1989 à travers My Left Foot. There Will Be Blood.
De grappillage, plutôt qu’un balayage, la 80e cérémonie des Oscars en a donné aux uns et aux autres dans son bouquet de lauriers.

La Française Marion Cotillard qui méritait cent fois sa palme, a reçue, extrêmement émue l’Oscar du la meilleure actrice principale (après le César français, deux jours avant) pour sa merveilleuse interprétation d’Édith Piaf dans La Vie en rose d’Olivier Dahan, film qui a récolté aussi la statuette des meilleurs maquillages. Signe des temps, aucun des interprètes lauréats n’est d’origine américaine.

Mais on s’étonnait que la Britannique Tilda Swinton, reçoive la statuette de la meilleure actrice de soutien pour son incarnation d’avocate véreuse, dans Michael Clayton de Tony Gilroy, coiffant au poteau la favorite Cate Blanchett, fabuleuse en Bob Dylan dans I’m not There. Deux fois en nomination (comme actrice principale dans Élizabeth, elle est repartie gros Jean comme devant.

Le charmant Juno du Canadien Jason Reitman (né à Montréal) a valu à Diablo Cody l’Oscar du meilleur scénario original, ce qui est à la fois inespéré et mérité, tant le film reposait surtout sur des dialogues juteux.
Pour la seconde année aux commandes, l’animateur Jon Stewart en bonne forme, a ironisé sur le cru sanguinaire des films en nomination: «There Will be Blood, No Country for Old Men, Sweeney Tood. Qu’arrive-t-il à cette ville?» Le gala fut court, les décors pompeux, comme d’habitude, les chansons plutôt kitsch, les robes rouges, blanches ou noires à l’honneur, et la cérémonie offrit plusieurs coups de chapeau aux Oscars du passé en ce quatre-vingtième anniversaire, ce qui séduit toujours. Mais aucune déclaration politique choc. Le militantisme, même après les soubresauts de la grève des scénaristes, battait de l’aile.

La France a de quoi sabrer le champagne. À cause des deux prix à La Vie en rose. Mais aussi pour l’Oscar du meilleur court métrage avec acteurs coiffant Le Mozart des pickpockets du réalisateur Philippe Pollet-Villard , une histoire de voleurs et d’enfant trouvé. Mais dans la catégorie meilleur long métrage d’animation Persépolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud dut s’incliner au profit du charmant Ratatouille de Brad Bird et Jan Pinkava, et de leurs trépidantes aventures des rats gastronomes. Le Scaphandre et le papillon de Julian Schnabel est resté sur la paille, grand perdant de la soirée.

C’est The Counterfeiters (Les Faussaires) de l’Autrichien Stefan Ruzowitzky, seul film à l’affiche à Montréal dans sa catégorie, et incursion intelligente mais assez classique dans un épisode peu connu d’un camp de concentration sous le 3e Reich, qui a reçu le prix de meilleur film en langue étrangère.

The Golden Compass (La Boussole d’or), conte fantastique de Chris Weitz, repartait avec le prix des meilleurs effets visuels, le gothique et sanglant Sweeney Todd de Tim Burton récoltait l’Oscar de la meilleure direction artistique. The Bourne Ultimatum, troisième volet d’une trilogie, film d’action et d’espionnage de Paul Greengrass repartait avec trois prix techniques, hommages à son rythme trépidant: meilleur montage, meilleur montage sonore et meilleur mixage sonore. Le prix de la meilleure chanson est allé à Falling Slowly du film Once, plutôt qu’à une des romances d’Enchanted. Meilleurs costumes pour Elizabeth, the Golden Age de Shekhar Kapur, volet 2 du règne de la reine d’Angleterre
Pas de Michael Moore au cinglant discours politique à livrer autour de son film Sicko. C’est Taxi to the Dark Side d’Alex Gibney et Eva Orner, enquête sur la mort d’un chauffeur de taxi afghan, qui a récolté la statuette du meilleur long métrage documentaire.

Hélas! Madame Tutli-Pulti de Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, remarquable production de l’ONF, n’a pas reçu l’Oscar du meilleur court métrage d’animation, qui est allé plutôt à Peter and the Wolf de Suzie Templeton et Hugh Welchman. Freeheld de Cynthia Wade et Vanessa Roth, sur fond de cancer et de lutte pour les droits humains, a reçu l’Oscar du meilleur court métrage documentaire.

Atonement (Expiation) du Britannique Joe Wright, un des favoris de la course, reçut l’Oscar de la meilleure musique. Ces 80 e Oscars n’ont pas oublié grand monde, mais certains durent se contenter de peu.


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Autre victoire canadienne aux Oscars! - par Larry Landry
Le lundi 25 février 2008 08:00

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