Concerts classiques - Salut, l'artiste!

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Christophe Huss
Édition du lundi 25 février 2008

Mots clés : concert classique, Kent Nagano, Orchestre symphonique de Montréal, Culture, Musique, Montréal

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LES CONCERTS DU DIMANCHE
Bouliane: Le Sexe des anges. Beethoven: Concerto pour piano n° 3. Berlioz: Symphonie fantastique. André Moisan (clarinette basse), Alfred Brendel (piano), Orchestre symphonique de Montréal, dir. Kent Nagano. Salle Wilfrid-Pelletier, dimanche 24 février.
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Le programme démesuré (2 heures 30 minutes) finalement présenté par l'OSM hier après-midi a été rendu possible, si je ne me trompe pas, grâce aux aménagements de la convention collective en 2005. Assouplissant les règles de répétition en fin de semaine, ils ont permis d'accueillir Alfred Brendel pour ce qui devrait rester probablement comme son dernier concert dans la métropole.

Le pianiste a fait part de sa volonté de mettre un terme à sa carrière de concertiste à la fin de l'année 2008. Grâce soit donc rendue à l'entente collective, car on se souviendra de son dernier 3e Concerto de Beethoven ici. Brendel quitte la scène en pleine possession et maîtrise de ses moyens. Je ne dis pas qu'il possède l'unique clé ouvrant la porte des concertos de Beethoven -- et la prestation d'Elisso Virsaladze il y a quelques semaines dans cette même oeuvre restera tout autant gravée dans ma mémoire --, mais son approche est fascinante.

Là où Virsaladze file droit, en pleine lumière, Alfred Brendel, très finement et intelligemment accompagné par Kent Nagano, en totale communion d'esprit, joue sur de subtiles variations d'éclairage, dans un son beaucoup plus feutré. Ce piano peu sonore, ce camaïeu musical, tout en rondeur et douceur, est la marque de la vision de Brendel. Ce n'est ni reproductible, ni imitable. Et on l'a entendu pour la dernière fois. Cela fait un pincement au coeur; salut, l'artiste!

Le concerto faisait suite à une oeuvre de Denys Bouliane, dans laquelle une clarinette basse jouée par un homme en blanc, qui rajoute des ailes à son costume pour venir saluer, opère quelques digressions sur une trame orchestrale post-Nono (Luigi) qui explore la frontière entre le silence, le presque audible, le «couvert par les toux et les bonbons», et le son.

En seconde partie Kent Nagano a dirigé sa première Fantastique ici, en prélude à une tournée au Japon. Plus «rêverie» que «passion», sa vision est assez contemplative, avec de belles recherches de sonorités. On regrette l'absence de la partie optionnelle de cornetto dans le Bal, mais les coloris sardoniques du dernier mouvement et l'emballement final devraient faire leur effet au pays du soleil levant.

Collaborateur du Devoir


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