La Chevrolet Malibu 2008: le réveil du géant endormi

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Pascal Boissé
Édition du lundi 25 février 2008

Mots clés : Chevrolet Malibu, Économie, Automobile, États-Unis (pays)

photos source chevrolet
La Chevrolet Malibu 2008 est une réussite esthétique indéniable. Par ses courbes fluides et ses volumes harmonieux, elle se démarque de la banalité de ses rivales au design peu inspiré.

Allez! Une fois n'est pas coutume, commençons par la conclusion: la nouvelle Chevrolet Malibu 2008 est une excellente voiture, à la fois séduisante et confortable et dotée d'une mécanique raffinée. De plus, la Malibu est une réussite esthétique indéniable et elle est offerte à un prix très concurrentiel. Trouvez l'erreur... Au cours de la dernière décennie, rarement voyait-on des épithètes comme «excellente», «raffinée» ou «séduisante» accolés au nom de la Malibu, elle qui était devenue la championne des flottes de location. Habituellement vêtue d'une seyante robe «champagne consensuel métallisé» combinée à un habitacle couvert de simili velours beige antitache, la voiture était une sorte d'icône du nihilisme en matière d'automobile; un produit dont la platitude n'avait d'égal que sa fadeur. Cela, en plus d'incarner, presque à elle seule, l'incapacité des constructeurs américains à repousser les assauts des Japonais grugeant inexorablement leurs parts de marché chaque année.

C'était là une impasse dont Chevrolet devait se sortir pour relancer la Malibu, afin de regagner le terrain perdu en ravivant l'intérêt du public. Cela pour éviter l'écueil des ventes de flottes, une pratique qui est aussi nocive pour l'image d'un produit que pour sa valeur de revente à long terme. La Malibu 2008, tout comme sa proche cousine la Saturn Aura, est la résultante de ce que l'on nomme maintenant la «lutzification» de la gamme de General Motors. Ce sont deux automobiles dont la conception et le développement furent supervisés en totalité par Robert A. Lutz, arrivé chez GM en 2002 à titre de vice-président. Depuis, ce dernier a le mandat explicite de donner un sérieux coup de barre dans les orientations des produits, tout en faisant le grand ménage dans la culture de cette immense entreprise où les idées reçues et les processus sclérosés nuisaient souvent à la création de véhicules innovateurs, véritablement en phase avec les aspirations des consommateurs.

Dans la même logique, afin d'obtenir des habitacles dont la finition serait à la hauteur des standards européens, GM recruta Anne Asensio, jusqu'alors chef designer chez Renault. Bien que la talentueuse Française soit récemment rentrée en Europe, et qu'elle ne soit plus employée du géant américain après sept ans de bons et loyaux services, c'est bien à elle que l'on doit l'intérieur audacieux de la nouvelle Malibu.

Bonne chimie

Sous plusieurs aspects, la Malibu est un produit convaincant qui démontre ce dont GM est maintenant capable quand les ressources sont bien affectées et que «la chimie fonctionne», comme disent les sportifs de salon pour expliquer le succès de leur équipe fétiche. Dans le cas de la Malibu, le premier signe de cette bonne «chimie» est sa ligne spectaculaire. Et pas besoin de chercher dans les menus détails la démonstration de cette réussite: au premier coup d'oeil, on voit bien que la Malibu possède une prestance qui est rare dans cette catégorie, et que lui envient peut-être des voitures plus luxueuses. Par ses courbes fluides et ses volumes harmonieux, elle se démarque de la banalité de ses rivales au design peu inspiré, et ce, en évitant le piège de l'excentricité. Une grande maîtrise des proportions aura permis de masquer une architecture mécanique parfois ingrate à habiller. En effet, le traitement expressif de la face avant dissimule habilement le long porte-à-faux inhérent à la présence d'un moteur transversal, alors que le développement des surfaces du montant arrière du pavillon, sculptural, est un chef-d'oeuvre en soi. Quant au chrome, il est employé judicieusement pour souligner l'ouverture vitrée latérale. On pourra reprocher à la poupe, un peu étroite, de manquer de carrure, mais c'est probablement le prix à payer pour une meilleure performance aérodynamique. Autre détail qui choque: les tout petits freins à disque arrière qui font un peu pitié, semblant perdus au milieu de ces grandes roues de 18 pouces. D'ailleurs, le freinage est une des rares faiblesses de la Malibu, car il manque singulièrement d'attaque et de puissance.

