Technologie - Des pirates informatiques près de chez vous

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Bruno Guglielminetti
Édition du lundi 25 février 2008

Mots clés : Technologie, pirates informatiques, Internet, Justice, Canada (Pays), Québec (province)

Une page Web sur mille serait mise en ligne par des pirates informatiques pour berner les internautes

Photo: Jacques Nadeau

Avec l'arrestation de 17 présumés membres d'un grand réseau de piratage informatique au Québec, la Sûreté du Québec nous rappelle que les grands méchants d'Internet ne sont pas seulement en Europe de l'Est ou en Asie. À Montréal, à Québec et à Saguenay, des pirates de chez nous s'amusaient à s'introduire dans les ordinateurs des internautes du monde entier pour prendre le contrôle de ceux-ci et échafauder un des réseaux informatiques dormants les plus puissants.

L'opération policière qui a duré plus d'un an et demi a démontré que le réseau informatique servait principalement à commettre des vols de données informatiques, des vols de communications, des vols d'identité par hameçonnage et aussi à lancer de vastes campagnes de pollupostage. C'est sans parler des internautes qui ont eu la malchance d'être visités par un de leurs logiciels malicieux et qui ont perdu des données personnelles et peut-être des dollars à la banque.

Ordinateur dormants

Selon le corps policier, les pirates avaient réussi à construire un réseau d'ordinateurs dormants, à l'insu de leurs propriétaires, de plusieurs centaines de milliers d'ordinateurs dans le monde. À la Sûreté du Québec, on parle même d'un réseau qui aurait compté plus d'un million d'ordinateurs en relais, prêt à lancer une attaque au moindre signal de ses créateurs. Au total, on estime les dommages causés par ce réseau organisé à plus de 45 millions de dollars.

Cette opération ramène à l'avant-scène l'importance d'un tel crime. Les suspects interpellés mercredi dernier feront face, probablement à l'automne, à divers types d'accusations dont: l'obtention illégale des services d'ordinateurs, l'utilisation d'un ordinateur pour commettre des méfaits sur des données informatiques et la possession de mot de passe pour commettre ces infractions. Et ça, c'est sans compter ce que les enquêteurs de la SQ vont trouver dans les ordinateurs saisis lors des perquisitions. Dans pareil cas, on parle d'une peine maximale qui pourrait aller jusqu'à 10 ans de prison. De quoi faire réfléchir quelques pirates du dimanche.

Tournant important

Ce coup de filet de la Sûreté du Québec marque également un tournant important dans le travail de l'unité de la cybersécurité de l'organisation policière. Depuis plusieurs années, malgré un manque de financement important pour ce type de travail, la Sûreté du Québec fait bonne figure dans le domaine de l'enquête reliée au monde de la pédopornographie en ligne. Mais avec cette opération d'envergure menée par l'équipe québécoise, avec l'appui des corps policiers du monde entier, la SQ démontre son savoir-faire dans le domaine du cybercrime économique. Une bonne nouvelle pour l'image du Québec à l'étranger.

Car tous les pays sont concernés pas ce type de problème, qu'ils en soient les hôtes ou les victimes. Encore la semaine dernière, le Washington Post publiait les observations d'un rapport confidentiel de la Federal Deposit Insurance Corporation, un organisme fédéral américain qui supervise les opérations de plus de 9000 institutions financières aux États-Unis. Selon ce rapport, les banques américaines ont perdu encore plus d'argent l'an dernier à cause des piratages des d'ordinateurs des particuliers.

Au moyen de logiciels malicieux, des pirates arrivent à berner les réseaux bancaires en ligne en usurpant l'identité de leur victime, que ce soit celle d'un individu ou d'une entreprise. Dans les cas des pertes supérieurs à 5000 dollars, des pertes que les banques doivent souligner à l'organisme fédéral, il a été observé que les cas reliés à l'intrusion d'un ordinateur par un inconnu ont fait tripler les pertes moyennes. Par cas, on parle de pertes moyennes l'an dernier de 29 630 $ comparativement à 10 536 $ en 2006. Ce même rapport souligne que ce type de crime commence à coûter cher aux banques, aux entreprises et aux consommateurs. Demandez-vous maintenant qui paiera la facture au bout du compte?

Pour ce qui est des pertes de moins de 5000 dollars, la majorité, on doit se tourner vers la maison de recherche Gartner. Une étude indique qu'à la fin de l'été dernier, 2 % de la population américaine avait été victime de ce type de crime. Et la perte moyenne d'un consommateur victime d'une telle arnaque tournait autour de 1500 dollars.

Une page sur mille

Pour ajouter à nos craintes, les experts de la sécurité chez Google viennent de publier les résultats d'une recherche qui indique qu'une page Web sur mille serait mise en ligne par des pirates informatiques pour berner les internautes. Des pages Web qui servent à faire télécharger aux internautes des logiciels malicieux dans leur ordinateur à leur insu.

Permettez-moi de terminer sur une note plus positive. Dans mon carnet Techno de Radio-Canada, je vous propose une liste de logiciels gratuits (antivirus, pare-feu et anti-espion) pour assurer un minimum de sécurité dans le contexte d'un ordinateur qui fonctionne dans l'environnement Windows.

Pour les utilisateurs de Mac et Linux, pas de suggestions, car ceux-ci ont encore le loisir de vivre dans un univers épargné par trop d'attaques informatiques perpétrées à l'endroit de leurs systèmes d'exploitation. Cela viendra, c'est certain, mais pour le moment, profitez-en!

bguglielminetti@ledevoir.com

***

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio canada.ca/techno).


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Pas de quoi être fier! - par Marc Lavallée
Le lundi 25 février 2008 21:00

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