Afghanistan - Le général Hillier veut continuer de se battre

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La Presse canadienne
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 février 2008

Mots clés : talibans, général Hillier, Forces armées, Afghanistan (Pays), Canada (Pays)

Si l'armée canadienne ne peut plus mener d'offensive contre les talibans après 2009, aussi bien ramener les soldats au Canada, dit le chef d'état-major

Photo: Agence Reuters

Ottawa -- Le chef d'état-major du Canada préfère clairement que ses troupes soient affectées à une mission de combat si elles doivent rester à Kandahar, en Afghanistan, après février 2009. Hier matin, le général Rick Hillier était au même micro que le premier ministre Stephen Harper la veille. Il a prononcé, à son tour, un discours devant la Conférence des associations de la défense.

Dans son discours, le général a soutenu qu'il était nécessaire pour ses soldats de monter des opérations de combat pour rechercher les talibans, les trouver et les attaquer. Il a affirmé que de telles opérations constituent le seul moyen pour les militaires canadiens de se défendre contre le danger que constituent les talibans et que, sinon, il valait mieux laisser ses troupes au Canada.

Le général Hillier a rappelé que les troupes de l'ONU déployées en Bosnie pendant les années 1990, dont celles du Canada, n'étaient autorisées qu'à se défendre et qu'elles étaient impuissantes à empêcher les actes de nettoyage ethnique. Certains pays imposent aujourd'hui des limites similaires aux opérations de leurs soldats en Afghanistan, a-t-il rappelé, au grand déplaisir d'Ottawa.

«Si vous allez à Kandahar, vous devez avoir la flexibilité [...] de mener les opérations nécessaires à la réussite de la mission», a-t-il lancé.

Le débat sur la suite de la mission à Kandahar commencera lundi à la Chambre des communes. Les parlementaires débattront alors d'une motion qui se veut un compromis entre les positions du gouvernement conservateur et de l'opposition libérale. Les libéraux réclamaient la fin de la mission de combat en février 2009 et le remplacement des Canadiens par des militaires d'un autre pays de l'OTAN pour ce rôle.

La motion amendée, rendue publique par le premier ministre Harper jeudi, évoque l'arrivée à Kandahar de 1000 soldats de l'OTAN. Au cours d'un point de presse à la suite de son discours, le général Hillier a semblé considérer ces 1000 soldats comme des renforts et non comme des remplaçants.

Par ailleurs, le général Hillier a demandé que le débat sur cette question se termine au plus tôt. Selon lui, tant que le débat dure, les talibans à Kandahar y voient une fragilité des intentions canadiennes et en profitent pour attaquer davantage les militaires canadiens.

«La chose la plus importante, ce serait d'avoir une décision [pour clarifier] la mission, a-t-il lancé. Plus cette clarification tardera à venir, tant que la question restera en suspens, plus les talibans nous percevront comme étant le maillon faible.»

Rick Hillier a également demandé aux parlementaires de signifier clairement leur appui à ses soldats s'ils décidaient de prolonger la mission après février 2009. Cet appui, selon lui, pourrait se faire par un vote unanime au Parlement, vote qui serait tenu une fois la motion sur le prolongement de la mission adoptée.

«Nous allons demander à de jeunes hommes et de jeunes femmes de sacrifier peut-être leur vie pour leur pays, a-t-il rappelé. Et est-ce que ce ne serait pas un signal puissant si nos élus leur exprimaient leur soutien?»


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