Reconnaissance du Kosovo: Chrétien conseille la prudence
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L'ancien premier ministre refuse de dire si Stéphane Dion devrait faire tomber le gouvernement Harper

Photo: Agence Reuters
L'ancien premier ministre affirme que la situation qui prévaut dans les Balkans est un véritable baril de poudre dont les ramifications sont nombreuses. Il a semblé appuyer l'approche prudente du gouvernement Harper, qui hésite encore à suivre l'exemple d'autres pays qui ont déjà reconnu le Kosovo.
M. Chrétien a prévenu que des pays comme le Canada, qui doivent composer avec des mouvements indépendantistes, ont raison d'être prudents.
«Le Canada doit faire attention parce que nous avons des gens qui veulent se séparer du Canada», a-t-il dit à l'extérieur de Rideau Hall.
Il a ensuite profité de l'occasion pour louanger la Loi sur la clarté adoptée par son gouvernement.
«Nous, au Canada, nous avons un projet de loi qui a clarifié la situation, qui s'appelle la Loi sur la clarté, a-t-il déclaré. Je me suis arrangé pour qu'on ait au Canada au moins les bénéfices de certaines règles qui devront être respectées, et qui auront une influence considérable sur l'opinion internationale.»
À ce sujet, l'actuel chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a répété hier qu'il a l'intention de reconnaître l'indépendance du Kosovo, avant d'attaquer de plein front la question de la souveraineté québécoise.
«Les forces séparatistes au Québec devront admettre que la reconnaissance internationale est toujours très difficile à obtenir, a-t-il dit. Et dans le cas du Canada, aucun pays ne passerait par-dessus la tête du gouvernement du Canada pour décider de ce qui arriverait au Canada.»
M. Chrétien a obtenu le titre de compagnon de l'Ordre du Canada pour une carrière politique d'une quarantaine d'années pendant laquelle il a dirigé une douzaine de ministères et fait élire trois gouvernements majoritaires successifs.
Par ailleurs, M. Chrétien a refusé de donner des conseils publics à Stéphane Dion sur la nécessité de provoquer ou non la chute du gouvernement conservateur minoritaire.
«C'est la décision du chef, a-t-il dit. Je me rappelle, en l'an 2000, tout le monde était venu me voir pour me dire de ne pas faire d'élections. J'ai dit: je vais en élections quand même, et ç'a bien marché. C'est très personnel et je ne veux pas être un quart-arrière du lundi matin.»
De nombreux libéraux conseillent actuellement à Stéphane Dion d'attendre encore un peu avant de faire tomber le gouvernement de Stephen Harper.
M. Chrétien a ensuite lancé, à la blague, qu'il pourrait effectuer un retour en politique active puisqu'il n'est âgé que de quelques années de plus que John McCain, qui aspire à la présidence des États-Unis.