Quant à l'intérieur, il est à la hauteur de l'extérieur. Au premier coup d'oeil du moins. Ici aussi, l'élégance et la clarté sont de mise, malgré des détails de finition qui nous rappellent que GM a encore du chemin à parcourir pour égaler les meilleurs. Bien que très similaire, l'ensemble est mieux fini que ce que l'on peut voir dans une Saturn Aura. Afin d'affirmer l'identité de la marque Chevrolet, le tableau de bord en forme de double cockpit évoque ceux des toutes premières Corvettes. À bord de la Malibu, Tryphon Tournesol dirait sûrement que: «la grâce des lignes s'allie à hardiesse des coloris» pour décrire cet habitacle agréable, fonctionnel et bien résolu, mais dont les couleurs audacieuses de la version LTZ ne laissent personne indifférent. Par ailleurs, la Malibu offre un espace généreux aux places arrière, et son coffre est très vaste. Contrairement à la Saturn Aura, on a pensé à inclure au couvercle du coffre une ganse qui sert à le refermer sans se salir.

Confort prévisible

Personne ne sera tenté de se comporter comme un délinquant de la route au volant d'une Malibu 2008. Son comportement routier souple, un tantinet nonchalant, s'accommode parfaitement des crevasses de nos routes en mauvais état, mais il faudra oublier la conduite sportive et les enchaînements de virages serrés. Il en résulte une impression de flottement et une onctuosité générale qui n'est pas désagréable pour de longs trajets. Les sièges sont confortables, et l'interface des commandes est bien organisée. Seule la visibilité pose problème en ville, car l'importante section des montants du pare-brise crée des angles morts gênants.

Notre véhicule d'essai était pourvu du tandem constitué du V6 de 3,6 L et de sa boîte automatique à six rapports, un groupe motopropulseur moderne dont le rendement et la sonorité sont cohérents avec les attentes des automobilistes du XXIe siècle. Cela est moins vrai avec les versions inférieures dotées du 4-cylindre Ecotec qui fait néanmoins un travail correct, sans pour autant posséder le raffinement de son équivalent de chez Honda. Mais, malheureusement, ce dernier est jumelé à une boîte automatique à seulement quatre rapports. Une misère! Plus tard au printemps Chevrolet compte offrir une boîte à six rapports avec ce moteur, mais seulement pour les modèles les plus équipés. Il y a aussi une version dite «hybride-léger», munie d'un alterno-démarreur; un système similaire à celui qui est offert sur les véhicules Saturn de la série Green Line. Ce système permet d'arrêter le moteur aux feux rouges et de réduire la consommation de façon marginale. Dans l'ensemble, la consommation de carburant de la Malibu LTZ V6 nous a paru un peu élevée pour la catégorie (autour des 12-13 L/100km), ce qui peut être imputable aux conditions hivernales ainsi qu'aux pneus quatre saisons peu efficaces qui équipaient le véhicule.

Même si certains aspects sont perfectibles, la Malibu fait tourner les têtes et s'attire des compliments. C'est de bon augure, et il ne reste qu'à espérer que GM saura faire évoluer ce produit dans le bon sens. Si les prix de la version de base LS débutent aux alentours de 23 000 $, la version haut de gamme LTZ se vend plus de 35 000 $ avec ses accessoires. À ce prix on peut aussi s'offrir une Volskwagen Passat bien équipée, par exemple. Par contre, sous bien des aspects, cette LTZ peut se comparer honorablement à une Acura TL qui coûte plusieurs milliers de dollars de plus. Reste à savoir si les acheteurs de voitures allemandes ou japonaises seront prêts à combattre leurs préjugés envers les produits américains -- et à refouler leur snobisme -- en consentant à inclure la Malibu dans leur liste d'achat.

Collaborateur du Devoir

***

FICHE TECHNIQUE Chevrolet Malibu

- Moteurs : V6 3,6L ; I4 2,4L (hybride ou pas)

- Puissance : 252ch / 251 lb-pi (V6); 169ch / 160 lb-pi (I4); 164ch / 159 lb-pi (I4-Hybride)

- 0 à 100 km/h : 7,7s (V6); 9,4 s (I4)

- Vitesse maximale : 180 km/h

- Consommation : 12,5 L/100 km; 9,5 L/100 km (I4); 8,5 L/100 km (I4-Hybride)

- Échelle de prix : 22 995$ (LS) à 33 610 $ (LTZ)


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On la compare à quoi ? - par Georges Paquet
Le lundi 25 février 2008 04:00

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